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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Rock 'n' Rolf
(chant+guitare)

-Thilo Hermann
(guitare)

-Thomas Smuszynski
(basse)

-Jörg Michael
(batterie)

TRACKLIST

1)The Contract / The Crypts of Hades
2)Masquerade
3)Demonized
4)Black Soul
5)Lions of the Sea
6)Rebel at Heart
7)Wheel of Doom
8)Metalhead
9)Soleil Royal
10)Men in Black
11)Underworld
12)Iron Heads
13)Bones to Ashes

DISCOGRAPHIE


Running Wild - Masquerade
(1995) - heavy metal - Label : Noise Records




Ah, Running Wild, le groupe qui représente sûrement le mieux l'absence totale de finesse du heavy allemand ! Les pirates du metal nous font un retour fracassant avec leur album le plus speed à ce jour. Même Rock 'n' Rolf reconnaîtra plus tard avoir un peu abusé sur la rapidité des tempos. Après l'intro de rigueur, téléphonée ("The Contract/The Crypts Of Hades"), l'abordage démarre sec avec "Masquerade".


Et là, ça bourrine comme ce n'est pas possible, avec ces fameux riffs qui redonneraient du courage à n'importe quel pirate échoué en pleine mer. Autant Jörg Michael à la batterie me gonfle avec Stratovarius, autant son jeu "à fond, à fond, à fond" convient parfaitement à une grosse machine comme Running Wild. Tous les clichés du heavy allemand sont réunis ici: les rythmes mécaniques, grossiers et bourrins, l'alternance mid-tempo - titres speed répétés à l'infini. Et c'est bon, c'est ça le pire! Bon évidemment, si vous trouvez AC/DC trop répétitif, sachez que chez Running Wild, c'est encore pire !

Mille Pettroza de Kreator avait dit ceci à l'époque de Cause For Conflict : «Je hais les producteurs allemands. Ils seraient capables de faire sonner un album de Rush comme du Running Wild». Une comparaison qui tourne à l'avantage de Running Wild, bien entendu ! Je ne vais pas détailler chaque titre de cette Masquerade. Sachez simplement que l'album démarre sur les chapeaux de roue et se termine aussi de la même façon. Par contre, un léger ennui est perceptible au milieu de l'album, tellement le style même de Running Wild est redondant. Des titres mid-tempos comme "Lions Of The Sea" ou speed comme "Wheel of Doom", Running Wild en a déjà pondu (et en pondra encore) cinquante mille! Mais Masquerade s'écoute en entier sans problème grâce à sa rapidité. Alors que l'album suivant, The Rivalry, sera beaucoup trop long et ennuyeux.

Certains mid-tempos comme "Demonized" et surtout "Metalhead" ont un côté rock 'n' roll qui donne envie d'aller enfourcher sa Harley dans le garage, plutôt que de s'embarquer dans une nouvelle croisade. Parmi les titres speed, on retiendra les refrains musclés de "Blacksoul" et "Soleil Royal", à grand renfort de double pédale et avec un Rock 'n' Rolf plus hargneux que jamais. Masquerade a été réédité dans une version remasterisée en 1999, qui soit dit en passant ne sert à rien, avec deux titres bonus datant de 1983, extraits de la compil Death Metal Sampler. C'est là où on voit que la signification du mot "death metal" a bien changé depuis. A ses débuts, Running Wild faisait du Venom grosso modo. Le riff de "Iron Heads" ressemble beaucoup au "Mean Machine" de Motörhead. Rock 'n' Rolf braillait comme Cronos. Ceci dit, la production de ces deux inédits était un peu plus propre que celle de Venom, et le niveau technique des musiciens de Running Wild plus raisonnable également.


En tout cas, ces deux inédits sonnent très frais et laissaient entrevoir un futur grand du heavy metal. ils sont largement aussi bons (si ce n'est meilleurs) que les chansons de Masquerade. Pour ce qui est de Masquerade justement, c'est un album totalement inutile dans la discographie de Running Wild, et donc rigoureusement indispensable...


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