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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 07 décembre 2008
Sa note : 16/20

LINE UP

-Chris Boltendahl
(chant)

-Stefan Arnold
(batterie)

-Manni Schmidt
(guitare)

-Jens Becker
(basse)

-Hans Peter Katzenburg
(clavier)

TRACKLIST

1)Passion
2)The Last Supper
3)Desert Rose
4)Grave In The No Man's Land
5)Hell To Pay
6)Soul Savior
7)Crucified
8)Divided Cross
9)The Night Before
10)Black Widows
11)Hundred Days
12)Always And Eternally

DISCOGRAPHIE


Grave Digger - The Last Supper
(2005) - heavy metal - Label : Nuclear Blast




Grave Digger… Il y a des groupes comme ça dont on sait pertinemment qu’ils n’ont rien inventé, qu’ils ne sont pas originaux pour un sou et qu’ils ne font même pas forcément l’unanimité, mais c’est comme ça : on aime. Comme un bon film de série B totalement ridicule dont on se moque ouvertement devant les copains et que l’on va se repasser ensuite seul chez soi, pour le plaisir cette fois-ci. Un plaisir coupable en quelque sorte.


Parce que c’est ça Grave Digger : de la caricature. Du jusqu’au-boutisme assumé. La gloire d’une Allemagne carrée et sans concessions. Car il faut entendre la voix d’ours de Chris Boltendahl, inécoutable pour le commun des mortels, partir parfois dans des aigus improbables en voix de tête. Il faut entendre la double pédale de Stefan Arnold écraser l’atmosphère de son poids. Il faut entendre la guitare de Manni Schmidt remplir l’intégralité de l’espace sonore de ses riffs monstrueux, tant et si bien que l’absence complète d’originalité est totalement éclipsée par la lourdeur des 36 pistes de six-corde enregistrées. Il faut entre la basse de Jens Becker… ha non en fait. Oui, Grave Digger est de retour aux affaires, après un Rheingold légèrement douteux, avec The Last Supper. Et puisqu’on n’arrête pas la passion de Boltendahl pour l’histoire, c’est de Jésus dont il s’agit cette fois-ci. Si le sujet n’est sans doute pas traité avec la finesse d’analyse qu’il mérite, les paroles se réduisant à une simple description des faits, la musique lui fait largement honneur. Après une introduction planante pas désagréable, la chanson titre débute sur quelques notes de piano, puis sur un des riffs les plus heavy de l’univers, de ceux qui feraient headbanguer le plus chauve des amateurs de musique classique, période Baroque. Le piano reviendra donner les quelques secondes de repos nécessaires à nos tympans pour affronter la piste suivante, "Desert Rose", up-tempo du diable avec un Manni Schmidt tantôt martial, tantôt groovy pour un titre très réussi. Quelle entrée en matière mes aïeux !

Amusant comme l’inspiration semble alors volatile lorsque l’on cherchera à expliquer ce revirement après le décevant Rheingold. Mais si le fossoyeur avait alors essayé de mettre de l’eau dans son vin à grands coups de synthétiseurs et d’arrangements, il n’en est ici point question, ceci expliquant peut-être cela. La simplicité du propos est même parfois déstabilisante de pureté tant Grave Digger ne s’embarrasse d’aucune fioriture. Essayez donc d’écouter à la suite "Hell to Pay", "Soul Savior", "The Night Before" et "Hundred Days". Les allemands savent exactement ce dont ils sont capables, connaissent leurs limites et ont pris le parti de faire ce qu’ils savent faire de mieux sans complexe, à savoir du heavy metal, point barre. Pour autant, la bande à Boltendahl n’a pas oublié de travailler son propos, preuve en est de la présence d’accalmies judicieusement placées en la présence de "Crucified", mid-tempo pachydermique dont les quelques notes de guitare non-saturée font du bien, avant que le riff ne vienne à nouveau détruire le cou, et de la ballade "Always and Eternally", un peu plus grossière mais qui a le bon goût d’apporter un peu de variété à un ensemble franchement opaque. Mais malgré ce manque d’aération, The Last Supper maintient un standard de qualité assez haut, se servant à merveille des diverses recettes qui ont fait le succès de Grave Digger jusque-là : du mid-tempo ravageur à volonté (la liste est trop longue pour une énumération exhaustive), de l’épique juste ce qu’il faut avec "Divided Cross", des soli cheveux au vent, pied sur le retour de Manni Schmidt qui prouve, s’il en était encore besoin, son savoir-faire dans le domaine. On regrettera simplement un léger essoufflement en fin d’album, dû aux défauts d’aération suscités.


Mais qu’importe, Grave Digger est de retour et cela se fête. Plus encore, il signe peut-être son meilleur album, ou au moins un qui figure en très bonne place aux côté de la trilogie médiévale ou de l’album éponyme dans son panthéon discographique. Alors oui, Grave Digger, c’est un peu la honte, ça n’a rien inventé, ça ne vole pas bien haut. Mais qu’est-ce que c’est bon !


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