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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 24 novembre 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Björn Goosses
(chant)

-René Bogdanski
(guitare)

-Volker Rummel
(guitare)

-Marc Beste
(basse)

-Lars Janosch
(batterie)

TRACKLIST

1)Flatline
2)Death Ticket
3)Bleed Tomorrow
4)Exit Plan
5)Sewn Eye Sleep
6)Stabwounds
7)The Loss Theory
8)Silencing
9)The Negative
10)Minus Everything
11)Bone Patrol

DISCOGRAPHIE

Vs Life (2008)
Mercy And Misery (2010)

The Very End - Vs Life



A l'heure de la sortie de son premier album, The Very End dispose déjà d'un pedigree fort intéressant. Une démo élevée au rang de démo du mois chez Metal Hammer en 2007, des éloges dressés par des pointures comme Dan Swäno ou Tom Angelripper (autrement dit des mecs qui savent à priori de quoi ils parlent) sur leurs capacités tant dans le domaine de l'écriture que de l'interprétation… L'affaire s'annonçait donc plutôt prometteuse avant même de glisser le CD dans la platine.

Et effectivement, il faut reconnaître que même s'ils sont un poil exagérés (c'est le jeu de la promo après tout), les compliments appuyés ne sont pas dénués de fondements. A la croisée des chemins entre thrash moderne, melodeath et metalcore, The Very End nous dévoile un potentiel indéniable et plus qu'intéressant. Et pourtant, il faut bien avouer que cela ne saute pas aux oreilles dès la première écoute. Après un début en fanfare avec "Flatline", les autres compos de Vs Life apparaissent d'un coup nettement moins éclatantes. Il faut dire aussi que dans la catégorie « morceau d’ouverture qui arrache tout », "Flatline" se pose là. Si la base, un thrash moderne d'obédience The Haunted, reste somme toute assez classique, c'est au niveau du refrain que The Very End fait la différence. Un refrain puissant, racé et mélodique, sur lequel Björn Goosses nous fait étalage d'un chant clair tout à fait remarquable. Rajoutons un break efficace et un solo bien amené, et on tient tous les ingrédients de l'opener qui bute. Une performance assez unique sur cet album, puisque The Very End n'a pas choisi la voie de la facilité pour son 1er album.

Il y a en effet très peu de titres immédiats sur cet album. L'une des rares autres tentatives, "Bleed Tomorrow", se solde d'ailleurs par un constat proche de l'échec. Ce mid tempo, qui n'est pas sans rappeler le Deftones d'Around The Fur (avec une intro sur laquelle Goosses rappelle le Jonathan Davis des débuts) souffre en effet d'un refrain un peu convenu qui plombe le morceau. Pour le reste, The Very End prend un malin plaisir à produire une musique assez touffue, avec des breaks à foison. Si les Allemands sont plutôt doués à ce petit jeu, tant dans la maîtrise des enchaînements que sur le plan purement technique de l'interprétation, cela n'aide pas forcément à assimiler leur musique. Cela n'est pas forcément un mal non plus, puisque cela débouche parfois sur des pépites comme "Stabwounds". Sur ce titre, The Very End parvient à associer gros riff thrash, refrain néo/hardcore et break avec double harmonie à la Maiden. Sur le papier, voilà qui avait tout du collage casse-gueule, et pourtant le résultat cartonne. Ce genre d'assemblage étonnant et au final très réussi contribue fortement à la réussite de ce premier album.

Ce que l'on regrettera en revanche, c'est le schéma typé metalcore (chant agressif sur le couplet, clair sur le refrain) que The Very End se complaît à répéter, et qui finit par devenir un peu trop systématique. Et c'est un peu dommage, car quand on voit la qualité du chant clair de Goosses, on aurait aimé le voir creuser un peu plus cette voie plutôt que de mettre l'accent sur un chant énervé limite hardcore dans lequel il ne fait pas spécialement d'étincelles. Surtout qu'en plus de disposer d'une voix originale et parfaitement maîtrisée, Goosses se révèle particulièrement doué pour trouver la mélodie vocale qui tue. C'est le cas sur plusieurs refrains qui offrent un relief particulier à leurs morceaux respectifs sans pour autant verser dans des mélodies entendues 1 000 fois. C'est le cas de "Exit Plan", de "The Loss Theory" (ce qui le sauve d'un naufrage pourtant pas très loin) ou encore de "Silencing" notamment. The Very End surprend aussi par sa capacité à assurer dans des domaines variés. C'est le cas de "Minus Everything", qui déboule de nulle part avec son metal gothique burné (quelle étrange association !) et qui tape direct dans le mille.


Même si The Very End devra à l'avenir faire quelques efforts pour déterminer sa propre identité, force est de constater que pour un premier essai, Vs Life se révèle très agréable à l'écoute. Du talent, de la variété, peu de remplissage et même plusieurs titres de haut niveau au programme, voilà qui fait plaisir à entendre à l'heure où pas mal de nouveaux groupes déboulent avec des albums franchement insuffisants dans la besace. The Very End, un groupe à suivre, incontestablement.


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