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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Brian Molko
(chant+guitare)

-Stefan Olsdal
(basse+guitare)

-Steve Hewitt
(batterie)

TRACKLIST

1)Pure Morning
2)Brick Shithouse
3)You Don't Care About Us
4)Ask for Answers
5)Without You I'm Nothing
6)Allergic (To Thoughts Of Mother Earth)
7)The Crawl
8)Every You Every Me
9)My Sweet Prince
10)Summer's Gone
11)Scared of Girls
12)Burger Queen

DISCOGRAPHIE


Placebo - Without You I'm Nothing
(1998) - rock - Label : Delabel



Dans le monde, il y a deux types d’albums. Ceux qui sont joyeux et ceux qui ne sont pas joyeux. Indubitablement ce deuxième opus de Placebo fait partie de la seconde catégorie. Ce n’est pas vraiment l’extase sur ce disque comme le laisse supposer le titre. Brian Molko est dans une mauvaise passe, il traite avec la dépression et nous le fait savoir. Pourtant, Placebo n’oublie pas qu’un bon album est un album diversifié et arrive quand même à planter quelques cantonades au rythme enjoué mais qui ne doivent jamais faire oublier que les paroles restent sombres.

En effet, en commençant par "Pure Morning", ce Without You I’m Nothing ne commence pas de la plus gaie des façons. Rhytme lancinant, guitare assez grasse et chant retenu mélancolique. C’en est assez pour savoir que nous avons affaire à une petite piste bien déprimante. Néanmoins, cela ce sera pas la règle comme je l’ai dit plus haut. Placebo enchaîne sans temps mort sur un "Brick Shithouse" nettement plus rapide et limite punk rock dans l’âme finalement même si son titre peut faire croire à encore un brulôt désespéré plutôt lourd. Quoiqu’il en soit, ne vous y trompez pas, la tendance dominante est clairement à la déprime et le rythme itou. Les chansons qui vous feront sortir de votre torpeur désabusée seront rares mais taperont dans le mille. C’est une des qualités premières de cette galette, les changements de rythme, qui ne s’opèrent pas au sein des chansons mais entre chansons, coulent de source. Tout est naturel et l’album semble construit comme une longue histoire faite de hauts et de bas, avec une nette préférence pour les bas puisque la vie, c’est pas rose v’voyez.

L’autre grande qualité de Placebo sur cet album c’est bien évidemment ses compositions inspirées qui savent se faire incisives à la bonne heure et bien évidemment tristement désespérantes le reste du temps. Prenez par exemple la chanson titre "Without You I’m Nothing" qui propose un refrain bien sombre et qui presque sans besoin des paroles vous fait comprendre de quoi elle traite, la désillusion, la tristesse, la mélancolie. Pour ma part je suis assez preneur de ce style de musique qui offre de quoi se reclure sur soi-même pour passer une bonne soirée déprime tranquillement dans son coin. Des fois on en a besoin et c’est pour ce type d’occasion que des albums comme celui-ci ont été créés. Pour ne rien gâcher, la production est vraiment parfaitement en ligne avec la musique avec un bon son mais qui a su conserver cette petite dose de garage, ce grain si particulier qui fait que le tout n’est pas trop policé et qui donne cette impression d’organique, de chaud qui sied si bien à la musique.

Bien sûr, Placebo c’est aussi les singles et donc ces phases plus vindicatives dans la musique du groupe. Outre "Brick Shithouse", vous trouverez donc le multiconnu "Every You Every Me" rendu honteusement célèbre par la bande originale de Sex Intentions. Et ma foi il faut avouer que ce titre à de quoi ravir les plus difficiles. Rythme soutenu, riff électro-acoustique simple mais vraiment accrocheur et refrain efficace. Du pop rock d’excellente qualité pour le coup. Pour tout vous dire, c’est le titre qui a fait acheter Sleeping With Ghosts à mon père rien que sur la base de cette seule chanson. Vous voyez à quel point ça peut vous ensorceler, le genre de pistes qu’on met en boucle tellement elle dépote sa race. Dernière chose, le truc qui est bien avec cet album c’est qu’il ne lasse pas (trop… je ne l’écoute pas avec véhémence, mais à chaque fois qu’il passe, il passe bien) et ça, ça fait partie des choses qui sont fraîches puisque maintenant Placebo a tendance à sortir le même album.


Au final un album hautement recommandable pour tout amateur de pop rock et/ou de musique dépressive. Pour ma part, c’est un achat que je ne regrette en rien et de toute façon, rien que pour des titres comme "Without You I’m Nothing" ou "Every You Every Me", il vaut le coup. Le reste vous apprendrez à l’aimer.


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