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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Johan Lindstrand
(chant)

-Mikael Lagerblad
(guitare)

-Pekka Kiviaho
(guitare)

-Robert Axelsson
(basse+chant)

-Marek Dobrowolski
(batterie)

TRACKLIST

1)Killing Machine
2)Devil on the Red Carpet
3)Public Enemy No.1
4)No Apparent Motive
5)Hell Is for Heroes
6)When Hatred Comes to Life
7)So Grim So True So Real
8)Behind the Church
9)Branded by Iron
10)Bulldozer Frenzy
11)The Sweetness of Black
12)Mary’s Raising the Dead

DISCOGRAPHIE


One Man Army and the Undead Quartet - 21st Century Killing Machine



Chanteur originel des estimés The Crown, Johan Lindstrand avait d'abord quitté le combo qui l'avait remplacé par Tomas Lindberg, entendu chez Lock Up et At The Gates. Les membres de The Crown ayant au final moyennement apprécié le travail de Lindberg, ils se sont mis en quête d'un nouveau chanteur et Johan est revenu au bercail enregistrer Possessed 13. Mais peu de temps après The Crown splittait, évoquant un ras-le-bol total de l'industrie du disque… Et voilà-t-il pas que Johan revient finalement dans la scène métal avec sa propre formation, One Man Army And The Undead Quarter. Conclusion: un combo à l'histoire mouvementée ça vous remplit une intro comme rien d'autre...

Du nom du groupe à l'illustration de pochette en passant par la photo figurant au dos du CD, tout semble tirer à la même conclusion: Johan Lindstrand est le maître à bord, c'est "lui et quatre autres types". La bio confirme: il a monté ce groupe de toutes pièces et a produit sa première démo tout seul ou presque avant de recruter des musiciens. Bel exemple de volonté et de persévérance… Mais c'est aussi prendre le risque d'attirer tous les reproches sur soi si on se plante. Il a laissé en tout cas le mix à un certain Toby Black, et le résultat est à la fois efficace et étrange. Efficace car guitares, basse et batterie sont particulièrement bien produites, avec un son acéré et clair comme les Scandinaves savent si bien faire. Par contre le chant (enregistré à part), s'il est bien produit, est assez bizarrement intégré au tout. Il n'est pas mis en avant et est traité comme n'importe quel instrument, ce qui lui retire de la puissance. Je précise que cela dépend également des supports de lecture: selon les chaînes ou les postes sur lesquels j'ai lu ce CD, le chant est passé plus ou moins à l'avant… Mais jamais autant qu'on aurait pu s'y attendre. Je vous rassure: on s'y fait très bien.

Parlons-en de ce chant: l'ami Lindstrand est un hurleur, un qui growle et qui growle encore à longueur d'album. Son timbre est assez personnel: bien que sa technique soit clairement typée scandinave, il ne joue pas comme ses confrère à monter dans les aigus pour se rapprocher du hardcore. Son growl est plus typé black/death et ça sonne pas mal du tout. Pour ce qui est de la musique c'est la même chose: on sent les racines Göteborg mais on est loin de copier In Flames et consorts. Le premier titre "Killing Machine" propose une intro fort jouissive dans laquelle la dynamique d'enchaînement des riffs fait indéniablement penser à du bon thrash. Les riffs power-thrash s'enchaînent ainsi à d'autres dont le placement rythmique syncopé et le côté mélodique évoquent invariablement ces racines scandinaves déjà mentionnées. Mais le groupe évite l'impression de copie carbone en ne tombant pas dans le piège de la twin lead (riffs polyphoniques) systématique et se forge ainsi une identité d'"extrême généraliste" assez rafraîchissante.

Le groupe part rarement dans le speed pur et privilégie les mid-tempos, ce qui est ambivalent: une compo enlevée comme "No Apparent Motive" est très efficace mais c'est aussi celle dont les riffs sonnent le plus comme In Flames alors qu'une lente comme "Public Enemy Number 1" est beaucoup plus personnelle mais lasse rapidement. Le groupe tente de garder une certaine pertinence en multipliant les riffs mais retombe souvent dans une musique assez plate car manquant de piquant et d'originalité. Trop de riffs dans ce 21st Century Killing Machine semblent ne rien apporter à la sauce, en particulier dans le milieu et le dernier tiers de l'album. Coup de malchance, c'est également dans ce derniers tiers qu'on retrouve des expérimentations fort intéressants, comme le couplet ambiancé et murmuré de Hell Is For Heroes ou le pont symphonique de "When Hatred Comes To Life". Une bonne idée coincée entre des idées convenues perd énormément de son impact! Quand le groupe envoie réellement la sauce le plaisir revient, mais son entêtement à lever le pied finit par franchement lasser.


Pour résumer on peut dire que 21st Killing Machine est bon pour un premier album, mais décevant pour une production de vieux routards de la scène. Le niveau de jeu est là et certains passages font réellement sauter partout (écoutez donc les deux titres cités en "chansons qui tuent") mais au final l'orientation musicale principale choisie par le sieur Lindstrand et ses acolytes n'est pas celle dans laquelle il assure le plus. Album sympathique voire jouissif par moments, ennuyeux par d'autres, ce CD souffle trop le chaud et le froid pour mériter une meilleure note. Mais j'attends le prochain…


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