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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 11 janvier 2009
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Aldo Lonobile
(guitare)

-Federico Pennazzato
(batterie)

-Andrea Buratto
(basse)

-Antonio Agate
(clavier)

-Roberto Messina
(chant)

-Paolo Gianotti
(guitare)

TRACKLIST

1)Evil Or Divine
2)Stranger In Black
3)From A Dream To A Nightmare
4)Bring On
5)The Shadows Of The Room Of Pleasure
6)Welcome To The Circus
7)The Butterfly Dance
8)Sweet Blood Theory
9)Feed My Fire
10)All These Words
11)Vampire's Kiss
12)The Day At The End Of The World

DISCOGRAPHIE


Secret Sphere - Sweet Blood Theory



On ne peut pas dire que les italiens de Secret Sphere aient jusque-là fait grand bruit. Il est des groupes comme ça, qui sans être foncièrement mauvais, enchainent les albums dans l’ombre des plus grands, éternelles premières parties en concert, sans être forcément moins méritant. Car si l’on fait les comptes, c’est là le cinquième effort des italiens auquel on a droit. Pour combien de succès, de tubes, de hits, d’hymnes ? Pas énormément à vrai dire.

Nous voilà donc avec Sweet Blood Theory. Une pierre de plus dans cet édifice de plus en plus bancal ? Pas sûr… Car lorsque l’on met côte à côte les mots « Italie » et « heavy symphonique », qu’est ce qui vous viendrait en premier ? Rhapsody ? Non, perdu, c’était Rhapsody of Fire. Et pourtant, nous allons voir que musicalement parlant, les deux formations n’ont pas tant que ça en commun. Car si l’on retrouve effectivement dans les deux une composante symphonique, un groupe la considère comme instrument à part entière alors que l’autre s’en sert uniquement du support. Support pour poser des titres qui vont bien plus rapidement à l’essentiel. Attention, Secret Sphere ne prend pas ses auditeurs pour des benêts en jouant la carte de la simplicité outrancière. Les lignes de guitares s’entremêlent avec les leads de synthés sur des rythmiques travaillées et abruptes, appuyées par une double de tous les instants. Il suffit d’entendre "From a Dream to a Nightmare" pour s’en convaincre, bien que le titre pêche par un refrain légèrement banal. Les italiens s’offrent même de pondre un riff accrocheur sur une alternance chœur-guitares des plus réussies avec "Bring On".

Mais a-t-on parlé de la pochette ? Oui, parce que c’est important la pochette. Bon, celle de Sweet Blood Theory est immonde, il faut bien le dire. Car pour cet album, il faut savoir que Secret Sphere a choisi de s’inspirer de l’univers de Tim Burton et plus particulièrement des films Corpse Bride et Nightmare Before Christmas. Alors ok pour l’arrière-plan, qui semble assez cohérent avec ce choix artistique, faute d’être dessiné avec grand talent. Mais coller grossièrement deux bonnasses au premier plan juste pour vendre quelques galettes de plus à l’adolescent pré pubère ou a célibataire endurcit, c’est moyen en plus d’être hors-sujet. Mais revenons à nos moutons. Tim Burton, nous disions donc. Si les paroles traitent effectivement des thèmes qui lui sont chers, on cherche encore le rapport entre ce heavy speed symphonique tout ce qu’il y a de plus… heavy speed symphonique et l’univers de Tim, que l’on associera forcément à sieur Elfman, à par peut-être dans la très réussi chanson-titre. Mais l’on parle uniquement là de cohérence, puisque la musique est en fait assez loin d’être mauvaise. Bah oui, mine de rien, en cinq albums, on a le temps de développer un certain métier.

Car il y a du travail derrière Sweet Blood Theory, c’est indéniable. En cela, Secret Sphere se rapproche parfois de Kamelot, pas nécessairement au niveau du style mais plutôt sur le plan de cette manière de rajouter cette complexité plaisante qui, sans gâcher la première écoute, s’apprécie au fil des écoutes qui permettent de découvrir telle subtilité ou telle mélodie d’arrière-plan à laquelle on avait pas forcément prêté attention et qui pourtant donne tout son sens a tel phrase mélodique. La production prend à ce titre toute son importance. Et si l’on parle ici de subtilité, la puissance est loin d’être mise de côté pour autant. Le riff massif de "Welcome to the Circus" sera là pour vous en convaincre, avec cette double pédale massive et ce mur de guitares surpuissant. Et malgré tout cela, Sweet Blood Theory arrive à développer une certaine fraicheur, une certaine innocence que d’autres ont perdu de puis bien longtemps. Alors, que lui manque-t-il à cette galette ? Et bien des tubes, encore et toujours. Rien ne dépasse vraiment de cet enchainement de titre, ou pas suffisamment longtemps. L’écoute est indéniablement plaisante, mais il n’en restera qu’assez peu en mémoire.


Et c’est certainement cela qui empêche depuis longtemps les italiens d’accéder enfin à la division supérieure. Car là ou Rhapsody of Fire nous a pondu des "Emerald Sword" ou des "Dawn of Victory" que chacun a en mémoire, que retient-on de Secret Sphere. De bons albums, pas plus. Il manque cette étincelle d’inspiration qui transformerait un travail et une application louable en de grands titres. Mais finir sur une note partiellement négative ne serait pas faire justice à Sweet Blood Theory, qui vaut largement que vous y prêtiez attention pour ses nombreuses qualités.


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