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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-David Gilmour
(guitare+chant)

-Roger Waters
(basse)

-Rick Wright
(claviers)

-Nick Mason
(batterie)


TRACKLIST

1)One of These Days
2)A Pillow of Winds
3)Fearless
4)San Tropez
5)Seamus
6)Echoes

DISCOGRAPHIE


Pink Floyd - Meddle (1)
(1971) - barré pop rock - Label : EMI



S'il ne fallait désigner qu'un seul groupe surestimé parmi tout ce que les années 70 nous ont offert, Pink Floyd figurerait sans problème en tête de liste. Meddle succède rapidement au soporifique Atom Heart Mother et les deux albums se ressemblent comme deux gouttes d'eau, c'est le moins qu'on puisse dire. Construits de la même façon et tous les deux divisés en deux parties, avec un titre épique dépassant allègrement les vingt minutes et quelques chansonnettes faisant office de bouche trous (faut bien que ça tienne sur un album complet non ?). Donc, même reproche que pour Atom Heart Mother, seul le titre épique "Echoes" vaut le coup, le reste n'a que très peu d'intérêt.

On débute les hostilités avec un instrumental pourtant, chouette ! Un instrumental psychédélique à se mettre sous la dent, quoi de mieux pour commencer ? Ben, comment dire, "One Of These Days" est loin de rivaliser avec ce que pouvait proposer les instrumentaux de l'ère Syd Barrett (et post-Barrett sur l'album A Saucerful Of Secrets, encore très épris de l'héritage de Syd). Le vide musical et la platitude de "One Of These Days" est tout bonnement affligeante : une pauvre ligne de basse répétée à l'infini et deux notes de claviers ne suffisent pas à faire voyager l'auditeur, ou plutôt si, on voyage sur ce disque... au ras des pâquerettes !!! Toujours est-il que les allemands de Can composaient à la même époque des morceaux psychédéliques autrement plus passionnants, s'étirant volontiers sur dix minutes et répétant inlassablement les mêmes notes sans lasser l'auditeur. Le talent fait la différence ! Dans le cas du Floyd, l'excitation des débuts encore présente sur la BO du film More a dorénavant complètement disparu.

Le groupe enchaîne les roucoulades sur ce disque et on comprend mieux pourquoi Pink Floyd a rencontré un succès interplanétaire. Avec des chansons aussi mièvres (la pop-jazzy bêtifiante de "San Tropez", le bluesy bon marché de "Seamus"), le grand public ne pouvait que succomber. Certains parleront de musique planante, d'autres se laisseront facilement transporter dans le voyage, mais un tel minimalisme musical est insupportable. La ballade "Fearless" et le chant mollasson de David Gilmour sont aussi expressifs et excitants qu'un album de Leonard Cohen. Entre la pop psychédélique dynamique et déjantée de rigueur dans la carrière solo de Syd Barrett et la pop commerciale de ses ex-compères, le choix est vite fait. De ce naufrage, seul "A Pillow Of Winds" est sauvé, grâce à des mélodies planantes et à une guitare larmoyante. Gilmour a au moins atteint son objectif, celui de nous faire voyager à moindre frais tant la simplicité de ce titre est grande. Mais tout baigne, que demander de mieux ? Dommage que la recette ne soit pas appliquée avec le même brio sur les autres titres.

Après la niaiserie pop déboule le morceau le plus barré de la terre, du moins pour les personnes qui se disent fans de Pink Floyd pour faire "chébran" dans les discussions intellectuelles axées sur la musique. Mais combien de ces soi-disant fans ont déjà écouté Ummagumma ? Pas grand monde j'imagine, mais là n'est pas le problème. "Echoes" est donc le seul morceau digne d'intérêt sur cette galette, ça fait un peu léger. Inutile de s'attendre à de multiples rebondissements sur ces vingt-trois minutes, pour cela mieux vaut se tourner vers le répertoire de King Crimson. "Echoes" voit en effet ses géniteurs se livrer à quelques facilités de composition, comme par exemple les quelques notes de claviers de Wright répétées maintes et maintes fois aux alentours de la huitième minute, ce qui n'apporte strictement rien au morceau. Quelques passages superflus empêchent "Echoes" de devenir réellement incontournable, mais bon, ses longueurs inutiles permettent au moins d'apprivoiser et d'habituer le grand public au progressif, sans trop le déboussoler. Oui, cela reste assez simple et aéré, quelques notes suffisent. "Echoes", le progressif du pauvre ? Certainement. Mais heureusement que des passages conséquents, parfois assez glauques, et des montées en puissance maintiennent l'attention sur cette pièce, car on est à deux doigts de s'assoupir à quelques reprises (mais rien de grave non plus).


On ne saurait désigner David "j'ai deux de tension" Gilmour comme unique responsable de cette déconvenue popisante de Pink Floyd, ce dernier prend de plus en plus d'importance dans le son et le style du groupe. Meddle n'est pas un grand disque, mais il plaira sans doute aux amateurs de variété, les mêmes qui s'entassent dans les stades pour aller voir Bruce Springsteen ou la soupe d'Eric Clapton en solo. Roger Waters n'avait pas encore pris le pouvoir dans le groupe, mais il émergera progressivement de sa torpeur. On compte sur lui pour rendre Pink Floyd un peu plus captivant à l'avenir.


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