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CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 23 novembre 2008
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Jens Broman
(chant)

-Christofer Malmström
(guitare)

-Klas Ideberg
(guitare)

-Jörgen Löfberg
(basse)

-Peter Wildoer
(batterie)

TRACKLIST

1)Variations of an Eye Crush
2)Leaving Existence
3)Demonic Art
4)Absolution
5)Execution 44
6)Impetuous Constant Chaos
7)Demigod
8)Sole Survivor
9)The Killing of I
10)Wrong Grave
11)Still in Progress
12)Wrath Connection

DISCOGRAPHIE


Darkane - Demonic Art
(2008) - thrash metal melodeath - Label : Massacre



Dans tous les styles musicaux il existe des têtes d’affiche et des seconds couteaux. Des groupes qui ont déjà une petite carrière fort respectable derrière eux, un nombre d’albums qui commence à être plutôt conséquent, mais à qui il manquera toujours le petit truc qui fait la différence. Darkane pourrait bien être classé dans cette catégorie. Un groupe sympa, quoi. Ce nouvel opus changera-t-il la donne?



Le précédent album, Layers Of Lies avait été plutôt bien accueilli par les fans et les critiques. Trois ans se sont écoulés depuis, entre temps le groupe a été secoué par le départ de son chanteur Andreas Sydow qui a vite été remplacé par un certain Jens Broman (ex Defaced et Construcdead) qui fait donc ses débuts sur ce Demonic Art qui nous intéresse aujourd’hui. La très belle pochette saute immédiatement aux yeux, détail important qui mérite d’être souligné en cette période où le prix de la pochette la plus moche de l’année va être très disputé (la nouvelle anthologie de Megadeth serait légèrement en tête devant le nouvel album de Malmsteen…). La mode des introductions pseudo symphoniques systématiques que l’on retrouve aujourd’hui dans pratiquement tous les sous-genres de Metal a tendance a devenir insupportable, mais il existe des exceptions. C’est le cas ici : l’album débute par "Variations of an Eyerush", excellente intro instrumentale épique et symphonique, qui installe immédiatement une ambiance de B.O. de film, avant que ne se rajoutent des guitares puissantes. Surprenant, on se croirait sur un album de Symphony X !

Les choses sérieuses commencent avec un très bon "Leaving Existence" sur lequel on retrouve le thrash moderne, rapide et agressif de Darkane tel qu’on l’avait quitté sur l’album précédent. La voix aussi surprend peu, Broman évoluant dans un style très proche de celui de son prédécesseur avec un chant thrash hurlé à la The Haunted sur les couplets. Sur le refrain déboule une voix qui fait penser très fort au Devin Townsend de Strapping Young Lad. Pas forcement très original tout ça, mais il y a pires références. Le titre se poursuit par une belle partie instrumentale comportant de très beaux solos de guitares, très mélodiques, ce qui sera une constante sur tout l’album. En effet chaque musicien délivre une prestation remarquable, que ce soient les deux six-cordistes ou le batteur Peter Wildoer, au jeu inventif et moins stéréotypé que la plupart de ses confrères. Quelques nappes de claviers assez discrètes viennent enrichir la musique du combo et la rapprochent un peu plus de celle d’un compatriote issu également de la ville d’Helsingborg en Suède: Soilwork. Le propos est plus thrash chez Darkane et on y trouve moins d’harmonies de twin guitar, sinon on frôlait le plagiat !

Tout l’album défile en se calquant plus ou moins sur le modèle du premier morceau : couplets rapides et bien thrash, refrains beaucoup plus mélodiques la plupart du temps en chant clair (malheureusement les mélodies vocales ne sont pas toujours du meilleur goût), et parties instrumentales de haut niveau. Si bien que tout cela tourne assez vite en rond et que l’album est assez vite lassant. Tout juste faut-il noter un titre comme "Execution 44" qui parvient à se démarquer par sa très belle intro calme, avec solo de guitare sur nappe de clavier (les connaisseurs penseront peut être au magnifique "Temptation Revelation" de Savatage), et par certains passages plus lents, plus heavy. Un growl death fait aussi une apparition et permet de varier les plaisirs. Le très speed "Still in Progress" tire également son épingle du jeu par sa violence salutaire et sa presque absence de chant clair qui permet de sortir de la formule toute faite à la Soilwork. Le plus long "Wrath Connection" clôt l’album de manière plus lourde avec des riffs propices au headbanging le plus primaire et une voix plutôt claire agressive.


Darkane fait donc son boulot sur ce nouvel album de manière très professionnelle mais sans génie. Fidèle à une formule certes efficace mais dont il ne s’éloigne que trop rarement le groupe s’embourbe quelque peu et frôle la redite en de trop nombreuses occasions. Dommage, les rares fois où Darkane s’éloigne de l’aspect « Soilwork fait du thrash » sont les meilleurs moments de cet album qui reste malgré tout assez efficace. Mais un peu de prise de risque que Diable ! Sinon Darkane restera toujours un second couteau, un groupe sympa, sans plus.


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