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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-George "Corpsegrinder" Fisher
(chant)

-Randy Butman
(basse+chant)

-Jay Fossen
(guitare)

-Jack Goodwin
(guitare)

-Nick Goodyear
(batterie)

TRACKLIST

1)Darklands
2)Butcher's Bargain
3)Bleed The Meek
4)The Second Coming
5)Where The Empty Gods Lie
6)Heart For A Heart
7)In My Eyes
8)Erzsebet
9)Promises In Blood
10)Bring Me The Head Of Christ
11)Through The Fiery Halls
12)The Icy Flow Of Death

DISCOGRAPHIE


Paths Of Possession - Promises In Blood



Décidément la période est propice aux réunions de musiciens connus. Paths Of Possession comporte en son sein un Cannibal Corpse au chant, a compté en ses rangs un ex-Morbid Angel à la guitare (Richard Brunnelle, remplacé par Jack Goodwin depuis), ce Promises In Blood est produit par Erik Rutan (ex-Morbid Angel, Hate Eternal) et le groupe est managé par Andy B. Franck (Symphorce)! Ce n’est plus un groupe, c’est un mini-festival. Ne vous fiez en tout cas pas à la présence de l’ami Corpsegrinder au chant : Paths Of Possession ne sonne pas du tout comme Cannibal Corpse.

Dès le premier titre c’est évident: on est dans un heavy/thrash à guitares parfois mélodiques et pas du tout dans un death furieux. Mis à part la double pédale qui bastonne le plan d’ouverture pourrait venir de n’importe quel groupe de heavy gentil car la mélodie prime sur les riffs. Puis le chant arrive et là c’est autre chose : je ne vais pas vous présenter Corpsegrinder, prenez n’importe quel album de Cannibal Corpse et vous vous rendrez compte par vous-même! Le bonhomme hurle vraiment bien, et il met dans Paths Of Possession l’accent sur son registre aigu, qu’il n’utilise que rarement dans son groupe principal. Le reste du groupe est composé de bons musiciens qui savent sans aucun doute poser un riff ou une rythmique heavy/thrash. Le batteur est un bourrin de bon aloi qui joue bien pour les standards du genre sans être exceptionnel non plus. Par contre il sonne assez mal… La caisse claire n’a aucun impact et la double pédale non plus, même si elle est très audible. Erik Rutan sait beaucoup mieux produire les guitares que la batterie semble-t-il, car celles-ci sonnent aussi bien en rythmique qu’en soli pour un résultat à la fois clean et puissant. Vraiment dommage pour la batterie…

Si le premier titre tape franchement dans le heavy mélodique, le groupe durcit le ton dès les titres suivant. On trouve donc des riffs thrash bien speed comme des passages lourds à la limite du doom ou du hardcore qui pilonnent l’auditeur au sol, et un goût prononcé pour les riffs en twin lead qui rappellent instantanément In Flames. Le chant de Corpsegrinder ancrant irrémédiablement le tout dans l’extrême, Paths Of Possession peut donc être rangé aux côtés des innombrables groupes d’extrême généraliste, ceux qui combinent un peu tout, du heavy au death si ce n’est que les riffs eux-mêmes ne sont que très rarement extrêmes ! Mis à part quelques rares riffs ultrarapides typiquement death, le sommet de la violence est limité aux riffs de thrash Bay Area (comprendre inspirés du « Big Four » composé de Metallica, Slayer, Megadeth et Anthrax) dont cet album est truffé. Cet album risque donc de dérouter les fans d’extrême comme les fans de heavy : les premiers le trouveront peut-être un peu mou du genou tandis que les deuxièmes déploreront l’absence de chant clair et le growl permanent. Ce côté « cul entre deux chaises » ne gênera normalement pas les gens qui accrochent sur le heavy comme sur le death en tout cas.

Paths Of Possession a malheureusement un défaut principal… Voyez-vous, j’écoute souvent mes disques la première fois en faisant autre chose en même temps. Le but : voir si l’album qui passe en fond va me faire bloquer, être suffisamment marquant pour que je lève le nez de ma casserole ou de mon balai. Et Promises In Blood a totalement échoué à ce test hautement scientifique… J’ai juste remarqué à un moment que l’album était fini, basta. Même le growl de Corpsegrinder ne m’a pas fait tiquer! Et plus j’écoute cet album, plus le même adjectif revient à mon esprit : c’est commun. Banal. Bien sûr c’est catchy, bien joué et rempli de riffs. Mais cela n’empêche pas Paths Of Possessions de sonner comme n’importe quelle autre formation du genre! Point d’originalité ici ou de riff révolutionnaire, la seule caractéristique un peu inédite étant l’insertion de passages à la In Flames dans un heavy/thrash classique. Pas de quoi fouetter un chat, et j’avoue que quand j’ai pris connaissance de l’histoire du groupe et des membres de son line-up j’ai été d’autant plus déçu. Comme pour Scum et Painmuseum le constat revient : quand on est un all-star band on n’a pas le droit d’être moyen.


Promises In Blood va donc rejoindre dans mon esprit les innombrables autres groupes résumables au commentaire «pas mal, bien foutu, sûrement dévastateur en live, mais pas assez original pour mériter une super note». C’est triste de devoir faire un commentaire comme ça sur un album qu’un néophyte trouverait sûrement génial… Mais voilà, je ne suis pas un néophyte. J’ai écouté des dizaines et des dizaines d’albums de métal extrême, et cet album pourtant loin d’être mauvais ne présente aucune caractéristique qui va l’empêcher d’aller prendre la poussière sur l’étagère-à-promos sans jamais retrouver le chemin de mon lecteur. A réserver aux vrais fans du genre.


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