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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-J.R Hayes
(chant)

-Scott Hull
(guitare)

-Brian Harvey
(batterie)

TRACKLIST

1)Rotten Yellow
2)Jupiter's Eye
3)Deathripper
4)Throught Crime Spree
5)Cemeterey Road
6)Lesser Animal
7)Phantom Limb
8)Loathsome
9)Heathen Temple
10)Fourth Degree Burns
11)Alexandria
12)Girl In the Slayer Jacket
13)Waist Deep In Ash
14)The Machete Twins

DISCOGRAPHIE


Pig Destroyer - Phantom Limb



Imaginons un instant que nous mettions en image, sous forme d’un film, les univers des groupes de death-metal. On aurait des résultats assez convenus, comme par exemple un bon film gore de série Z pour Cannibal Corpse, un film d’horreur où des prêtres se font dézinguer par des démons pour Deicide, un film de zombis cannibales pour Mortician, une série sur les dérives horrifiques et perverses de la médecine moderne pour Carcass ou encore un film de guerre totale avec bidoche qui vole et explosions en chaîne pour Bolt Thrower. Et pour Pig Destroyer ? Un film de série Z sur l’abattage des porcs, un snuff-movie sadique mettant en scène des hordes de cochons ?

Quoiqu’il en soit, ça ne devrait pas être beau à voir. Depuis 1997, les Ricains de Pig Destroyer hurlent leur haine de ces sympathiques animaux dans lesquels tout se mange, et ce Phantom Limb est ici leur troisième véritable album. Pas de surprises pour ceux qui auraient écouté Terrifyer (en 2004), on est toujours dans le domaine du grind/death. Pas totalement grind dans l’esprit mais pas non plus death dans la construction, Pig Destroyer joue sur plusieurs tableaux pour nous découenner la tête. Dans les caractéristiques du grind, on a les chansons très courtes (entre une et trois minutes pour la plupart) et de ce fait, une durée totale excédant à peine la demi-heure (si on retire l’outro dispensable de sept minutes), mais aussi la voix très saturée et criarde, pas tout à fait growlée mais assurément hurlée.

On retrouve par contre certains riffs plus typés death-metal (comprenez : plus posés, moins hystériques, et qui d’ailleurs sont en général bien burnés) comme sur "Loathsome" ou "Heathen Temple", se rapprochant vaguement parfois d’un Carcass ou d’un Aborted. Bref, un mélange sur le papier tout à fait heureux, mais qu’en est-il dans les faits ? Eh bien, force est de constater que les choses sont assez inégales. Pig Destroyer sait ménager des plages lourdes et plus lentes entre deux mouvements à la sauce blast-beats et riffs saturés d’adrénaline, et c’est clairement une bonne chose. Jouer sur les contrastes rythmiques comme ils le font sur "Alexandria" ou "The Machete Twins" permet de renforcer la violence déjà bien marquée sur l’ensemble de ce Phantom Limb.

Violence qui, justement, tend sur certains titres à devenir systématique. La construction des morceaux finit par se ressembler d’un titre à l’autre ce qui est, on en conviendra, un défaut tout à fait mineur pour un groupe aux nombreuses composantes grind. Mais le plus regrettable reste ces vocaux qui ne bougent pas d’un iota tout du long de l’album. Le chanteur sait hurler, ça oui, mais il ne se fera sans doute jamais une place au Panthéon des légendaires gueuleurs de death/grind. Quelle que soit la teneur rythmique mise en place, la voix ne montre aucune variation, pas la moindre petite tentative de diversité, et c’est vraiment dommage à l’heure où beaucoup de formations de l’extrême multiplient les voix et parfois même les chanteurs, illustrant le plus souvent l'efficacité de la recette.

Mais bah, en trente minutes, on a à peine le temps de se lasser. Comme tous les albums de grind ou presque, la brièveté est un élément clef de la musique : rallonger la durée ou le nombre de morceaux rendrait la galette tout à fait indigeste. Finalement, le grind c’est un peu comme une friandise délicieuse mais bourrée de gras, de sucre ou de je ne sais quelles cochonneries (on est en plein dedans, là) : on en mange une ou deux avec plaisir, mais enfilez-vous tout le paquet et vous êtes bon pour un séjour enfermé au WC (voire aux urgences). On signalera pour l’anecdote l’absence de bassiste au sein du groupe, absence qui, du moins en studio, ne frappe véritablement pas vu que dans le grind, le bassiste fait souvent office de figurant.


Un album non dénué de qualités qui aurait gagné à être un poil plus varié mais dont l’efficacité est le plus souvent indéniable : voila un bon résumé du dernier opus de nos amis les terreurs des cochons. Et c’est pas ce bon vieux Justin Bridou qui va me contredire.


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