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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Ian Anderson
(chant+guitare acoustique+flûte+saxophone)

-Martin Barre
guitare)

-John Evan
(piano+orgue+accordéon)

-Jeffrey Hammond-Hammond
(basse)

-Barriemore Barlow
(batterie)

TRACKLIST

1)War Child
2)Queen and Country
3)Ladies
4)Back-Door Angels
5)Sealion
6)Skating Away on the Thin Ice of the New Day
7)Bungle in the Jungle
8)Only Solitaire
9)The Third Hoorah
10)Two Fingers

DISCOGRAPHIE


Jethro Tull - War Child
(1974) - rock - Label : Chrysalis UK



Profondément blessé par les critiques, Ian Anderson décide de s'éloigner le plus possible de l'ambition démesurée de Thick As A Brick et A Passion Play, avec un album simple, direct et dépouillé : War Child. L'heure de la revanche a sonné, War Child est un bon p'tit album rock des familles et il faudrait en tenir une sacrée couche pour le classer dans le rock progressif (comme c'est le cas pour certains Tull d'ailleurs, soit dit en passant).

Ce qui surprend d'entrée de jeu sur War Child, outre sa pochette pseudo-moderne assez laide, c'est justement son absence d'ambition et son côté "déjà-entendu" : on retrouvera en permanence des éléments d'A Passion Play (l'utilisation du saxophone, Ian Anderson n'a jamais aimé en jouer), Thick As A Brick et Aqualung. Dans sa construction, War Child tendrait davantage à se rapprocher d'Aqualung, dans une version extrêmement simplifiée encore. Pourtant, dès l'intro au piano et saxo sur le morceau-titre, on se croirait encore sur le théâtral A Passion Play... clin d’œil ? David Palmer (oui, celui qui a changé de sexe récemment !) n'est pas encore crédité comme membre à part entière du groupe, ses orchestrations légères constituent un plus, elles sont toujours placées avec parcimonie. Les réfractaires à ce genre de procédés pourront toujours avancer l'argument qu'en plein milieu des années 70, leur utilisation n'avait rien d'original dans la musique populaire. Certes !

En plus des guitares à nouveau tranchantes de Martin Barre, souvent proches du hard rock, on oublie d'évoquer les claviers "vintage" de John Evan qui constituent un des éléments-clé du son Jethro Tull des années 70. Leur importance n'est pas à négliger. Même chose pour l'ingénieur du son Robin Black, il sera présent à chaque enregistrement jusqu'à Broadsword And The Beast, tous les albums de Jethro Tull avec lui portent sa griffe. Et son absence sur Under Wraps se fera ressentir, c'est le moins qu'on puisse dire ! La rythmique basse-batterie se démarque également des groupes de rock habituel grâce au toucher "celtique" unique de Barriemore Barlow. Sa participation, 10 ans plus tard, sur le premier album solo de Yngwie Malmsteen en atteste, il y est pour beaucoup dans la coloration folklorique dudit album, pas du tout typé "metal" comme les autres batteurs du Maestro.

Dans un premier temps, War Child ne nécessite pas de nombreuses écoutes, là où ses prédécesseurs, quelque peu surchargés, étaient assez difficiles à assimiler. À l'inverse, War Child n'atteint que trop rarement l'excellence des classiques du Tull, il ne faut pas en attendre autre chose qu'un simple bon album, dépourvu d'ambition. Peut-être que si "WarChild", "Back-Door Angels" et "Bungle In The Jungle" étaient apparues sur Aqualung, elles auraient été considérées comme génialissimes. Mais on ne peut pas en dire autant des autres.

Les morceaux acoustiques ("Ladies", "Only Solitaire", "Skating Away On The Thin Ice Of The New Day") sont sympathiques, mais ils sont expédiés trop rapidement pour pouvoir réellement marquer les esprits, et ce malgré l'utilisation originale d'un accordéon (par John Evan) sur certains d'entre eux. Quelques riffs heavy bien envoyés ("SeaLion"), avec en prime des solos explosifs sur fond d'orgue Hammond ("Back-Door Angels"), un des moments les plus intenses du disque, évoquant un peu Deep Purple par la même occasion. L'humour est toujours présent ("Bungle In The Jungle"), le mélange de styles musicaux antagonistes également, avec une dynamique folk des plus entraînantes ("The Third Hoorah", "Tow Fingers").


Si War Child demeure oublié dans la discographie du Tull, puisqu'il constitue une régression artistique qui se poursuivra sur Minstrel In The Gallery et Too Old To Rock 'n' Roll : Too Young To Die !, il n'en est pas moins assez bon, agréable à écouter, pas prise de tête.


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