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CHRONIQUE PAR ...

13
Dupinguez
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Timo Kotipelto
(chant)

-Timo Tolkki
(guitare)

-Jens Johansson
(clavier)

-Jari Kainulainen
(basse)

-Jorg Michael
(batterie)

TRACKLIST

1)Father Time
2)Will the Sun Rise?
3)Eternity
4)Episode
5)Speed of Light
6)Uncertainty
7)Season of Change
8)Stratosphere
9)Babylon
10)Tomorrow
11)Night Time Eclipse
12)Forever

DISCOGRAPHIE

Fourth Dimension (1995)
Episode (1995)
Visions (1997)
Visions Of Europe (1998)
Destiny (1998)
Infinite (2000)
Infinite (2000)
Polaris (2009)
Elysium (2011)
Nemesis (2013)

Stratovarius - Episode



Episode, ou le premier des deux grands coups que va frapper Stratovarius et faire entrer la formation directement parmi les leaders de la scène heavy speed mélodique, et ce par la grande porte. On le voyait venir, il ne nous a pas déçus. Car après des débuts somme toute assez moyens, peu de groupes peuvent se targuer d’avoir su à ce point rebondir et évoluer qualitativement. Pourtant c’est bien ici à un chef d’oeuvre auquel nous avons à faire.

Les choses sont mises au point d’entrée de jeu avec un "Father Time" et son gros riff dévastateur. Tout de suite, les plus attentifs noteront : «Dites-moi ma bonne dame, ce bon Tuomo Lassila s’est-il mis à la muscu ou bien ?». Et bien non, puisqu’il a été remercié au bénéfice de Jorg Michael, un Allemand comme on les aime : une frappe de mule, ultra-carré, à la limite du caricatural sans y sombrer, ce qui en fait une force plutôt qu’une faiblesse. Pourtant, ce jeu peu fin s’appose sans problème sur des compositions plus subtiles. "Babylon", pour l’exemple, avec ses ambiances orientales et son rythme lourd, ou le nouveau venu vient donner une puissance sans commune mesure à la rythmique et nous sort même quelques subtilités assez inattendues.

Les claviers ne sont pas en reste, puisque c’est Jens Johansson qui s’y colle. L’homme affiche un CV assez aguicheur (Malmsteen entre autres) et y fait honneur en se tirant la bourre avec Tolkki dans des duels de soli et des passages néo-classiques inspirés ("Will The Sun Rise ?"). Il faut se dire qu’à l’époque (l’album date tout de même de 1996), la pratique était bien moins courante qu’aujourd’hui, voire inexistante dans le genre, car on ne compte plus les combos qui ont adopté ce style de formation et remplacé la deuxième guitare par des synthés aujourd’hui. On sait de qui ils se seront inspirés. Fort de ce recrutement très judicieux, le capitaine du navire Timo Tolkki peut laisser libre cours à son inspiration pour la composition, sans aucune restriction d’ordre technique.

Et cela se ressent au travers de passages instrumentaux débridés dans un mélange d’inspiration allant du baroque à Helloween. Pourtant, plutôt que de proposer un heavy speed quelconque et d’enchainer les titres avec force double-pédale, les ambiances se font ici plus variées et permettent à l’auditeur de respirer pendant quelques moments. Et quels moments, quand ceux-ci se nomment "Season Of Change", une power-ballad splendide aux ambiances froides comme les Finlandais savent si bien les faire. Pourtant, le soufflet retombe malheureusement lors de quelques passages moins inspirés, réminiscences d’un passé relégué aux oubliettes ("Uncertainty") ou preuve que le groupe se cherche encore au travers de son nouveau style ("Tomorrow"), pas encore totalement affirmé.


Ces quelques errements ne gâchent pourtant rien et n’empêcheront pas le combo d’accéder à la classe au-dessus, voire d’en sauter une pour passer en un album de « groupe anecdotique sans être mauvais » à « plus gros espoir de la scène heavy speed mélodique ». Avec un Helloween qui se cherchait encore et sortait à peine la tête de l’eau, la faute à une période peu faste, cette scène avait besoin d’un leader pour se reconstruire. Une bonne option est ici prise pour prendre cette place, il ne restait plus qu’à confirmer.


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