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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 05 décembre 2008
Sa note : 11/20

LINE UP

-Shane Mc Lachlan
(chant)

-Steve Burda
(guitare)

-Leon Del Muerte
(basse)

-Danny Walker
(batterie)

TRACKLIST

1)Bring the War
2)Savannah's Assault
3)Continue Insane
4)MBP
5)Sane
6)I Reject
7)Ultimate Suffering
8)Death to Pigs
9)Beer, Bitches and Bulletbelts
10)Rise Up
11)Abuse the Truth
12)Wasted Time
13)Instruments of Deception
14)Soulless Eyes
15)Anarchist Farce
16)Dead End
17)Protest//Solution
18)Nihilistic Grindcore
19)Eyes of a Citizen
20)Bleed to the End
21)Depression Is a Killer
22)Blackened Day

DISCOGRAPHIE


Phobia - 22 Random Acts Of Violence



22 morceaux pour 29 minutes : le calcul est vite fait. Si on divise l’un par l’autre, votre calculette devrait afficher ceci sur son écran : grindcore. Aucun doute, vu qu’en plus, c’est depuis 1990 que Phobia vomit sa colère et sa rancœur dans les pauvres oreilles innocentes (?) des amateurs de bruits et de haine. Six albums, une renommée plutôt confidentielle et un retour sous le signe de l’hystérie (il ne pouvait de toutes façons pas en être autrement), voila où en sont les américains de Phobia en cette fin d’année 2008.

Comme toujours, le grind est fait par des amateurs de grind pour des amateurs de grind, à l’exclusion de toute autre personne. Le style musical pratiqué ici n’est pas fait pour s’ouvrir, se diversifier, car la moindre entorse aux sacro-saintes règles du genre se solderait par une excommunication quasi-immédiate. Les règles en question ? Morceaux courts, production agressive et sale, hurlements inintelligibles et batterie hystérique. Phobia respecte cette recette éprouvée et nous sert donc 22 titres violents et sans concession desquels se dégage une violente odeur de punk, de hardcore et un poil plus subtilement, de death metal. Malgré une rapidité d’exécution dictée par la simplicité des structures et la brièveté du propos, Phobia parvient à varier les saveurs pour proposer un grind légèrement plus construit que la moyenne.

La production, elle aussi, fleure bon la puissance issue du mouvement death, avec une batterie lourde et des guitares gravement grasses (notez l’allitération en «g»). La voix se veut plus classique, oscillant entre hurlement saturé et growl plus conventionnel. La facette punk s’exprime via des riffs simples sur fond de batterie moins hystérique ("I Reject", "Ultimate Suffering" ou "Depression Is a killer" et sa mélodie très punkrock US), souvent alterné avec du blast traditionnel ("Dead End"). On trouve également une influence death dans certains riffs lourds (le début de "Bring the War", "Continue Insane", "Rise Up", "Nihilistic Grindcore"). Le tout est ancré dans une mouvance révolutionnaire/contestataire ("Anarchist Farce", "Protest//Solution") parsemée d’extraits de discours ou de films rappelant l’ambiance d’un Mortician.

Difficile de s’attacher foncièrement à 22 Random Acts Of Violence. Au-delà de son aspect défouloir revendiqué – et réel – et malgré une production impeccable, presque étonnante au vu du style pratiqué, Phobia reste relativement inégal dans son propos. Certes, sans aucune prétention de révolutionner le style, les différentes influences death/punk/core de Phobia apportent une variété bienvenue dans ce déchainement de violence mais provoquent un léger déséquilibre qualitatif, et ce parfois au sein d’un même titre. Un bon riff succède à un plus classique, pour retomber quelques secondes plus tard dans un grindcore presque mécanique. L’enchainement des 22 titres se fait plutôt bien, même si au bout de 29 minutes, l’auditeur commence légitimement à se sentir repu. Phobia ne s’arrête jamais mais du coup ne surprend quasiment pas, et se retrouve au final à deux doigts de provoquer l’ennui.


Heureusement, on n’en arrive pas là, et avec ce 6e album, les Californiens de Phobia remplissent leur contrat avec une mention correcte. On imagine leur cohorte de fans de la première heure se réjouissant en insérant 22 Random Acts Of Violence dans leur chaine, mais on peine à imaginer le fan d’extrême s’extasier en découvrant cet album qui ne se détache pas vraiment de la masse d’albums de grind, présents et passés.


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