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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 22 février 2009
Sa note : 11/20

LINE UP

-Benjamin Holson
(chant+guitare)

-Paulo Curralo
(guitare)

-Briac Maillard
(basse)

-Romain Roulleau
(batterie)



TRACKLIST

1)Invocation
2)Si près et si loin
3)Passer devant
4)Rien ni personne
5)Cliché (de vie instantanée)
6)Sans aucun répit
7)Survole tout ça
8)Dans l'urgence
9)Un peu plus loin
10)N'oublie pas

DISCOGRAPHIE

Holson (2008)

Holson - Holson
(2008) - pop rock hard rock - Label : Gofannon Records



Entendons-nous bien : je n'ai aucun problème avec le chant en français en général... À condition que les textes soient bien torchés, bien intégrés aux lignes de chant, à la musique et inversement. Car rien de pire que des textes bâclés ou pas terribles pour vous faire « sortir » de la musique. Rares sont d'ailleurs les groupes à pouvoir se targuer de faire du chant en français une force, mais ceci est un autre débat. Dans le cas d'Holson, dès le premier couplet, l'histoire était presque pliée : l'écoute allait être longue, trop longue.

Bref, Benjamin Holson chante en français, plutôt pas mal d'ailleurs... Belle voix, rocailleuse, bien maitrisée, parfaitement adaptée au blues/hard-rock qui l'entoure. Non, le problème c'est les textes, vraiment pas terribles. On sent qu'il y a du boulot derrière, de la volonté de faire des métaphores recherchées, des rimes travaillées, et pourtant le résultat reste désespérément plat ou pire, prête à sourire. Les clichés tombent à la pelle ("Passer devant"), les thématiques sont galvaudées ("Dans l'urgence") et les phrases surréalistes qui n'ont pas une suffisamment de poésie pour les sauver du ridicule ("Rien ni personne"). On est malheureusement bien loin de la rage d'un Trust ou de la poésie absurde d'un Bashung (pour ne citer qu'eux).

Force est d'admettre qu'après deux ou trois écoutes, on a plus l'impression d'un album de variété lambda avec une musique un peu plus couillue que d'habitude. Impression d'ailleurs amplifiée par une production un peu trop propre et lisse : vu le style pratiqué, une prod' un peu plus rapeuse aurait été du meilleur effet. C'est d'autant plus dommage que musicalement Benjamin Holson s'en sort plutôt bien. Balançant d'excellents riffs tendus et orientés rock ("Invocation", "Sans aucun répit", "N'oublie pas"), avec parfois une petite pointe funky ("Cliché"). La section rythmique, efficace et groovy, se fait visiblement très plaisir et nous fait plaisir, pour peu que l'on arrive à faire abstraction des paroles. Ce qui finit par arriver si l'on écoute suffisamment l'album, nous permettant de découvrir quelques bonnes chansons : "Cliché (de vie instantanée)", "Sans aucun répit" ou encore "Invocation".


Après plusieurs années passées à jammer ici où là, à courir les scènes parisiennes, Holson se décide à sortir un album. Fort d'une solide expérience guitaristique, il balance de très bons riffs et soli blues rock (voire hard rock). Malheureusement, il a décidé de chanter en français et ses talents de parolier sont bien loin de ceux développés à la guitare et il vous faudra une solide dose d'abstraction pour passer outre les paroles et apprécier les morceaux qui peuplent ce premier album.


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