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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Henrik Brockmann
(chant)

-Henrik Flyman
(guitare)

-Dennis Buhl
(batterie)

-Kasper Gram
(basse)

TRACKLIST

1)When Satan Calls
2)Theatrical Madness
3)Bozo The Clown
4)Now When Our Stars Are Fading
5)A Great Day To Die
6)The Demolition Army
7)Snow White
8)Witches Chant
9)Other Ways To Babylon
10)The Dark Play
11)Outro

DISCOGRAPHIE


Evil Masquerade - Theatrical Madness



Voici un all-star band formé autour de musiciens de divers horizons (Royal Hunt, Time Requiem, Space Odyssey...), officiant dans un heavy speed assez technique, et à forte dimension atmosphérique. Theatrical Madness est un album conceptuel d'un esprit complètement déjanté, plutôt sombre, qui rappelle nécessairement les ambiances glauques des vétérans danois de Mercyful Fate. Le talent indéniable des membres du groupe, adjoint à celui des divers guests (André Andersen, Richard Andersson notamment) et leurs grandes qualités de composition suffisent pour inciter les amateurs du style à découvrir l'approche originale d'Evil Masquerade.

Globalement, les riffs de cet album sont tous excellents. Henrik Flyman n'est pas exactement un bleu derrière son manche, et il faut l'entendre mener la barque sur "When Satan Calls", "A Great Day To Die", "Other Ways To Babylon", et tant d'autres... Hargneux mais toujours précis, Flyman participe pour beaucoup à l'élaboration de l'identité du groupe, déjà palpable. C'est d'autant plus évident pour cet album qu'il est ponctué de bruitages bizarres, d'effets de voix sinistres et de mélodies barjos, autant d'invitations au petit théâtre de l'absurde d'Evil Masquerade. "Bozo The Clown" en est parfaitement illustratif: ces couplets sont de petites perles de créativité, qui risquent d'en étonner plus d'un. Pas de demi-mesure, me semble-t-il: soit on adhère au projet, soit on rejette le tout en bloc.

Bien sûr, Evil Masquerade n'est pas toujours d'un niveau excellent: "The Demolition Army" par exemple, qui est vraiment en-dessous du reste, avec un refrain très bateau - voire mauvais -, ou encore le dernier titre "The Dark Play", même si ses parties instrumentales endiablées sauvent les meubles. Un manque d'inspiration qui dénote fortement avec la suite de bonnes idées des autes morceaux. Cela n'est pas incompréhensible: il est bien difficile d'être innovant sur chaque chanson. Mais Evil Masquerade sait varier les rythmes (le lent et saccadé "Now When Our Stars Are Fading", l'interlude barré claviers/voix "Snow White", l'énervé "When Satan Calls", etc.) et inclure à sa musique des éléments fédérateurs: choeurs, voix féminines, soli de claviers, bref tout y passe. Pourtant, ce n'est pas quand le style d'Evil Masquerade s'épure que la musique en souffre le plus: voir le très bon "Other Ways To Babylon", l'un des grands winners de ce Theatrical Madness, bien que plus simple dans son approche.

Le chanteur Henrik Brockmann, ex-Royal Hunt, a sans le moindre doute les qualités requises: un brin de voix agréable, une bonne technique, ainsi qu'une bonne capacité d'adaptation vocale aux différentes et étranges ambiances du disque. Les guests, venus pondre des soli de claviers sur quelques titres, ne sont pas non plus tombés de la dernière et parviennent à enrichir naturellement la musique du groupe, sans pour autant chercher à la submerger d'effets inutiles. Mixé par Tommy Hansen - encore un pro -, Theatrical Madness "révolutionne" à son échelle la scène heavy traditionnel, en manque chronique d'inspiration depuis quelque temps. L'ensemble est certes perfectible mais on ne peut qu'apprécier l'ambition des musiciens de vouloir apporter une touche de nouveauté.




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