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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-David Gilmour
(guitare+chant)

-Roger Waters
(basse)

-Rick Wright
(claviers)

-Nick Mason
(batterie)

TRACKLIST

1)Atom Heart Mother (Father's Shout / Breast Milk / Mother Fore / Funky Dung / Mind Throats Please / Remergence)
2)If
3)Summer '68
4)Fat Old Sun
5)Alan's Psychadelic Breakfast (Rise And Shine / Sunny Side Up / Morning Glory)

DISCOGRAPHIE


Pink Floyd - Atom Heart Mother
(1970) - barré pop rock psychédélique - Label : EMI



Atom Heart Mother, album culte pour toute une génération de mélomanes, une référence qui ira même jusqu'à influencer bon nombre d'artistes pop tels que Jeff Buckley ou Elliott Smith. Le Pink Floyd époque Syd Barrett est maintenant perdu à jamais, il faudra faire avec la pop langoureuse pour maniaco-dépressifs en herbe. La pochette n'est pas très rassurante non plus, elle laisse suggérer que le disque ne vole pas très haut, au ras des pâquerettes quoi ! Pourquoi chroniquer un album d'une période que l'on aime pas trop ? Parce qu'Atom Heart Mother possède des moments forts intéressants, surtout sur sa première partie évidemment, avec les vingt-trois minutes d'Atom Heart Mother, mais aussi parce que sa seconde partie ne contient pas que des niaiseries pop contrairement à Meddle.

Déjà la production est devenue très propre et la version remasterisée ne fait que confirmer qu'en ce temps-là, les Pink Floyd avait une bonne longueur d'avance sur leurs collègues (nous sommes en 1970). On commence fort avec l'instrumental "Atom Heart Mother", un monument du genre, un véritable aboutissement de ce que les Pink Floyd pouvait proposer de mieux à cette époque. Bien sur, les bidouillages psychédéliques des débuts sont loin maintenant, ils laissent place à un style plus aéré, plus mature mais ces vingt-trois minutes ne manquent pas de rebondissements. La section cuivre rend ce morceau on ne peut plus lugubre, entre les passages style "fanfare des pompes funèbres" et les quelques hurlements féminins stridents. En tout cas, l'énorme avantage de "Atom Heart Mother" contrairement à son successeur "Echoes", c'est d'être entièrement instrumental, pas de chant gentillet pour venir tout gâcher et ça, croyez moi, c'est un plus énorme pour l'atmosphère du morceau.

La seconde partie parait bien pâlichonne à comparée de l'ouragan "Atom Heart Mother", mais là encore, elle est quand même moins mièvre que celle de Meddle, pas de chansons de plage ici. L'acoustique "If" est le genre de ballade qui a dû être écouté en boucle par les membres de Radiohead tellement elle donne envie de se tirer une balle ! Mais les autres morceaux, aussi pop soient-ils, ont toujours le mérite d'être sauvé par des breaks intéressants. Ainsi, "Summer '68" est agrémenté de cuivres bien stressants, comme on peut en trouver sur "Atom Heart Mother", sans cela ce morceau aurait été d'une grande banalité. Et "Fat Old Sun", une autre ballade acoustique quelconque voit son intérêt rehaussé par un excellent solo de guitare à la fin !

Quant à "Alan's Psychedelic Breakfast", j'avoue ne pas comprendre le réel intérêt d'un tel morceau. Au moins, il porte bien son nom, des morceaux comme ça, j'en ponds tous les matins au p'tit déjeuner sur mon clavier Playschool. Blague à part, cette suite divisée en trois parties n'a ni queue ni tête. Ça commence avec un style piano-bar tout con (Rise And Shine), ensuite hop ça s'arrête, le groupe se fait un p'tit casse-croûte (on entend même les gloups des boissons ingurgitées) et on enchaîne avec de l'acoustique (Sunny Side Up), et enfin ce n'est qu'à la troisième partie (Morning Glory) que le morceau commence à prendre son envol. Au bout de la neuvième minute, avouez que ça fait un peu tard !


De la période post-Barrett, Atom Heart Mother n'est pas le pire album. En tout cas, il est sauvé par quelques relents psychédéliques toujours présents, mais qui ne devrait pas tarder à disparaître. Pink Floyd commence véritablement à patauger dans de la pop insipide ce qui n'est pas prêt de nous rassurer pour son avenir.


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