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CHRONIQUE PAR ...

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Adam Weishaupt
Cette chronique a été mise en ligne le 28 janvier 2009
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Chris
(chant)

-Bob
(guitare)

-Lahuche
(basse)

-Jojel
(batterie)

TRACKLIST

1)Not Sell My Life
2)Naked Lady
3)We're Gonna Celebrate
4)Wild Flower
5)Can't Play The Blues
6)You're Wrong
7)Falling
8)Boncha TV
9)Limousine
10)Ride Me In Hell
11)Don't Turn Around
12)Start The Race

DISCOGRAPHIE


Boneshaker - Start The Race
(2008) - hard rock - Label : Gofannon Records



Boneshaker, comme le premier prototype du vélo à pédales (ou le dvd des 25 ans de Motörhead, si vous préferrez). Start the Race, comme heu… Bon, vous voyez très bien où tout cela va nous mener. Une fois n’est pas coutume, c’est un cousin de Nashville Pussy, V8 Wankers et autres déclinaisons joviales de la recette Hard Rock post-Lemmy qui débarque. De Pau, cette fois-ci. Et moi de sérieusement songer à investir dans un de ces fameux Review-O-Tron, ces générateurs automatiques de chroniques parfaitement indiqués pour ce genre d'albums.

Plus sérieusement, quelque chose de rassurant au sujet de "Not Sell My Life" (pour peu que l'on passe sur la syntaxe un peu douteuse), c'est qu'on y constate rapidement à quel point le son est gras, à l'ancienne, bref, "comme y faut" : pas de dopage aux hormones, de culte du "gros son" qui ne trompe personne comme on le trouve dans les grandes largeurs chez, au hasard, Chrome Division. Déjà, ça, c'est pas mal (en plus d'être Français). Vient ensuite la pèche sympathique du groupe au grand complet (bon, ce morceau d'ouverture, avec le dernier, est celui qui enfonce le plus le clou à ce niveau) qui s'en sort de manière tout à fait honorable dans son émulation de Hard Rock punkoïde des années 80. C'est simple, pendant quelques secondes, on se croirait face à Let Them Eat Pussy, à savoir ce que Nashville Pussy a fait de mieux jusqu'à présent. On y croit jusqu'à ce que la voix débarque. Autant dire que les amateurs de Bon Scott, Biff Byford et autres vocalistes aigus un peu criards peuvent se frotter les mains.

Les autres, qui s'attendaient à quelque chose d'un peu plus… Enfin, d'un peu moins… Bref, les autres vont devoir faire avec. Si on ajoute à ça une science des chœurs heavysant aussi indéniable qu'inappropriée associée à un son de guitare lead lui aussi dangereusement connoté, on obtient un mélange heavy/punk qui doit certainement avoir ses aficionados quelque part. Premières secondes un peu trompeuses, donc. Cela dit, si Start The Race a bien une qualité objective, c'est de ne jamais faiblir et d'être constant dans son propos. Les morceaux s'enchaînent sans temps mort (bon, sauf en ce qui concerne "Falling", la semi-ballade qui s'énerve quand même un peu en cours de route), ce qui fait qu'à peu près n'importe quelle piste est représentative du tout. Même le côté bluesy téléphoné de "Boncha TV" (avec harmonica et tout) ne tache pas par rapport au reste. C'est dire.


En mettant de côté l'immense lassitude éprouvée par le chroniqueur à l'écoute d'un nième ersatz de Motörhead, il faut bien reconnaître à Start The Race son potentiel à plaire à un public qui ne demande que ça. La couleur est annoncée rapidement, les promesses tenues, le côté old school semble tout à fait sincère et on devine sans mal le potentiel live du groupe. Mais de telles qualités ne suffiront jamais à masquer un manque cruel de personnalité, écueil qu'on pourrait presque considérer comme inhérent au style si Nashville Pussy n'avait pas déjà prouvé il y a dix ans qu'il était possible de s'en tirer avec les honneurs.


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