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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Chad Gray
(chant)

-Greg Tribbett
(guitare)

-Ryan Martinie
(basse)

-Matt McDonough
(batterie)

TRACKLIST

1)Determined
2)Pushing Throught
3)Happy?
4)Imn
5)Fall Into Sleep
6)Rain.Sun.Gone
7)Choices
8)Forget to Remember
9)TV Radio
10)Just
11)All That You Are
12)Pulling the String

DISCOGRAPHIE


Mudvayne - Lost And Found
(2005) - néo metal - Label : Epic Records



Voilà un album que j'ai attendu fébrilement! Petit rappel aux non initiés: Mudvayne c'est un premier album de néo bourrin jumpy jugé pas impérissable pour certains (LD 50) suivi d'une grosse remise en question et d'un deuxième album très intéressant et technique, The End Of All Things To Come. A l'époque de LD 50 les musiciens arboraient maquillage et pseudos; The End Of All Things To Come avait vu les pseudos changer et se rapprocher des véritables noms des musiciens qui avaient laissé tomber leur maquillage initial pour des costumes de mineurs aliens bizarroïdes. Puis enfin arrive ce Lost And Found qui présente un groupe à visage découvert et laissant tomber les gimmicks. Alors alors alors...

Mes amis, le style Mudvayne est arrivé parmi nous. C'est on ne peut plus honorable vu que ceci n'est qu'un troisième album: le métal syncopé technique et déstructuré de The End Of All Things To Come qui a été pompé officiellement par Mike Portnoy sur certains passages de Train Of Thought est reconnaissable immédiatement. Le riff de guitare incisif, le batteur qui virevolte, le bassiste hors normes, le chant hurlé et chanté au placement parfait : on est en terrain connu. Que c'est bon un groupe avec une identité aussi affirmée! La basse et le chant en particulier sont comme nulle part ailleurs: le grain de Chad Gray et sa capacité à moduler chant clair et growl est aussi particulier que le jeu et le son de Ryan Martinie. Le son de basse se rapproche de ce que Korn a pu faire en matière d'infrabasses, mais parvient à être chaud et rond en même temps, ne se résumant jamais à un bête grondement. Et les lignes bondissantes, groovy en diable et maîtrisées au poil près sont inimitables. Miam.

Donc maintenant vous êtes au courant: Mudvayne est une bande de brutes, pas le groupe de néo à djeunz du coin. Ces quatres zicos imposants sont servis par un son exemplaire de brutalité et de clarté et nous balancent des compos variées qui tentent de compiler toutes les données existantes pour forger un son large. En gros: quand c'est violent ça cogne très sévèrement avec des riffs, des tempos et un chant hurlé qui peuvent tirer sur le thrash/death. Ces breaks parsèment les titres qui donnent pour la plupart dans un genre de néo rythmiquement impressionnant, truffé sans cesse de contretemps, de changements, de mesures asymétriques et compagnie. L'autre visage de l'album est le mélodique pur ("All That You Are", wow!), Chad Gray disposant d'un registre clair très particulier qui colle bien à la musique du groupe. Sa voix est travaillée et rappelle un peu trop celle de Maynard James Keenan (Tool, A Perfect Circle) dans certaines de ses inflexions plaintives... Mais quand il explore ses possibilités de vrai chanteur de néo -à savoir du clair à l'extrême avec toutes les nuances au milieu- il se pose comme un vocaliste talentueux, technique et doté d'un grain très personnel.

On peut dire que Lost And Found explore tout simplement la voie ouverte par The End Of All Things To Come, les composantes du deuxième et intéressant album des Américains étant ici reprises et poussées, comme pour voir. Et ça tape. J'ai eu l'occasion d'écouter cet album plusieurs fois maintenant: les titres de Lost And Found sont travaillés et efficaces, l'optique semblant vraiment être "nous sommes Mudvayne, voilà ce que nous faisons". Et ce qu'ils font est diablement intéressant! Les chansons naviguent entre métal à tendance distordue et syncopée et pop lumineuse, c'est à la fois original et varié à l'échelle d'une chanson et de l'album en entier. L'exécution est nickel et la dynamique des titres est prog dans l'esprit: ponts, faux refrains et retours au thème principal s'enchaînent pour des titres compacts tout en étant riches. Yeah!

Le groupe nous ressort à volonté un refrain "single" sur quelques titres. Les riffs de "Rain. Sun. Gone." sont tour à tour heavy-metal, thrashcore puis néo, et le break central de cette compo à tiroirs est réjouissant. Le groupe jonglé également avec les formats: on passe du "singleste" trois minutes trente à des compos de cinq, six voire huit minutes (le bluffant "Choices")! Encore une fois, la référence à la scène prog saute aux yeux... Cet album propose en définitive quelques titres carréments excellents, une petite minorité de titres peu pertinents et une bonne majorité de bons voire très bons titres. Cultivant à la fois le goût de la ligne mélodique la plus catchy possible et du placement rythmique d'un riff le plus tordu et virtuose possible, Mudvayne risque de faire très mal.


System Of A Down a mis quatre albums à devenir un des groupes majeurs au niveau mondial. Mudvayne étant plus métal donc moins accessible, jusqu'où pourront-ils aller? Vivement le suivant, je sens quelque chose, là.


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