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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 22 février 2009
Sa note : 14/20

LINE UP

-Ruben Picazo
(chant)

-Roberto Garcia
(guitare)

-Jose A. Quiles
(guitare)

-Paco Castillo
(basse)

-Helios Garcia
(batterie)

TRACKLIST

1)Legacy of Blood
2)Two Seconds to Forget Your Name
3)Under the City Lights
4)Remember the Tragedy
5)The Journey
6)Tears of Pain
7)Infancia Eterna
8)Come to Me
9)Taking a Look

DISCOGRAPHIE


Cain's Dinasty - Legacy Of Blood



Chez les Éternels, on est des mecs cool. Alors quand un jeune label nous « oublie » à la sortie d’un album, et nous le renvoie 6 mois plus tard à l’occasion de la première venue du groupe en question en France (Cain’s Dinasty ouvrira pour Black Rain sur une dizaine de dates début mars), on ne se formalise pas et on se débrouille pour assurer la promo dans les délais. Et en plus, on remercie Melodica pour le joli digipack, ça nous change de l’emballage en carton ou de la charrette de MP3 watermarqués. C’est pas beau ça ?

«-A l’image de cette pochette nous montrant 3 jeunes femmes dénudées dans une forêt prenant des poses lascives, Cain’s Dinasty est un groupe de metal gothique…
-Stop, coupez, arrêtez tout ! Eh Coco, tu l’as écouté au moins cet album ?
-Ben non, tout le monde sait que les chroniqueurs n’écoutent jamais les CD qu’ils reçoivent…
-Ouais ben écoute-le celui-là, et reviens quand tu auras bossé ton texte !
»
Bon, OK, exécutons-nous. Tiens, un break de batterie pour commencer, puis un riff acéré, de la double pédale, un chanteur qui fonce tête baissée dans les aigus… Mais c’est du speed mélo ce truc ! Et du bon en plus, pêchu, conquérant, avec de jolies mélodies et un bon refrain facilement mémorisable (forcément, s’il n’y a pas tout ça, c’est du speed mélo beaucoup moins bon, comme le final "Taking a Look"). Ah ouais d’accord, en fait, les 3 lesbiennes à moitié à poil sur la pochette, c’est juste une astuce marketing pour gonfler les chiffres de vente !

Pas idiots, nos jeunes Espagnols ont décidé de brouiller les pistes et de ne pas se laisser enfermer dans un seul genre. Excellente stratégie, qui leur permet d'éviter de donner le bâton pour se faire battre en apparaissant comme un clone de telle ou telle référence du metal. Sur Legacy Of Blood, on retrouve une grosse louche de speed mélodique, mais Cain's Dinasty sait aussi lever le pied et proposer des titres plus posés, plus mélodiques, avec parfois un côté symphonique très bien dosé. Le recours au chant féminin ("Two Seconds to Forget Your Name") est fait avec parcimonie, les arrangements aux claviers évitent les boursouflures, les mélodies et les refrains sont toujours très soignés… On retrouve même des références étonnantes à chercher du côté du black sympho, avec notamment l'excellente intro de "Under the City Lights" qui fait penser au Enthrone Darkness Triumphant de Dimmu Borgir et même quelques blast beats sur "Infancia Eterna" !

S'il fallait tout de même dégager une influence qui revient un peu plus que les autres, on citerait les vieux Edguy. Quand Cain's Dinasty met la patate, on retrouve une fougue doublée d'une certaine naïveté qui rappelle immanquablement un album comme Vain Glory Opera. Des titres comme "Legacy of Blood" ou "Tears of Pain" apportent une certaine fraîcheur comme Edguy ou Sonata Arctica avaient su le faire à leurs débuts. On pense également aux Allemands avec la ballade "Come to Me", ce qui n'est pas un bon point quand on connaît les difficultés chroniques de Sammet dans cet exercice. Seul véritable impair de cet album, "Come to Me" est trop mielleuse et surtout interminable avec 6 minutes 30 au compteur ! De plus, Ruben Picazo manque parfois de justesse, un défaut récurrent sur cet album, notamment dès qu'il tente de donner un ton agressif à son chant. C'est sans doute dans ce domaine que Cain's Dinasty dispose de la plus grosse marge de progression.


Et bien, pour un premier album, c’est pas mal du tout ! Contrairement à pas mal de jeunes groupes de heavy, les Espagnols ont su piocher à droite et à gauche avec intelligence et ne pas se cantonner à une influence unique et mal digérée. S’il est un peu tôt pour parler d’identité propre au groupe, on saluera l’effort de variation sur les titres et la qualité technique de ces jeunes loups ambitieux. Pour une première signature, voilà une excellente pioche pour Melodica avec ce petit groupe à l’avenir prometteur.


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