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CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 22 février 2009
Sa note : 14.5/20

LINE UP

- Sander Gommans
(chant+guitare)

- Peter Vink
(basse)

- Arien Van Weesenbeek
(batterie)

+ de nombreux invités

TRACKLIST

1)System Overload
2)Request
3)Let Go
4)Terrorist
5)Pedestal
6)On Hold
7)Breakdown
8)March
9)Perfect
10)Fight or Flight
11)Fine Lines

DISCOGRAPHIE


HDK - System Overload



On peut tout mettre ou presque dans une salade. Quels que soient les ingrédients que l’on a à disposition, le tout est de les marier de manière cohérente, de les faire cohabiter ensemble sans que le goût de l’un ne parasite celui d’un autre. C’est là qu’intervient le rôle de la sauce, ou plutôt de l’huile d’olive en ce qui concerne votre chroniqueur-cuisinier préféré, apportant tout le liant nécessaire et mariant les différentes saveurs entre elles.

Car c’est une véritable salade composée que nous propose HDK avec cet album. Sous cet acronyme se cache Sander Gommans, guitariste et compositeur du groupe Hollandais de metal symphonique After Forever qui vient justement d’annoncer sa séparation à quelques jours de la sortie de ce System Overload. Coincidence ? De toute façon HDK est présenté avant tout comme un projet de son géniteur et non pas comme un groupe, au moins les choses sont claires. Gommans a donc tout composé et s’est entouré de nombreux musiciens invités, certains sur tous les titres (Peter Vink à la basse et Arien Van Weesenbeek d’Epica, ex God Dethroned, à la batterie) d’autres sur quelques uns seulement, comme Arjen Anthony Lucassen d’Ayreon à la guitare ou Joost van den Broek d’After Forever aux claviers, discrets. Il s’est réservé la guitare (rythmique, acoustique et lead) et le chant, ou plutôt une partie des innombrables styles vocaux qu’on retrouve ici. Car autant le dire tout de suite : la multiplication des intervenants nuit quelque peu à la cohérence de l’album qui semble partir dans tous les sens lors des premières écoutes.

Prenons par exemple le cas du morceau titre qui ouvre l’album : à un début direct et agressif très thrash avec une voix death-black succède un pré-couplet plus mélodique puis un refrain sur lequel la voix fait fortement penser à du Evergrey. Melting pot plutôt réussi ou bouillie incohérente ? Ce morceau (comme de nombreux autres heureusement) se situe plutôt dans la première catégorie. C’est le cas aussi du très bon "Request", plus posé, sur lequel la voix claire du « special guest » Andre Matos est presque méconnaissable (elle est mixée avec d’autres voix plus agressives). Un refrain très mélodique mais un peu facile donne un potentiel de hit single à ce titre, la voix death arrivant plus tard. Les morceaux les moins surprenants sont finalement les plus violents, ceux sur lesquels Sander Gommans a l’occasion d’exprimer sa rage sans aucune contrainte, comme par exemple ce "Let Go" et son riff à la Machine Head, le violent "On Hold" ou encore ce "March" au rythme effréné sur lequel Arien Van Weesenbeek envoie du lourd derrière ses fûts.

A partir du quatrième titre apparaît une voix lyrique féminine, celle d’Amanda Somerville (connue pour ses collaborations avec Avantasia, Epica, Kamelot…). Son absence des premiers titres est peut être une volonté de Gommans afin d’éviter les parallèles avec son ancien groupe, tout comme l’absence totale de tout élément symphonique. Cependant sur la deuxième partie de l’album elle s’affirme comme un élément important, jouant le rôle de contrepoint des voix death dans une alternance classique de type « La Belle et la Bête ». Ainsi "Terrorist", "Pedestal" (et sa délicate intro), "Breakdown" ou encore "Fight or Flight" suivent tous ce schéma, alternant chants death ou black, voix claire agressive masculine et la voix d’Amanda, tantôt lyrique tantôt plus éthérée. Une recette un poil lourdingue, même si c’est en général bien fait et efficace. L’autre vrai problème se situe dans l’absence de mélodies réellement marquantes et mémorisables. C’est trop peu souvent le cas et certaines de ces mélodies ne sont pas du meilleur gout. Heureusement que les riffs sont là, plutôt thrash dans l’esprit, pour lier le tout et tenter de donner un peu d’homogénéité.


Sander Gommans a composé cet album lors d’une période difficile de sa vie, paraît-il, qui a conduit au split d’After Forever. System Overload apparait ainsi comme un défouloir pour le musicien qui y a mis absolument tout ce qu’il avait sur le cœur, au détriment parfois de la cohérence de l’ensemble. Sa salade est copieuse, parfois à la limite d’être écœurante, pourtant les ingrédients qui la composent sont de qualité et le gout final s’avère être plutôt bon en bouche. Il manque juste un peu d’huile d’olive…


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