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CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Black Francis
(chant+guitare)

-Joey Santiago
(guitare)

-Kim Deal
(basse)

-David Lovering
(batterie)

TRACKLIST

1)River Euphrates
2)Vamos (live)
3)In Heaven (Lady In the Radiator Song) (live)
4)Manta Ray
5)Weird At My School
6)Dancing the Manta Ray
7)Wave Of Mutilation (UK Surf)
8)Into the White
9)Bailey's Walk
10)Make Beleive
11)I've Been Waiting For You
12)The Thing
13)Velvety (Instrumental Version)
14)Winterlong
15)Santo
16)Theme From Narc
17)Build High
18)Evil Hearted You
19)Letter To Memphis (Instrumental Version)

DISCOGRAPHIE


Pixies, (the) - Complete B-Sides
(2001) - pop rock - Label : 4AD



Parue en 2001, à une époque où il n’était pas question d’une reformation du groupe, cette compilation regroupe toutes les « faces B » (expression qui perd un peu de son sens sur un format CD) des différents singles que les Pixies avaient publié tout au long de leur courte carrière. Des faces B ? Chouette, se dit l’amateur ! Voilà qui lui permettra: 1) de se procurer quelques gemmes devenues difficilement trouvables; 2) et de mieux cerner l’évolution du groupe durant ces quelques années. Oui, mais… Non.

Déjà, oubliez le 2), très vite. Une bonne moitié des morceaux consistent en des versions alternatives de titres déjà parus, des pistes live, ou des reprises. Tout cela aussi bien pour la période Surfer Rosa que pour la période Bossanova. Sans compter qu’on retrouve dans les deux cas des enregistrements datant des tous débuts du groupe, ainsi que des compositions écrites par un Black Francis adolescent… Ne comptez donc par sur cet album pour vous révéler le chaînon manquant entre les deux disques précédents. Là est le premier problème de ces « faces B » : jusqu’à Doolittle, elles sont pour la plupart pertinentes, intéressantes, apportent de l’eau au moulin des Farfadets. Mais par la suite, certaines font très nettement remplissage, genre « bon, il nous faut à tout prix trois morceaux supplémentaires par single, alors cherchez dans vos fonds de tiroirs, enregistrez n’importe quoi mais bon sang, faites-nous ces trois titres! » Bref, on tombe trop rapidement dans une collection de titres anecdotiques, bons pour le fan, mais il sera bien le seul à s’en contenter.

Ce qui nous mène au 1), et vous l’aurez compris : cette collection de faces B est loin d’être passionnante de bout en bout. Et parmi ces dix-neuf titres, on ne trouve qu’une faible quantité de perles, de plus concentrées sur la première période du groupe. Et non, amateurs de Trompe Le Monde : vous ne trouverez ici aucune pièce empreinte de cette folie géniale et surréaliste qui habite cet album sous-estimé. A peine une version instrumentale de "Letter To Memphis"… Bien maigre. Alors, si pour finir, on se concentrait sur cette petite brochette de morceaux dignes d’intérêt pour le non-fan ? Que retenir ? Le recueil a cette chance de s’ouvrir sur les chapeaux de roues, par une version gigantesque de "River Euphrates" qui parvient à dépasser l’originale. Ceci grâce à un son moins étouffé, plus ample, et à une performance redoutable d’énergie. Energique aussi, volcanique même, cette prise live de "Vamos" jouée à un rythme effréné, qui ne décevra pas les nombreux admirateurs de ce titre fou-furieux. Et comment passer sous silence le délire hypnotique de "Dancing The Manta Ray", où Black, la voix ralentie, se prend pour un vieux bluesman agité du bocal et marmonne des trucs insensés, et tous ensemble bâtissent un groove brinquebalant à l’aide de trois accords… Et bon sang, je peux vous dire que ça fonctionne ! Ce drôle de petit morceau est tellement prenant qu’on aimerait le voir durer deux, trois fois plus longtemps.

On pourrait également citer cette intéressante relecture de "Wave Of Mutilation" qui se mue en ballade nostalgique tissée par des guitares hawaïennes… Mais l’original, cette merveille power-pop, n’est pas égalée. Non, le titre qui pourrait réellement motiver l’achat de ce disque aux yeux de l’amateur des Pixies, c’est l’OVNI "Into The White" qui n’a pas attendu d’être publié dans ce recueil pour devenir un véritable « stage favorite », et accessoirement un des morceaux préférés des fans. Plus que la voix menaçante de Kim Deal, c’est la construction exemplaire de cette drôle de pièce qui retient l’attention de l’auditeur. Cette intro portée par la rythmique palpitante qui annonce la couleur, la guitare qui vient se poser tranquillement, puis l’autre, plus saturée, qui prend le relais, jusqu’au refrain où le rythme devient plus insistant… et ça reprend de plus belle, jusqu’à un final tout en saturation. Je raconte mal, hein? Oui, il vaut mieux que vous écoutiez ce petit joyau déséquilibré par vous-même, je peux vous dire que ça en vaut le peine…


Mais ne vous sentez surtout pas obligé d’acheter ce Complete B-Sides juste pour ce titre, hein… Commencez déjà par vous procurer les cinq albums studio, et selon votre degré d’adoration de ce groupe définitivement pas comme les autres, vous jugerez si ce recueil trop inégal vous semble nécessaire.


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