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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 27 février 2009
Sa note : 10/20

LINE UP

-Erik Sahlström
(chant)

-Johan Wallin
(guitare)

-Joacim Carlsson
(guitare)

-Andreas Eriksson
(basse)

-Andreas Mitroulis
(batterie)

TRACKLIST

1)Necronomics
2)Decedent Scarification Aesthetics
3)Restrained Remains
4)Final Excarnation
5)Necrocriticism
6)Exotoxic Septicity
7)Adnexal Mass (CD) / Excessive Corpus Delicti (LP)
8)Virulent Corpus Dispersement
9)Ichor
10)Idle Teratoma Core
11)Perfunctory Fleshless Precipitate
12)Plexus Necrosis
13)Unwitting Donor/Cadaver Exchange
14)Mortsafe Rupture
15)Deadhouse

DISCOGRAPHIE


General Surgery - Corpus In Extremis: Analysing Necrocriticism
(2009) - death metal - Label : Listenable Records



Ah, les bonnes vieilles valeurs d’antan… les confitures que grand-mère faisait avec les fruits que l’on avait nous-même cueillis… les parties endiablées de cache-cache dans le jardin de la maison de vacances, l’heure des dessins animés que l’on attendait impatiemment, le bonhomme de neige que l’on faisait la veille de Noel sur le perron de l’immeuble… les goûters d’anniversaire chez les amis avec Smarties, Fanta et pêche à la ligne, Necroticism: Descanting the Insalubrious de Carcass… toutes ces choses qui rendent nostalgique…

Il y a gros à parier que General Surgery serait bien d’accord avec cette introduction, certainement en tout cas en ce qui concerne le dernier exemple. Carcass a laissé un trou béant derrière eux qu’une flopée de groupes s’échine à combler en reprenant la recette du groupe Anglais. Et pourtant, Carcass et General Surgery sont presque aussi vieux l’un que l’autre : les premiers ont été formés en 1985 quand les seconds ont vu le jour en 1988 - et dans le but de rendre hommage, justement, à Carcass. Mais General Surgery, après une brouette de splits, EP et autres démos, des changements de line-up et une période d’inactivité de plus de dix ans, n’a sorti son premier album qu’en 2006, soit dix ans après le dernier album de Carcass. Ils ont donc eu largement le temps de digérer leur héritage, de s’inspirer d’eux et de pondre une musique qui, si elle s’en réclame logiquement, n’aurait dû compter Carcass que comme inspiration et non comme modèle…

Ce qui est amusant, c’est que – en dépit de ce que cela semble dire – «General Surgery» désigne en anglais la chirurgie de l’appareil digestif (estomac, intestins, colons…). Il faut croire que le groupe a des problèmes à ce niveau là tant ce qu’ils ont ingéré (Carcass) ressort presque intact. Corpus In Extremis: Analysing Necrocriticism est à beaucoup de niveaux une resucée de Necroticism: Descanting the Insalubrious (déjà, les deux titres sont étrangement similaires…). Alors bien sûr, le son a été modernisé, bien plus puissant et agressif que la production du début des années 90, et le tempo a été accéléré pour faire la part belle aux blasts, mais le reste est réellement très proche. Thème médical prononcé, voix éraillée et doublée rappelant fortement Walker, il ne manque décidément qu’une chose à General Surgery pour être les dignes descendants des Anglais – même si eux-mêmes sont Suédois : le talent.

Corpus In Extremis: Analysing Necrocriticism n’est pas un mauvais album, tout juste pourrait-on le qualifier de passable, mais il est loin d’atteindre le génie du chef-d’œuvre de Carcass. Bien sûr, il est injuste de comparer sans cesse les deux, mais le groupe joue un jeu qui ne laisse guère le choix. Il est difficile de juger l’album pour lui-même, sorti de tout référentiel, tant l’hommage mal dégrossi est ici envahissant. Malgré quelques bons titres ("Necrocriticism", "Virulent Corpus Dispersement", "Perfunctory Fleshless Precipitate"), ce Corpus In Extremis: Analysing Necrocriticism tient difficilement la route, en particulier à cause de titres trop courts (le petit côté grindcore du groupe) et d’une recette trop systématique où les riffs marquants ne sont pas assez présents. On retiendra un chanteur qui, malgré son influence trop évidente, s’en sort très bien, le doublage quasi systématique de sa voix donnant une ampleur bienvenue à l’ambiance de l’album.


A force de trop singer un groupe mythique, de vouloir évoluer dans le même univers sous couvert d'hommage, General Surgery a oublié de développer sa propre identité, que ça soit conceptuellement ou musicalement. Le fait de proposer une production plus puissante et un peu plus de blast ne suffit pas à cacher ce sentiment d’être en présence d’un ersatz réchauffé de Carcass. Enfin, le point positif de tout cela, c’est que General Surgery donne envie de réécouter Necroticism: Descanting The Insalubrious. Ce dont il ne faut en aucun cas se priver.


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