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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Biff Byford
(chant)

-Paul Quinn
(guitare)

-Graham Oliver
(guitare)

-Steve Dawson
(basse)

-Nigel Glockler
(batterie)

TRACKLIST

1)Rockin' Again
2)Call Of The Wild
3)Back On The Streets
4)Devil Rides Out
5)Rock N' Roll Gypsy
6)Broken Heroes
7)Gonna Shout
8)Everybody Up
9)Raise Some HellGive It Everything You've Got

DISCOGRAPHIE


Saxon - Innocence Is No Excuse
(1985) - hard rock - Label : EMI



Quand on regarde la pochette, une seule question vient à l'esprit : est-ce vraiment un album de Saxon ? Crusader trahissait déjà les intentions de Saxon ; effectuer une percée sur le marché américain. Mais son contenu demeurait encore trop agité (le superbe artwork de l'album aussi d'ailleurs) pour plaire au plus grand monde. Alors, avec Innocence Is No Excuse, Saxon n'a pas lésiné sur les moyens : pochette bien sage (mais le verso l'est beaucoup moins), signature chez EMI, un label d'envergure internationale et des choeurs énormes, prêts à être repris dans les stades par la foule en délire.

Dès les premières notes de "Rockin' Again" et les "ouhouhouh" de Biff, on craint le pire : ça y est, Saxon a viré sa cuti et va nous pondre une ballade d'entrée de jeu ! Heureusement non, la suite est beaucoup plus musclée. Les guitares parviennent assez bien à se fondre dans le moule "US", tout en restant heavy ; le fossé avec l'ancien Saxon existe mais il n'est pas aussi énorme qu'on a bien voulu le dire. C'est surtout au niveau de la production (aseptisée) et de tout le tralala avec les choeurs que la différence est flagrante. Des titres comme "Call Of The Wild", "Everybody Up" et "Back On The Streets" sont heavy et bien balancés, avec des refrains très prenants et des guitares d'une finesse à laquelle Saxon ne nous avait pas habituées. Les deux derniers titres, "Raise Some Hell" et le speed "Give It Everything You've Got" (le seul avec de la double pédale), auraient presque pu apparaître sur Power And The Glory tellement ils sont couillus.

On peut dire qu'avec ça, Saxon pose les bases de son style pour les vingt années à venir. En effet, des disques comme Solid Ball Of Rock, Dogs Of War ou Killing Ground contiennent également des morceaux de ce calibre, et cela n'a choqué personne, preuve s'il en est que les fans ont eu ensuite largement le temps de s'habituer à cette facette "américaine" de Saxon. Écoutez le riff de "Everybody Up" et comparez le avec celui de "You Don't Know What You've Got" sur Killing Ground ; vous verrez que les albums récents de Saxon (hormis le moderne Metalhead, sorte de sous-Blaze et l'excellent Unleash The Beast, le seul album récent digne de rivaliser avec les classiques de Saxon) ne sont vraiment pas très éloignés de Innocence Is No Excuse. Ils sonnent juste plus solides car y'a moins de choeurs et pas de grosse production US. Bref, il est temps de réhabiliter cette période supposée "noire" pour Saxon à sa juste valeur, c'est-à-dire de bonne tenue, sans être exceptionnelle. En tout cas, c'est loin d'être de la daube. Et si Saxon s'était contenté de refaire à l'infini des Wheels Of Steel ou des Power And The Glory, on leur aurait reprocher de s'auto-parodier et de sombrer dans du heavy de seconde zone. D'ailleurs, ils avaient essayé de revenir à du heavy classique un an plus tard avec Rock The Nations et ils s'étaient bien plantés. Le virage "FM" n'était donc pas forcément une mauvaise chose.

Mais en 1985, Saxon représentait avant tout le heavy metal efficace par excellence, les fans n'attendaient pas autre chose. D'autant que tout n'est pas rose non plus, on se serait bien passer d'une chanson aussi nulle que "Broken Heroes", laquelle symbolise trop bien toute la soupe FM des années 80, surtout au niveau des choeurs efféminés. Enfin y'en a qui aiment, "Broken Heroes" a même été réclamé par un fan lors du concert de 2003 de Saxon à Lyon... Et le groupe, véritable juke-box avec ses fans, l'a joué. Le mec qui a fait ça, fallait lui balancer des tomates !!! Heureusement, c'est la seule à être réellement insupportable, pour le reste c'est du tout bon. Comme pour Crusader, l'abus de choeurs peut soûler à force, surtout quand Saxon nous la joue refrain à répétition à la fin de "Rockin' Again" et "Gonna Shout".


Saxon a sûrement influencé Judas Priest qui adoptera le même genre de démarche un an plus tard sur Turbo, et avec la même réussite (et avec un succès commercial bien plus conséquent que celui rencontré par Saxon). Dommage qu'il n'y ait aucun classique de la trempe d'un "Crusader", mais de tous les albums de Saxon sortis pendant la période "américaine" (donc s'étalant de Crusader à Destiny), Innocence Is No Excuse est certainement le meilleur du lot.


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