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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 09 décembre 2008
Sa note : 15/20

LINE UP

-Julien Truchant
(chant)

-Marc Petit
(guitare)

-Beber
(guitare+basse)

-Syl
(batterie)

TRACKLIST

1)Domination
2)My Worst Defeat
3)Massive Destruction Weapon
4)A Neverending Fight
5)Premortem Ritual
6)A Faceless Terror
7)Insects
8)Skin On The Bones
9)Open The Scars

DISCOGRAPHIE


Recueil Morbide - A Neverending Fight
(2008) - death metal brutal death - Label : Rupture



Depuis leur album précédent, Wastes Of Change (2006), Recueil Morbide a profité de la montée en gamme du death français et a décidé de suivre le mouvement. Ils ont au passage perdu un bassiste (qui a rejoint Diluvian) mais ils ont mis le grappin sur un des chanteurs les plus talentueux de la scène extrême hexagonale : Julien de Benighted, un des groupes phares (sinon LE groupe phare) du brutal death français. Ajoutons que l’enregistrement d’A Neverending Fight a eu lieu au Kohlekeller Studio en Allemange, là où Benighted a enregistré Icon, on ne pouvait qu’obtenir du bon. Et c’est ce qu’on a eu.

A Neverending Fight est donc un album de death comme on les aime. Jonglant intelligemment avec des influences modernes et une tradition du style bien ancrée dans leurs basiques, Recueil Morbide pose ici un album violent mais réfléchi, aux riffs intelligents et au tempo plutôt varié. On y trouve les sacro-saints blast beats, les riffs rapides et tout ce qui fait le sel d’un album de death, mais aussi quelques influences plus issues du milieu -core avec certains riffs et l’alternance des voix. Ici, Julien fait un excellent travail. Growl profond, hurlement hystérique ou cris de porc en phase terminale dans un abattoir, il dynamise chaque morceau sans en faire des tonnes, et parvenant à donner une identité propre à Recueil Morbide qui, malgré de légitimes craintes, n’est pas un ersatz réchauffé de Benighted.

On trouve aussi des influences plus surprenantes, parfois d’une manière heureuse comme ces passages plus posés sur "My Worst Defeat", mais à d’autres occasions de façon moins pertinente comme ces riffs heavy sur "Premortem Ritual" ou "A Faceless Terror", qui singe un peu Carcass, le génie en moins. C’est quand Recueil Morbide devient résolument death qu’il est le meilleur ("Domination", "Insects"), même si la variété du propos fait de A Neverending Fight un album qu’il est tout à fait agréable d’écouter intégralement, l’oreille sachant faire passer au second plan les passages moins intéressants pour jouir des moments qui font de cet album une réussite globale. Les morceaux sont peu nombreux mais dépassent parfois les cinq minutes : la mule est donc bien chargée en matière d’armes potentiellement létales.


Évitons de nous gargariser une fois de plus sur la qualité de la scène death française, même si elle le mérite. Recueil Morbide emboite donc le pas à Benighted sur la voie du succès que l’on espère international au plus vite, même si la concurrence de nos voisins européens et américains reste féroce. Bonne maitrise du sujet et identité en phase d’être vraiment affirmée : voila ce qui fait de cet album de Recueil Morbide un sérieux candidat au titre d’album death français de l’année 2008.


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