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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 22 mars 2009
Sa note : 13/20

LINE UP

-Henrik Ivarsson
(chant)

-Patrik Lundh
(guitare)

-Erik Hall
(batterie)

TRACKLIST

1)One With Filth
2)Where Dolls Do Sin
3)Fondling the Grotesque
4)Plague Bearer
5)I Gryningen
6)Cleansed in Chlorine
7)The Deed
8)The Hunt
9)Septic Monarch
10)In Pitch Black Piss
11)Retarded Angel

DISCOGRAPHIE


Crowpath - One With Filth
(2008) - hardcore grindcore brutal death deathcore éprouvant - Label : Candlelight




Bienvenue dans un monde où la brutalité du death copule allègrement avec la lourdeur d'un post-hardcore chaotique gras et crasseux. Comme si Crowbar était en train d'abuser sexuellement d'un Converge sous ecstasy au fond de la backdoor d'un rade malfamé tenu par un Georges Fischer (Cannibal Corpse), qui jette de temps à autre un regard bienveillant sur la scène. Bienvenue dans One With Filth de Crowpath.


Donc voilà, Crowpath, c'est du gros, du gras, du sale, à l'image du titre éponyme qui ouvre l'album. Les blast-beats fusent ainsi que les riffs quasi épileptiques (ce n'est tout de même pas PsyOpus) qui s'enchaînent à tire-larigot, le chant est un bon vieux growl death et caverneux à souhait et le son est lourd, très lourd, des guitares accordées bien grave à la batterie dans ses passages sludge, quant à la basse, c'est un grondement sourd et lointain. Lourd, donc, un peu comme ces réunions de famille où, enfant, vous vous retrouviez par une chaude journée d'été entre deux membres âgés de votre famille. L'odeur qu'ils dégagent vous pique les yeux, il fait chaud, très chaud, tout cela sent le malsain à plein nez et vous ne pouvez tout simplement pas vous échapper. Seule l'idée du dessert à venir vous aide à tenir dans cet environnement hostile.

Cette petite métaphore illustre plutôt bien l'impression générale qui se dégage de One With Filth. Pour peu qu'on ne soit pas spécialement un adepte du groupe, voire du genre pratiqué ici, les premières écoutes ne sont pas forcément une partie de plaisir. On nage dans une certaine bouillie sonore soit très agressive ("Fondling the Grotesque"), soit très lourde ("I Gryningen"), malsaine dans tous les cas, dans laquelle on repère de temps à autres des éléments qui permettent de s'accrocher, le plus souvent un riff un tant soit peu mélodique et construit de manière « classique » ("The Hunt", "One With Filth"). Passé un certain temps, le disque s'apprivoise un peu plus et l'on peut profiter de l'alternance entre les passages deathcore ("In Pitch Black Piss") et ceux plus doom/sludge ("Retarded Angel") et ainsi cerner au fur et à mesure chacun des titres qui composent les trente et quelques minutes de l'album.


De son démarrage brutal à son final pachydermique, One With Filth est un album d'une lourdeur pouvant décontenancer, assez difficile à aborder, compact (onze titres pour une demi-heure de «musique») et au final assez répétitif. Seuls les adeptes du genre s'y retrouveront assez rapidement. Les autres devront prendre leur mal en patience avant d'obtenir leur part de dessert : comprendre ce qui se passe dans cette débauche de violence grasse et crasseuse.


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