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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 30 janvier 2009
Sa note : 16/20

LINE UP

-Björn "Speed" Strid
(chant)

-Peter Wichers
(guitare)

-Ola Frenning
(guitare)

-Ola Flink
(basse)

-Sven Karlsson
(claviers)

-Dirk Verbeuren
(batterie)

TRACKLIST

1)Stabbing The Drama
2)One With The Flies
3)Weapon Of Vanity
4)The Crestfallen
5)Nerve
6)Stalemate
7)Distance
8)Observation Slave
9)Fate In Motion
10)Blind Eye Halo
11)If Possible
12)Wherever Thorns May Grow

DISCOGRAPHIE


Soilwork - Stabbing The Drama
(2005) - néo metal metalcore - Label : Nuclear Blast




L'équation s'est vérifiée à d'innombrables reprises : plus la dose de métal traditionnel laisse la place à du core et du néo dans l'évolution d'un groupe, plus le métalleux moyen crie au scandale... et ceci indépendamment du degré de talent dans le nouveau genre abordé. C'est exactement ce qui est arrivé à Soilwork avec Stabbing The Drama : s'ils ont eu la bonne idée de cesser l'approche du sur-place propre à Figure Number Five et de repartir, ils ne l'ont pas fait dans la direction que la majorité des fans espéraient.


Ajoutez à ça une pochette franchement laide et en rupture totale avec l'identité graphique que le groupe s'était créée auparavant, et vous obtenez un rejet collectif relativement compréhensible. Sauf que... sauf que pour le fan de musique au sens large, celui qui s'en tamponne du genre du moment que c'est bon, l'équation citée précédemment n'a aucun sens. Qu'on groupe de métal gothique fasse soudainement de la pop-rock ne pose aucun souci si c'est de la pop-rock qui tue (sauras-tu saisir cette référence, ami lecteur ?) et pour le groupe de melodeath qui fait du metalcore / néo c'est pareil : tant que la musique est bonne, foin de conventions inutiles. Et coup de bol, Soilwork se révèle être un groupe de metalcore / néo doué. Premier exemple : le riff de marteau-piqueur portant le morceau-titre est terrifiant de puissance et de simplicité et rend la compo culte. Idem pour celui de "Nerve" qui lie une approche de mitraillette rythmique à la Fear Factory à un sens redoutable de la syncope : la tête part instantanément puis c'est tout le corps qui suit. Le son alloué au nouveau venu Dirk Verbeuren est un peu trop mécanique et artificiel mais ce dernier se fend d'une partition tellement puissante et technique sur tout l'album qu'on lui pardonne très vite. Rien que la batterie fait passer Soilwork dans une dimension de jeu supérieure, et en ajoutant le chant possédé de Strid ça ne gâte rien. Le vocaliste atteint des sommets dans sa partie : de ses hurlements toujours au poil à son chant clair encore plus mélodieux et maîtrisé qu'avant c'est un sans-faute complet.

Stabbing The Drama est le premier album qui ne reprend pas les recettes de A Predator's Portrait d'une manière ou d'une autre et c'est fort heureux . Le groupe assume son évolution à fond : les riffs sont simples et catchy, ils n'ont plus rien de technique ou presque et c'est comme ça. Adieu les derniers restes de tricotage, bonjour l'efficacité à fond et la syncope qui fait jumper. Certains tics de composition restent agaçants tout de même, comme les refrains clairs systématiques qui continuent à sonner comme une figure imposée. Celui de "Stalemate" est par exemple très dispensable et gâche un titre thrashcore speedé assez jouissif, porté par le débit de Strid et le groove fantastique de Verbeuren. Mais face à ce cliché pénible on trouve un nombre non négligeable de réussites teintées d'invention. Il y a les couplets dépouillés de "One With The Flies" ; ceux, chantés, de "Observation Slave" qui laissent magnifiquement ressortir la basse de Flink. Il y a ce "Fate In Motion" qui voit Strid émuler Marylin Manson sur un fond tout en effets et en ambiances synthétiques... c'est un nouveau Soilwork qui s'exprime. Qui reprend enfin des risques, qui redevient imprévisible et qui produit une musique de qualité au passage en plus d'être terriblement in your face. "Blind Eye Halo" part ainsi pied au plancher et colle au mur (blast-beaaaaaat !) sans pour autant émuler le Soilwork d'autrefois. Et la manière dont une compo tubesque comme "Nerve" se révinvente sans cesse est très symbolique : ça cherche à faire quelque chose, là. Ca crée.


Stabbing The Drama est le genre d'album qui rassure. L'inventivité y est palpable, et le contraste avec les albums qui l'encadrent dans la discographie du groupe est d'autant plus criant. Dénigré par le plus grand nombre, cet album repoussera autant les puristes du melodeath qu'il attirera les amateurs de métal catchy, racé et sincère. A redécouvrir d'urgence.


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