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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Vorphalack
(guitare+chant)

-Kaos
(guitare)

-Masmiseim
(basse)

-Xy
(claviers)

TRACKLIST

1)Year Zero
2)Ailleurs
3)Together
4)Ways
5)The Cross
6)Us
7)Supra Karma
8)I
9)Nautilus & Zeppelin
10)Infra Galaxia
11)Being
12)Radiant Star

DISCOGRAPHIE

Worship Him (1991)
Blood Ritual (1992)
Ceremony Of Opposites (1994)
Rebellion (1995)
Passage (1997)
Exodus (1998)
Eternal (1999)
Reign Of Light (2004)
On Earth (2005)
Era One / Lesson In Magic 1 (2006)
Solar Soul (2007)
Above (2009)
Antigod (2010)
Lux Mundi (2011)

Samael - Eternal



Cinquième album de ce groupe suisse au charisme plutôt extraordinaire. Après une nouvelle orientation abordée dans Passage, plus Trash Futuriste que Black Metal, au son lourd et très mélodique, Eternal confirme la voie que prend Samael dans un Metal complexe, subtil, aux intonations électroniques et industrielles. Certains diront que ce groupe s’est trahi, abandonnant ses racines Black Metal pour aborder une musique dans le vent, plus facile à vendre. Ce serait avoir l’esprit un peu fermé et ignorer que Samael a su très intelligemment outrepasser les barrières de différents genres pour offrir une création variée, glaciale et très inspirée en intégrant de nouveaux composants.

Le concept d'Eternal s’élève au-delà des thèmes sataniques abordés précédemment, pour philosopher sur « Les relations entre les hommes, entre l'homme et le cosmos », dixit Vorph lui-même. On atteint le cosmos, en effet, et ce voyage d’éloignement se concrétise de plus en plus, visuellement d’abord, en comparant les pochettes des albums depuis Passage avec la Lune, Exodus avec la Terre vu d’ailleurs, et enfin un point dans l’Espace, dans l’Eternité, avec Eternal. Musicalement, c’est pointilleux et précis, avec cependant une présence moins importante des guitares, privilégiant ainsi les claviers, la batterie programmée génialement comme toujours, les samples et autres sons électroniques. Le tout donne un son très propre, net, ou toutes les composantes sont compréhensibles et jouent leur rôle, aussi fin soit-il, dans l’ambiance générale que veut donner le groupe sur cet Album.

Néanmoins ce recul des guitares nous donne au départ au goût amer dans la bouche, surtout quand on s’est habitué aux guitares ultra puissantes et lourdes depuis Rebellion. Bon, tout ça pour dire finalement que Eternal est moins accessible à la première écoute que ne peut l’être Passage. Et finalement on se demande comment ce groupe ne saurait nous proposer quelque chose d’encore plus abouti et précis dans le futur ! Dés le premier titre, ambiance electro, drum kit ultra efficace, et ce riff qui vient vous fouetter le visage… c’est vraiment bon. Puis les claviers prennent un peu le relais. Il est à souligner qu’ils sont très présents dans l’album, et que sans, il sonnerai plus creux. Mais bon, il a sa place et on n’a pas envie de le détrôner, la symbiose finale avec les guitares et l’ensemble des sons est délectable.

Quant aux vocaux de Vorph, il ont leur rôle (glacial !) dans cet opus et savent revêtir plusieurs intonations, froide et extrême dans "ear Zero", "Ways" ou "Nautilus & Zeppelin", envoûtante et profonde dans l’exquis "Together", carrément truquée dans "Infra Galaxia", et chantée (tout de même avec un accent extrême) dans "I". Elle prend vraiment toute son ampleur à chaque titre. Je voudrais m’arrêter un peu sur le titre "Together". J’ai entendu dire que certains le trouvaient mou et sans relief. Ce devait être ironique parce que vraiment, c’est un travail de génie : on s’embarque pour un voyage ultra sombre, une sorte de ballade intersidérale à en pleurer. Et les quatre minutes et demi ne sont pas assez pour combler complètement nos oreilles déjà sous le charme de ce refrain énorme, lancinant et majestueux. Néanmoins, il s’agit du titre le plus positif à mon goût sur le plan du message. Ça change un peu.

"The Cross". Quelque chose me dit que cet album devait s’appeler ainsi avant de devenir Eternal. Il faut dire que ce titre rassemble tous les ingrédients de la musique actuelle de Samael : riffs décalés, claviers en fond, breaks Rock. Bref, du bon Samael, ce qui n’est pas forcément le cas de "Being" et "Radiant Star", ayant un aspect jazz/rock, agréable au premier abord, mais ne présentant pas finalement beaucoup d’intérêt avec le temps. Ils sonnent un peu plat, un peu dénué de sens. Mais ne jetons pas la pierre, il est d’autres titres très bons, comme "I" qui est un vrai recueillement Electro-Metal mené par les vocaux posés de Vorph, un fond de machines et un refrain particulièrement saisissant, chanté en voix ‘claires’. Les frissons me viennent à chaque écoute… !

Ce titre se rapproche dans les atmosphères à "Us" (vive les titres courts !), avec une voix moins extrême, chantée, un peu plus léger dans l’ambiance, c’est-à-dire plus rythmée. On n’a pas trop l’habitude avec Samael, mais comme c’est bien fait, alors il ne faut pas bouder notre plaisir. Le mélange des genres se fait sentir, et laisse entrevoir pour les prochaines réalisations quelque chose d’encore étrange, mais toujours près de toute façon de l’esprit Samael. Dans cet album d’ailleurs, au niveau du son comme des influences Black Metal (un peu plus rare quand même…), tout a l’odeur de Samael.


D’ailleurs…que l'on suive toute la discographie depuis le début ou bien que l’on ait pu simplement et distraitement écouter d’une oreille, ce groupe impose le respect par son intégrité, par l’évolution incroyable qu’a pu connaître sa musique depuis quinze ans et par l’originalité de sa démarche. En conclusion, c’est le must du Metal sombre et électronique qui transcende nos petits esprits terriens.


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