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CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-David Gilmour
(guitare+chant)

-Rick Wright
(claviers)

-Nick Mason
(batterie)

+ guests

TRACKLIST

CD n°1 :
1)Shine On You Crazy Diamond
2)Learning To Fly
3)Yet Another Movie
4)Round And Around
5)Sorrow
6)The Dogs Of War
7)On The Turning Away

CD n°2 :
1)One Of These Days
2)Time
3)Wish You Where Here
4)Us & Them
5)Money
6)Another Brick In The Wall (Part II)
7)Confortably Numb
8)Run Like Hell

DISCOGRAPHIE


Pink Floyd - Delicate Sound Of Thunder
(1988) - pop rock - Label : EMI





Baptême du feu live pour Gilmour et les siens. Mais surtout pour Gilmour sans Waters. Après le bankable mais hautement controversé A Momentary Lapse Of Reason sorti en 1987, Pink Floyd enchaîne immédiatement sur sa première tournée mondiale sans son charismatique bassiste et chanteur. Un Roi est mort, vive le nouveau Roi ?


1988. Plus que jamais, le groupe – du moins ce qu’il en reste juridiquement et musicalement - se sait en danger. Une partie du public et de la critique accuse Gilmour de dénaturer, voire de spolier l’œuvre du Flamant Rose à des fins tant égocentriques que financières. L’autre camp, lui, salue le renouveau sonore de la formation de Cambridge, mais aussi le courage de son guitariste à endosser le brassard de chanteur leader. Avant d’arpenter le monde, le Floyd se sait donc le postérieur entre deux chaises : le modernisme Gilmourien face à l’héritage Watersien. Résultat des courses : ce Delicate Sound of Thunder, double CD hautement symbolique dans le choix, puis dans l’ordre de passage des morceaux interprétés. Le premier disque s‘assimile de facto à un Momentary Lapse Of Reason-like auquel s’ajoute, à titre d’introduction, "Shine On You Crazy Diamond". Une entrée en matière envoûtante mais surtout prétexte à mettre en exergue la guitare (et les 180 kilos d’effets) de Gilmour, puis sa voix à la limite de l’a capella en fin de titre. La messe est alors dite, Dave tout-puissant peut enchaîner six titres de Momentary, mêlant le désenchanté ("Yet Another Movie" sombre et lourd, "Sorrow") au plus aérien (les tubes "On The Turning Away" et "Learning To Fly"). N’en déplaisent aux détracteurs de Momentary, sa transposition live est une franche réussite. La production est léchée au plus au point, et le Floyd incarne alors plus que jamais le Rock des années 80 quitte à flirter avec des sonorités aux frontières du Hard FM.

Plus classique mais nettement plus attendue (lire : périlleuse et stratégique), la seconde galette ressemble à s’y méprendre à un Greatest Hits grossier du Floyd. Tout du moins de Dark Side Of The Moon, Wish You Were Here et The Wall (exit, donc, le psyché des débuts). Pas idiot, Gilmour sait qu’il demeure plus simple de reprendre à son compte les morceaux les plus guitaristiques des opus suscités. S’il reste capitaine du paquebot, les autres membres du navire et musiciens peuvent épisodiquement tirer leur épingle du set. À noter à ce sujet un solo de basse slappé et très enjoué sur "Money" qui tire le morceau vers le haut. Et - suprême privilège - le commandant en chef accepte même (à raison) de partager avec son second de manche les soli de "Another Brick in the Wall Part II", puis plus étrangement du cultissime "Comfortably Numb". Qu’on se rassure : Gilmour reprend fissa la main avec un "Run Like Hell" final destiné à pousser au maximum le volume général. Pour l’anecdote, le passage du groupe à Venise occasionnera des dommages quasi-irréversibles à l’architecture locale. Mais aucun dégât ne sera constaté sur la station MIR, Delicate Sound ayant l’honneur d’être le premier CD emporté et écouté dans l’Espace.


Œuvre d’un guitar-hero omnipotent, ce Délicat Son du Tonnerre a au moins le mérite de remettre l’appellation Pink Floyd sur les rails. Et surtout de sortir temporairement le groupe des peu confortables Palais de Justice. Il laisse juste le goût amer d’entendre Richard Wright et Nick Mason cantonnés à leur rôle de sessionmen, pour ne pas dire de bons faiseurs simplement présents pour assurer la partie historique de la setlist (en particulier "Time" où tous deux peuvent faire montre de leur talent). Le Roi Gilmour est vivant, accepte UNE certaine répartition des tâches, mais règne sans partage.


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