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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Ian Anderson
(chant+guitare+flûte)

-Martin Barre
(guitare)

-John Evans
(claviers)

-Barriemore Barlow
(batterie)

-David Palmer
(claviers)

TRACKLIST

1)North Sea Oil
2)Orion
3)Home
4)Dark Ages
5)Warm Sporran
6)Something's On The Move
7)Old Ghosts
8)Dun Ringill
9)Flying Dutchman
10)Elegy
11)

DISCOGRAPHIE


Jethro Tull - Stormwatch
(1979) - rock hard rock - Label : Island Records



Après l'été (Songs From The Wood) et l'automne (Heavy Horses), voici l'hiver (cf. le verso de la pochette avec l'ours blanc qui rappelle la pub Coca Cola). Complètement démoli par les critiques à sa sortie, Stormwatch avait de quoi dérouter puisque les arrangements parfois pompeux de David Palmer ne sont pas sans rappeler la démarche qu'avait eu Phil Spector sur le Let It Be des Beatles. Une comparaison qui en dit long sur le contenu de Stormwatch, les premières écoutes sont vraiment douloureuses pour l'auditeur.

Une fois cette première étape passée, Stormwatch s'avère nettement plus intéressant que Heavy Horses, plus risqué et plus contrasté aussi. En effet, là où Heavy Horses était assez répétitif dans son ensemble, Stormwatch n'hésite pas à passer sans crier gare de moments calmes à des passages proches du hard rock. Ceci dit, certaines critiques émises à son sujet sont tout à fait justifiées, notamment sur les titres plus faibles, sonnant un peu trop "fleur bleue" pour être honnête ("Flying Dutchman", "Elegy"). Ian Anderson apparaît peu crédible à vouloir jouer les romantiques sur la ballade "Home", une sorte de remake du "Live And Let Die" de Paul McCartney à la sauce Jethro Tull. Les refrains ne sont pas toujours top non plus (le pénible "Orion").

"Something's On The Move" sonne limite hard rock, on jurerait presque entendre du Deep Purple sur cette chanson tellement le riff de Martin Barre se rapproche des délires de Ritchie Blackmore. Dès son intro, avec le riff et les claviers, on ne s'attend qu'à une seule chose: voir Ian Gillan débouler avec sa voix rauque "All riiiiiight!!!" suivie d'une petite gueulante dans les aiguës! Les deux instrumentaux, "Warm Sporran" et "Elegy" (le seul titre composé par David Palmer, tout le reste provient de la plume de Ian Anderson) sont tout à fait convenables mais pas du niveau de l'instrumental de l'album suivant, The Pine Marten's Jig.

A la limite, on est même heureux quand Jethro Tull sort du cadre habituel de l'album, comme sur l'acoustique "Dun Ringill", véritable bouffée d'oxygène face à un album peu spontané et fignolé dans ses moindres détails. "Dun Ringill" à elle seule enterre toutes les roucoulades acoustiques d'Aqualung car l'ambiance dégagée ici y est infiniment plus palpitante. Les meilleurs titres rendent Stormwatch plus que recommandable (sauf pour ceux qui débutent dans l'univers de Jethro Tull, il ne vaut mieux pas commencer par ce disque): "North Sea Oil" s'inscrit dans la lignée de ce que le groupe à toujours fait de mieux, guitares heavy, flûte et rythme effréné pour la section basse-batterie. Dans les années 80, Jethro Tull perdra progressivement la rapidité qui caractérisait les albums de son âge d'or et adoptera des rythmes plus carrés.

"Flying Dutchman" et "Old Ghosts" fonctionnent bien dans leur trip romantique. Mais c'est surtout "Dark Ages", longue pièce de neuf minutes, autrement plus réussie que le "No Lullaby" de Heavy Horses, qui retiendra l'attention. Dark Ages alterne passages "dark" (sans blague!) au piano avec riffs heavy et choeurs classieux, un régal! Même David Palmer reste sobre ici, il n'en fait pas des tonnes et ses arrangements contribuent à magnifier les montées en puissance du refrain majestueux. "Dark Ages" a tout à fait sa place aux côtés des chefs-d'oeuvre du groupe, Thick As A Brick et A Passion Play. Stormwatch est le dernier album du groupe sous ce line-up, c'est ensuite sur l'album A que Ian Anderson et le fidèle Martin Barre poursuivront la recherche de nouvelles sonorités.




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