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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Chris Barnes
(chant)

-Steve Swanson
(guitare)

-Terry Butler
(basse)

-Greg Gall
(batterie)

TRACKLIST

1)Decomposition Of The Human Race
2)Somewhere In The Darkness
3)Rest In Pieces
4)Wormfood
5)13
6)Shadow Of Thew Reaper
7)Deathklaat
8)The Poison Hand
9)This Suicide
10)The Art Of Headhunting
11)Stump

DISCOGRAPHIE

Maximum Violence (1999)
13 (2005)
Commandment (2007)
Death Rituals (2008)
Graveyard Classics Vol.III (2010)
Undead (2012)
Unborn (2013)
Crypt of the Devil (2015)
Torment (2017)

(2005) - death metal - Label : Metal Blade Records



13 fait partie de ces albums dont on n'attend aucune surprise, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Le nom de l'opus et l'emballage dans lequel il est livré suffisent à prévoir qu'il n'y aura aucune remise en question artistique, mais en même temps il est rassurant de savoir que c'est Chris "Mister Growl" Barnes qui nous invite pour une grosse demi-heure de death metal old-school et pas prise de tête.


Et ces pressentiments ne trompent pas : la nouvelle livraison de Six Feet Under est l'œuvre de vieux routards du genre, n'ayant plus grand chose à prouver, mais qui laissent malheureusement l'inspiration au placard sur leurs derniers albums. Premier constat rassurant : le chant de Chris Barnes est toujours aussi ravageur, un rugissement de grizzly-zombi à dreadlocks reconnaissable entre mille et ne souffrant pas de la concurrence. Son rôle sur l'album ne se limite pas à celui de hurleur, car il est également responsable de la production frisant le sans-faute de l'opus: guitares grasses, au son dégoulinant à souhait, batterie impeccablement mixée, basse qui émerge du mur de son aux moments cruciaux. Bref du classique très bien géré.

On aimerait pouvoir en dire autant des compositions, mais c'est là justement que le bât blesse. La recette death old-school basique du groupe ne bénéficie malheureusement pas des ingrédients nécessaires à la réussite d'un bon plat bien consistant et bourratif. La faute à des plans correspondant certes à ce que l'on attend du groupe, mais manquant trop souvent de saveur et enchaînés dans un ordre que l'on dirait presque aléatoire. On se retrouve ainsi avec un album dont seulement deux morceaux arrivent vraiment à se démarquer du lot, dont "Decomposition Of The Human Race" en guise de zakouski bien pesante, un riff de basse au ralenti rejoint par une guitare non moins lugubre, et menant en moins de trois minutes à un final agressif dans des transitions du meilleur effet. Mais avec les compos qui suivent, on comprend qu'on risque bien d'être repu bien avant la fin de l'album. Le groupe arrive d'abord à préserver une certaine dynamique, mais malheureusement par des plans frisant le quelconque. On continue donc d'ingurgiter l'album sans vraiment frissonner ou être emballé, en espérant qu'arrivera un titre qui dissipera cette impression de "ouais... avec une bière ça passe".

Une mention spéciale au batteur qui semble avoir reçu pour consigne de tout faire pour endormir l'auditeur, ce qui est un peu un comble pour le genre de musique dans lequel sévit Six Feet Under. A de rares occasions, comme sur "Shadow Of The Reaper", il arrivera à sortir de la banalité, mais le reste de sa performance est tristement pauvre. A noter que ce n'est pas forcément un obstacle à la réussite d'une chanson, comme le prouve le très headbangant "Deathklaat" par exemple, qui constituera donc le seul sursaut de cet opus en demi-teinte, mais on aurait quand même bien aimé entendre autre chose que le poum-tchak binaire qui sert de rythmique la plupart du temps. Les titres restants donneront plus l'impression d'être soit des assemblages hasardeux de bœufs enregistrés entre deux reprises de Graveyard Classics ("Wormfood", "The Poison Hand", "The Suicide"), soit des compos bien pensés mais qui ne suffiront pas à convaincre ("Rest In Pieces", "The Art Of Headhunting"). Même le très énervé "Stump" semble plus avoir été enregistré par automatisme, avec un autre solo bancal de la part du guitariste Steve Swanson.


Bref, un album qui, malgré tout ce que j'ai pu écrire, est loin d'être mauvais, grâce à son excellente production et son chanteur charismatique. Un méfait qui ravira sans doute les fans hardcore du groupe, mais ne soutenant pas la comparaison avec Haunted et Maximum Violence.


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