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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Chris Barnes
(chant)

-Steve Swanson
(guitare)

-Terry Butler
(basse)

-Greg Gall
(batterie)

TRACKLIST

1)Feasting On The Blood Of The Insane
2)Bonesaw
3)Victim Of The Paranoid
4)Short Cut To Hell
5)No Warning Shot
6)War Machine
7)Mass Murder Rampage
8)Brainwashed
9)Torture Killer
10)This Graveyard Earth
11)Hacked To Pieces

DISCOGRAPHIE

Maximum Violence (1999)
13 (2005)
Commandment (2007)
Death Rituals (2008)
Graveyard Classics Vol.III (2010)
Undead (2012)
Unborn (2013)
Crypt of the Devil (2015)
Torment (2017)

Six Feet Under - Maximum Violence
(1999) - death metal - Label : Metal Blade Records



On avait souvent reproché à Six Feet Under de n'être qu'un simple ersatz d'Obituary avec un autre chanteur. Ceci était largement du à la présence d'un guitariste d'Obituary qui a depuis quitté le groupe. Mais avec Maximum Violence et l'arrivée de l'ex-Massacre Steve Swanson, toute comparaison avec Obituary n'a plus lieu d'être. Six Feet Under, c'est un peu les AC/DC du death metal, un death très simple et basique, avec des rythmes mid-tempos et des riffs bien lourds. Et ça marche à tous les coups ou presque !

L'album précédent, l'excellent Warpath, contenait quelques riffs plus élaborés et "mélodieux", mais sur Maximum Violence, rien de tout cela. C'est l'anti-mélodie qui prédomine, âmes sensibles s'abstenir ! Les riffs d'outre-tombe de Steve Swanson s'accordent à merveille avec les vocaux de Chris Barnes, qui reste toujours inégalé dans le genre «J'ai la voix la plus grave du death metal » ! Et que dire de la section rythmique basse-batterie ? D'une simplicité déconcertante, se contentant de rythmes binaires d'une efficacité redoutables, ces deux-là ont au moins le mérite de ne pas verser dans les blast beats à la con. Non, pas besoin de jouer à cent à l'heure pour être puissant, Six Feet Under le prouve une fois de plus. En fait, Maximum Violence se situe à mi-chemin dans la discographie du groupe, moins bon que Haunted et Warpath mais indiscutablement meilleur que tout ce qui va suivre.

On peut juste reprocher à ce disque de ne pas être aussi sombre et six pieds sous terre que Haunted, qui lui dans le genre monolithique et "in the abyss forever" était tout simplement une tuerie. Pas aussi accrocheur non plus qu'un Warpath. On a toujours à faire à du bon vieux death metal old-school du début des années 90, avec quelques merveilles rythmiques, le genre de morceau parfait pour secouer la tête en harmonie, sans choper des torticolis au bout de trente secondes. "Feasting On The Blood Of The Insane" et son intro terrifiante (écoutez donc la courte narration de Chris Barnes au début du morceau) typique du death américain de Floride, et "Victim Of The Paranoid" (refrain dans le plus pur style Six Feet Under, avec un phrasé classique de Chris Barnes, quel voix bon dieu !!!!), ces deux titres ont des rythmes béton, impossible pour un amateur de death classique de passer à côté.

Certains parleront ici d'un grand vide musical, et on ne pourra pas leur donner tort pour quelques titres ici présents comme "This Graveyard Earth" et le limite rappé "Hacked To Pieces" qui contient quand même une accélération salvatrice pour sauver le morceau. En tout cas, la pauvreté des riffs est assez impressionnante. Mais l'objectif de Six Feet Under n'est pas de délivrer le death metal le plus bourrin de la terre, ni le plus technique du moment, avec une avalanche de breaks et de solos dans tous les sens (death et technicité ne font pas toujours bon ménage pour moi, cf l'insupportable album de Cynic, Focus). Non, que du basique, y'a que ça de vrai !!! Six Feet Under est également implacable pour les morceaux bien lents et pesants, hyper lourds, heavy quoi : "Torture Killer" qui tourne un peu autour du pot à force d'alterner couplet-refrain couplet-refrain, mais c'est justement le but non avoué du groupe, celui de nous lobotomiser tout en douceur, ils sont très forts pour ça.

"Shortcut To Hell" contient des riffs plus heavy et anti-mélodiques que jamais, et la reprise de Kiss, "War Machine", assez rock dans l'esprit est très appropriée pour ce massacre de morts vivants. Par contre, les deux autres reprises qui figurent en bonus tracks, "Wrathchild" (Iron Maiden) et "Jailbreak" (Thin Lizzy) sont pas terrible et manquent vraiment de puissance. Les musiciens veulent trop la jouer "on est basique de chez basique" et du coup, ils ont oublié d'appuyer sur l'accélérateur pour la reprise de Maiden. Mais le refrain de "Jailbreak" voit le guitariste jouer un truc mélodieux sur le refrain, si si, vous ne rêvez pas !!! A trop vouloir abuser du filon des reprises, le groupe finira bien par s'enliser (sur l'album de reprises Graveyard Classics).

Non, le miracle de la reprise qui fracasse tout, ça ne marche qu'une fois, pour le "Grinder" de Judas Priest (qui figurait sur le mini EP Alive And Dead). Un "Grinder" tellement bien repris que je croyais qu'il s'agissait d'une compo de Six Feet Under au départ, tellement ils s'étaient appropriés la chanson. Mais ce n'est pas le cas de toutes les reprises de Six Feet hélas. Maximum Violence devient même un peu lourdingue sur la fin à force de trop vouloir s'enterrer plus profond que six pieds sous terre, le groupe patauge à fond. Heureusement, ça leur arrive aussi d'accélérer la cadence, et là pas de soucis, sur les titres speeds, Six Feet Under tue !!! "No Warning Shot" et son rythme un peu punk vous donnera envie d'headbanger comme un fou furieux, tandis que "Bonesaw" et "Brainwashed" sonnent déjà comme de véritables hymnes, écoutez moi donc ces refrains fédérateurs pour la communauté death metal (amateurs de mélodies, circulez y'a rien à voir) !!!


Maximum Violence a rempli sa mission avec succès, celle de nous faire passer un moment pachydermique à souhait, on en attendait pas moins pour un groupe de death old-school. Sincèrement, que demander de plus ?


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