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CHRONIQUE PAR ...

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Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 19 décembre 2008
Sa note : 12/20

LINE UP

-Mutatiis
(tout)

TRACKLIST

1)Anvil Chorus
2)Prophecy of Misery
3)A Constellation of Souls
4)The Throned Tongue of Requiem
5)Beneath Silent Faces
6)Dark Are My Nights
7)Despair

DISCOGRAPHIE


Elysian Blaze - Beneath Silent Faces
(2008) - black metal doom metal Funeral doom black - Label : Osmose



A peine un an après Levitating The Carnal, Elysian Blaze tente d'insuffler au monde du metal extrême un nouvel élan morbide et nauséabond au travers de Beneath Silent Faces. Mutatiis semble vouloir utiliser les mêmes recettes, en y apportant cependant quelques retouches ne faisant pas perdre le fil destructif de sa musique, mais modifiant la perception de son ambiance, paramètre si important du style Elyséen.

Ceux qui ont apprécié Levitating The Carnal ne seront cependant pas trop dépaysés par les petites évolutions apportées par Mutatiis. Les claviers au son de pianos mélancoliques ont quasiment disparu pour devenir plus contemplatifs et angoissants. La guitare a mué vers un son un peu plus saturé, mais aussi moins tranchant et moins froid, et par conséquent moins typé black metal que sur l'opus précédent. Le ressenti après une écoute complète, même s'il sera propre à chacun, n'en demeurera pas moins assez ambivalent car à la fois plus vide et plus dense. Plus vide car l'ensemble paraît moins profond, plus dense car le son est un peu plus « chaud », et il en résulte un peu plus de difficulté à distinguer certains titres des autres...

"Anvil Chorus" entame pourtant bien la descente telle une longue et morne marche dominée par un riff répétitif mais bien né, recette reprise par la suite sur le titre éponyme. Mais c'est alors que "Prophecy of Misery" renoue avec le genre par ses blasts beats fake, lointains et mats, que l'un des changements opérés devient plus présent : ce cri déchiré et quelque peu aigu, du genre qui met mal à l'aise. Exit le growl black déjà peu présent sur Levitating The Carnal, au grand dam des adorateurs de black. Ce n'est pas la très réussie "A constellation Of Souls", sorte d'intermède assourdissant d'une guitare soliste qui décline sans sourciller ses accords simples et lentement cadencés, qui permettra d'acccuser le choc tant elle s'évanouit tôt.

Au registre des dispensables, les répétitifs et ennuyeux blasts synthétiques du début de "The Throned Tongue of Requiem", qui non seulement est le titre le plus long de l'album, mais aussi probablement le plus difficile à écouter sans regarder le chronomètre. Il en est de même au sujet de "Dark Are My Nights" qui se pose en une sorte de musique de « désambiance » qui ne parvient pas vraiment à ses fins. Enfin, "Despair" clôture le calvaire par un hymne joyeux qui redonne envie de sourire et s'en aller affronter la vie regonflé à bloc, comme pour exorciser le reste. Cela vous étonne? C'est normal, c'est faux. "Despair" reste dans la lignée de ce qui précède, froideur, angoisse, cris déchirés et claviers douloureux.


Petites retouches, grands effets. Là où Levitating The Carnal savait livrer son ambiance ultra dépressive par son aspect dépouillé et lugubre, Beneath Silent Faces semble s'être noyé dans la recherche de petits détails censés faire plus mais qui manquent leur cible, comme l'évolution vocale qui, si elle n'est pas du tout ratée, modifie par trop l'ambiance si imposante de Levitating. L'évolution générale est cohérente, mais elle ne semble rien apporter au schmilblick.


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