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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 18 février 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Steffen Kummerer
(chant+guitare)

-Christian Muenzner
(guitare)

-Jeroen Thesseling
(basse)

-Hannes Grossmann
(batterie)

TRACKLIST

1)Anticosmic Overload
2)Choir of Spirits
3)Universe Momentum
4)Incarnated
5)Orbital Elements
6)Desolate Spheres
7)Infinite Rotation
8)Noosphere
9)Cosmogenesis
10)Centric Flow

DISCOGRAPHIE


Obscura - Cosmogenesis
(2009) - death metal metal prog technique - Label : Relapse Records



Il y a du beau monde dans ce nouveau quartet. Fondé sous la houlette de Steffen Kummerer, le groupe accueille depuis peu en son sein deux transfuges de Necrophagist (batterie et guitare) et un autre de Pestilence, le renommé Jeroen Thesseling à la fretless basse. Après un album sorti en 2004 avec un line-up totalement différent – sauf pour son leader Kummerer – et passé plutôt inaperçu dans l’hexagone, Obscura revient avec un concept futuriste et une sacrée envie de faire parler d’eux. Ce qui semble plutôt bien parti.

Ce n’est pas pour rien que Kummerer a été débaucher ses nouveaux compagnons de route dans la sphère du metal extrême technique. La musique de ce Cosmogenesis est résolument dans cette même veine, à savoir du death metal très technique, virtuose, complexe et pas facile à la première écoute. Les influences évidentes sont – sans surprise – Cynic, Atheist, Death (période Individual Thought Patterns), et toute cette frange de groupes flottant entre les eaux de l’extrême progressif et du death technique. On en retrouve tous les éléments : rythmiques tordues et changeantes, breaks incessants, production froide et propre, mais surtout cette basse fretless très présente qui apporte sa sonorité particulière, faisant immanquablement penser à Steve Di Gorgio, visiblement une influence majeure pour Thesseling. Comme la plupart des bassistes évoluant dans ce genre (citons Emilio Dattolo d’Illogicist), il n’hésite pas à trancher avec son rôle souvent en retrait et à monter dans les aigus, faire des solos et rompre avec les guitares en brodant ses propres mélodies.

Techniquement largement au point, Obscura parvient tout de même à composer des titres puissants et séduisants, qui pourront plaire à ceux que le côté technique laisse (au mieux) froid, voire carrément ennuie au plus haut point. Loin de faire de la virtuosité son seul argument, Obscura se fend d’un album de death de haute volée, aux influences multiples, un poil rétro dans l’optique mais résolument moderne dans la production. Malgré tout, il manque à Obscura une prise de recul sur son travail pour le rendre un peu moins touffu et indigeste. Les cinquante minutes que durent l’album ne sont pas faciles à appréhender en une fois, tant le propos est chargé et sans répit. Malgré des cassures de temps à autre à coup de guitares acoustiques ("Universe Momentum", "Noospheres"), de riffs mélodiques souvent très réussis ("Infinite Rotation", "Choir of Spirits") et de belles envolées guitaristiques ("Cosmogenesis", "Anticosmic Overload"), il est difficile de s’y retrouver dans cette jungle touffue de riffs et de breaks. Même l’instrumentale "Orbital Elements" ne rompt pas suffisamment avec le reste pour aérer Cosmogenesis.


Pour autant, cet album d’Obscura est une nouvelle bonne surprise en ce début d’année 2009 qui commence décidément très bien pour les aficionados de death. Avec Cosmogenesis, les amateurs seront comblés, les nostalgiques de la grande période du death technique des années 90 également, avec l’emploi ponctuel d’un vocoder sur la voix de Kummerer – tout le monde ou presque y trouvera son compte. Seuls les allergiques à un death froid, technique et cosmique retourneront écouter en râlant Napalm Death et Obituary. Tant pis pour eux.


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