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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 18/20

LINE UP

-Timo Kotipelto
(chant)

-Timo Tolkki
(guitare)

-Jens Johansson
(clavier)

-Jari Kainulainen
(basse)

-Jorg Michael
(batterie)

TRACKLIST

1)The Kiss of Judas
2)Black Diamond
3)Forever Free
4)Before the Winter
5)Legions
6)The Abyss of Your Eyes
7)Holy Light
8)Paradise
9)Coming Home
10)Visions (Southern Cross)

DISCOGRAPHIE

Fourth Dimension (1995)
Episode (1995)
Visions (1997)
Visions Of Europe (1998)
Destiny (1998)
Infinite (2000)
Infinite (2000)
Polaris (2009)
Elysium (2011)
Nemesis (2013)

Stratovarius - Visions



Visions, c'est avant tout un contexte. Le groupe venait de sortir Episode, premier effort réellement marquant, après une longue période de changements de line-up divers et d'albums montrant une certaine évolution, mais restant tout de même relativement anecdotiques. Seulement cette fois-ci le leader Timo Tolkki avait tapé juste en embauchant Timo Kotipelto et Jens Johansson qui deviendront par la suite deux références de leur instrument respectif dans le genre. On note aussi l'arrivée de Jörg Michael, doté d'une frappe de mule qui correspondait bien à l'orientation musicale plus speed que prenait Stratovarius à cette époque. Bref, fort d'une galette précédente dotée de grandes qualités et d'un line-up enfin stable composé de valeurs sûres, le quintet se devait de transformer l’essai.

L'album en question commence donc par un mid-tempo, "The Kiss Of Judas", qui met déjà en avant les qualités de la formation, à savoir un bon sens de l'accroche, grâce à une excellente intro basse-batterie, suivie de l'arrivée de la guitare et du clavier, puis de la belle voix de Kotipelto, tout en nuance et en finesse. Cette chanson, c'est un peu du Nightwish avant Nightwish. On enchaîne alors avec "Black Diamond", connue de tous les fans du style, véritable marque de fabrique du groupe et jouée à tous les concerts depuis. On retrouve alors la quintessence du style qu'on avait perdue depuis l'âge d'or d'Helloween, ajoutée à une certaine touche de modernité procurée par l'apparition du clavier. Tout y est, de la double-pédale au refrain haut-perché en passant par les duels de solos clavier-guitare, ce qui nous donne une chanson totalement jouissive, passée au statut de légende depuis.

Et même si on a atteint avec cette chanson le sommet de l'album (pour ne pas dire du style), le reste de la galette est quasiment du même acabit. Il y en a même pour tous les goûts. De la speederie avec "Forever Free" et "Legions", de l'instrumental technique et bourré de shred avec "Holy Light", de la finesse et de la douceur scandinave avec "Before The Winter", à l'ambiance typiquement... hivernale justement, et mélancolique. On trouve également un mid-tempo un poil plus faible, "The Abyss Of Your Eyes", mais qui permet une certaine aération bienvenue au milieu d'un disque finalement assez chargé. Et il y a évidemment une ballade, "Coming Home", devenu un passage obligé depuis la magnifique "Forever" dans Episode. Timo Tolkki, seul compositeur à bord et maître du navire, domine son sujet et sait marier ses influences néo-classiques (l'intro de "Black Diamond") et un heavy-speed burné aux milieux de solos ultra-rapides très malmsteeniens.

Et comme si on n’en avait pas eu assez, il reste encore deux tubes à se manger, premièrement en la présence de "Paradise", avec son intro rappelant le "22, Acacia Avenue" de la Vierge de Fer et ses paroles écolos (les paroles de Tolkki parlant souvent de nature et d'humanité). Et deuxièmement, le final "Visions (Southern Cross)", pavé de dix minutes avec changement de rythmes et tout le toutim. L'album se termine donc sur l'apocalypse finale de cette chanson puis une voix grave citant les mots fatalistes de Nostradamus. Et on n’en ressort forcément pas indemne. Après une telle déferlante de tueries, on peut le dire, Stratovarius confirme donc, et pas qu'un peu, son passage au niveau supérieur puisqu'il deviendra alors le leader de cette scène et le restera jusqu'aux deux déceptions que seront Elements Part II et l'album éponyme.


Mais puisqu'il faut quand même trouver des défauts à ce Visions pour justifier les deux points manquants, on notera que le batteur manque un poil de finesse, et que les lignes de chant de Kotipelto sont parfois tellement aiguës qu'elles sont inchantables en live, et on pourrait préférer un peu plus de naturel que des montées en voix de têtes à des notes improbables. Mais force est de constater que l'homme maîtrise néanmoins excellemment bien son sujet. Les paroles sont également un peu simplistes, mais cela ne gâche en rien le plaisir d'écoute. On a en tout cas avec Visions une pierre angulaire du heavy-speed mélodique, à faire écouter à n'importe quel personne voulant découvrir le style, qui lancera définitivement la carrière de Stratovarius et qui provoquera de nombreux émules.


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