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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 22 décembre 2008
Sa note : 12/20

LINE UP

-Rich Lewis
(chant)

-Randy Piper
(guitare)

-Chris Laney
(guitare)

-Nalle Påhlsson
(basse)

-Johan Koleberg
(batterie)

TRACKLIST

1)Cardiac Arrest
2)Can't Stop
3)Don't Wanna Die
4)Crying Eagle
5)Unnatural High
6)Judgement Day
7)Who's Next?
8)Zombie
9)Shoot to Kill
10)L.U.S.T.

DISCOGRAPHIE

Virus (2008)

(2008) - hard rock - Label : Locomotive Records



« Le manuel du parfait métalleux, chapitre 7 : le projet solo. Par opposition à l’album solo vu au chapitre précédent, le projet solo a pour vocation d’être pérenne et démarre souvent sous l’impulsion d’un membre qui quitte son groupe original, quand il ne s’est pas fait virer. » C’est donc bien à un projet solo que nous avons affaire, puisque Randy et ses copains signent là leur troisième effort studio. Et, aussi surprenant que cela puisse paraître, il s’agit bien de hard rock (tiens donc).

Pour ceux qui n’ont pas suivi, Randy Piper a officié à la guitare sur les deux premiers albums des W.A.S.P. avant d’aller faire un petit tour très peu remarqué chez Alice Cooper pour enfin nous revenir avec son projet solo. Et pour donc faire du bon vieux hard rock à l’américaine, genre tellement peu représenté aujourd’hui (sic) qu’il faut faire fort pour en tirer son épingle du jeu. Alors évidemment, il faut s’y attendre, il y a un peu de WASP là-dedans. Forcément. Mais le projet du guitariste arrive à se forger une identité sonore propre, surtout par la modernité de sa production. Car sinon, les racines musicales sont les mêmes et les compositions sont très loin de réinventer la roue. L’influence des gros noms US comme Aerosmith ou Alice Cooper est palpable pour un album qui n’a finalement d’autres prétentions que celle de divertir, auditivement parlant, son auditeur, comme pourrait le faire un bon blockbuster au cinéma. Tout ici est purement immédiat et s’il faut reconnaître un certain talent dans l’accroche mélodique et rythmique à Randy, la durée de vie de l’album en prend un coup.

Car oui, les riffs sont accrocheurs, les refrains fédérateurs, toutes les caractéristiques du bon hard rock sont là. Mention spéciale, d’ailleurs, au chanteur Rich Lewis, dont la tessiture ample sert à merveille le propos du guitariste et dont le grain dans les graves rappelle parfois Jorn Lande, une référence pour le moins prestigieuse. Mais voilà, tout cela n’est pas assez ultime pour en devenir intemporel, comme peut l’être un bon Maiden. Les titres se suivent et se ressemblent, expression qui revient d’ailleurs souvent lorsque l’on chronique ce genre, sans faire s’allumer un cerveau qui ne se contente pas forcément d’être servi comme un bébé à la cuiller. Car la démarche a été inventée il y a beaucoup trop longtemps pour être encore pertinente aujourd’hui et il faut faire preuve d’un sacré talent ou d’une sacrée imagination pour en sortir quelque chose d’encore viable aujourd’hui, là où même ceux que l’on attend se cassent à moitié la gueule (cf le dernier Edguy). Alors voilà, Randy Pipers Animal, ça se laisse écouter dans la bagnole, sur l’autoroute en été, la fenêtre ouverte, et ça s’arrête là.


Un disque à réserver aux amateurs donc, les rares qui ne sont pas encore repus d’un style qui commence sérieusement à tourner en rond faute d’un renouvellement quelconque. Cela dit, peut-il vraiment en être autrement aujourd’hui, quand évolution signifie invention d’une nouvelle étiquette et donc d’un nouveau genre.


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