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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jens Carlsson
(chant)

-Emil Norberg
(guitare)

-Daniel Sundbom
(guitare)

-Frederik Hedstrom
(basse)

-Efraim Juntunen
(batterie)

TRACKLIST

1)Twisted Eyes
2)Slaves Of Labour
3)Sending You Back
4)R.S Knights
5)The Return
6)When Eden Burns
7)Judas Immortal
8)Doomsday News
9)Zion
10)Enter Reality

DISCOGRAPHIE

The Hunter (2000)
When Eden Burns (2006)

Persuader - When Eden Burns
(2006) - heavy metal speed metal - Label : Dockyard1



ue de chemin parcouru par Persuader depuis la sortie de The Hunter. Le heavy-metal très classique et insipide de l'époque a peu à peu laissé place à l'émergence d'un style particulier, que When Eden Burns vient concrétiser et confirmer de fort belle manière. Jens Carlsson a choisi de déléguer la guitare au nouveau venu Daniel Sundbom, ce qui lui laisse l'opportunité de se concentrer sur sa tâche de vocaliste ; tâche qu'il assume de mieux en mieux, au point de devenir, selon moi, l'un des chanteurs les plus impressionnants du circuit.

Parallelement, la musique en elle-même n'a évolué que pour s'inscrire davantage dans la continuité des groupes allemands les plus incisifs : Kreator, Accept, Iron Savior, etc... Un heavy-thrash bête et méchant, pourrait-on penser, qui tend à radicaliser le groupe afin de le faire se démarquer de son influence Blind Guardian. Celle-ci n'en demeure pas moins présente, mais se manifeste plus désormais dans la structure décousue des morceaux, nécessitant plusieurs écoutes avant de piger la démarche. Le projet Savage Circus, impliquant Jens Carlsson et le guitariste Emil Norberg, empruntait déjà cette voie. Malheureusement, et c'est là un point que le groupe gagnerait à travailler, les riffs beaucoup plus simplistes de Perusader mettent en évidence la piètre qualité - voire l'absence - de transitions, celles-là même qui insufflent l'unité et la compacité si percutante des chansons des bardes allemands.

La science du refrain, en revanche, ne fait pas défaut aux Suédois ; et ce dès le bastonnant "Twisted Eyes", où Jens Carlsson s'envole très haut. Autre innovation, un growl plus présent, souvent en conclusion de refrain, s'ajoutant encore à l'agressivité ambiante. Persuader sait aussi se montrer plus catchy et rock n'roll, et là encore c'est très réussi : "Slaves Of Labour" ou "Doomsday News" soulagent quelque peu les oreilles de la double grosse caisse, dévoilant une autre qualité du groupe que celui-ci ferait bien d'exploiter davantage à l'avenir. Cela n'empêche nullement "Sending You Back" et "The Return", musicalement très basiques et bourrins, d'être les plus aboutis vocalement et de se révéler formidables vecteurs d'émotions. Jens Carlsson, plus à l'aise dans les graves que par le passé, a gagné une puissance phénoménale et tient pour beaucoup de l'identité du groupe.

Ces morceaux, certes, sortent du lot ; mais tout When Eden Burns possède de sérieuses qualités, assurant aux amateurs de speed qu'il faudra compter avec Persuader maintenant. Leur choix a été d'opter pour la tranche la plus virile du genre, et en cela ils sont aidés par une production des plus claires et minimalistes. Très sporadiquement, seules de légères nappes de claviers adoucissent les guitares hurlantes. Peut-être le groupe n'est-il pas, instrumentalement parlant, à la hauteur de sa voix. "Zion", morceau instrumental justement, est le seul à rassembler un minimum de bons plans guitaristiques ; les autres sont trop dilués, trop marginaux, comme peut l'être le solo très flamenco de guitare folk au sein de "Judas Immortal". Original. Mais ce sont l'énergie et la mélodie qui prévalent. Persuader, indéniablement, franchit un cap avec cet album et a de quoi rallier à sa cause bon nombre de metalleux. A tenter.




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