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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 22 mars 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Samuel Bourreau
(chant)

-Adrien Grousset
(guitare)

-Benoist Danneville
(basse)

-Olivier Laffond
(batterie)

TRACKLIST

1)Human Monster
2)Typo
3)This Place
4)Polarity
5)Flesh Lives On
6)Protect
7)Cold
8)Down

DISCOGRAPHIE


Hacride - Deviant Current Signal
(2005) - death metal atmosphérique - Label : Listenable Records




Amoeba avait tout tué sur son passage lors de sa sortie en 2007, révélant les qualités de composition et d'interprétation d'Hacride, pour un résultat qui mêlait un death moderne à des touches postcore. Il ne faut toutefois pas oublier qu'avant d'en arriver là, le groupe avait déjà à son actif une démo de trois titres et surtout ce premier album, Deviant Current Signal, qui marque déjà une partie de l'identité sonore des Poitevins.


Difficile de se retenir de comparer ce premier effort du groupe à Amoeba. Pourquoi alors ne pas utiliser cette comparaison afin de voir ce que Deviant Current Signal a dans le ventre ? Premier point de comparaison, donc, la violence qui se dégage des compositions, bien plus directes et brutales que ce que l'on connaîtra par la suite. Ainsi, l'opener "Human Monster", passée l'introduction, envoie du riff à la pelle, un bon martèlement de fûts et un chant agressif à souhait et visiblement plus ou moins traité. Les parties de guitare sont techniques et Adrien Grousset alterne déjà entre des riffs moulinettes et des passages mélodiques, voire légèrement dissonants et le batteur Olivier Laffond fait quant à lui déjà preuve d'un très bon niveau instrumental.

Plus direct, plus brutal, donc, à l'image du chant de Samuel Bourreau. Outre les compositions, notre chanteur marque aussi une différence avec Amoeba.Visiblement moins maîtrisé que par la suite, le chant est un peu moins mélodique, semble plus raclé et semble parfois passer par des effets de type distorsion, mais s'avère parfois un peu plus énergique et spontané, plus « jeune », au final, alternant parfois entre son registre habituel et un growl death ("Typo"). Niveau inventivité, Hacride marque déjà son affection pour les expérimentations, que ce soit par l'utilisation de samples (l'introduction de "Typo" ou encore celle bruitiste de "Cold") ou carrément l'utilisation d'instruments à vent ("Polarity"), voire d'un saxophone ("This Place"), joués par Matthieu Metzger de Klone.

Le groupe alterne déjà moments de brutalité et passages plus atmosphériques, même s'ils restent rares par rapport à Amoeba et enchaîne les breaks, varie les riffs avec une aisance jouissive ("Protect" et son début tout en puissance qui alterne riffs bourrins puis climax). Le son (déjà avec Frank Hueso) est quant à lui un peu plus cru, moins travaillé qu'il ne le sera plus tard, tant sur le chant et les guitares que sur l'ambiance globale. En résulte un effet plus brut de décoffrage qui colle avec la spontanéité générale de l'album. Enfin, l'atmosphère de l'album tranche elle aussi : Deviant Current Signal est un album sombre, tant par les ambiances et couleurs qu'il dégage que par les mélodies qui s'en échappent (le solo final de "Down" reflète bien la tendance tourmentée du disque).


Avec ce premier album, Hacride laissait déjà présager en 2005 de l'énorme potentiel qui allait exploser en 2007 avec Amoeba. Si les titres sont plus directs et l'ensemble somme toute un peu plus brouillon, tout cela fait déjà preuve d'un fort bon niveau de maîtrise. Avec Deviant Current Signal, Hacride faisait son entrée en grandes pompes parmi les futurs grands du metal français. Il en fait désormais partie.


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