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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 23 novembre 2008
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Jay
(chant)

-Yo
(guitare)

-Mateous
(guitare+chœurs)

-Kiki
(machines+chœurs)

-Momo
(basse)

-MaN
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro
2)Chemical
3)Spoutnik
4)Once Again
5)The Others
6)Arabian Trip
7)No Memories
8)The Same
9)Should Know
10)What She Said
11)Rescue Me
12)Six Feet Under
13)Outro
14)Darkside of Me
15)S.P.O.U.T.N.I.K.

DISCOGRAPHIE

Silt (2008)

Silt - Silt



Quand on n'arrive pas à définir le genre d'un groupe tout de suite, c'est généralement bon signe. Slit est de ces groupes qui donnent ce type de première impression positive : on sent immédiatement qu'il y a quelque chose, que ce qu'on écoute ne va pas se borner à être une ènième repompe d'un groupe établi. Car si les Normands n'ont que deux petites années d'existence, ce premier album à la frontière entre rock, pop métal et electro est une démonstration de professionnalisme et d'originalité comme on aimerait en entendre plus souvent.

Le genre pratiqué, donc. Pas évident du tout : Silt a le don de lier différents styles sans souci aucun, tout en réussissant au passage à se créer une identité déjà très affirmée. Le groupe balance en permanence entre un rock mélodique aux forts accents électro apportés par les samples de Kiki et des riffs plus méchants qui le font basculer dans le néo voire le métal. "Spoutnik" est assez emblématique de cette tendance : on y trouve des guitares syncopées ou speed à un moment et un refrain radio-friendly doublé de clavier au moment d'après. Et l'enchaînement se fait totalement naturellement dans un sens comme dans l'autre, merci entre autres à une prod aux petits oignons. Léché et précis sans être exagérément froid, le son de l'album est étonnant tant il colle au tout et sonne pro: la batterie claque, les rythmiques sont lourdes quant il le faut, les sons de guitare sont très variés et les machines comme la basse sont très bien intégrées. Ce paysage est complété par un chant très particulier qui joue un rôle certain dans l'identité du groupe : très chaud et vibrant, le chant de Jay se rapproche un peu d'Eddy Borremans (NovAct) et tire un peu le tout vers le métal prog. Une chose est sûre : tout ça est solide.

Les ambiances vont du festif au mélancolique et le talent est toujours là : la batterie disco qui ouvre "Chemical" donne des pulsions de jump autant que les lignes mélodiques introspectives du calme "Arabian Trip", qui permet au passage à Momo de poser des lignes de basse très soignées. Et là encore un riff hardcore-néo vient se poser au milieu du tout sans choquer le moins du monde, et le groupe se paye le luxe de ne pas le reprendre. Les textures synthétiques de Kiki s'adaptent systématiquement aux morceaux, qu'il s'agisse de bruitages dancefloor à la Sidilarsen ("No Memories"), d'un beat indus ("Six Feet Under") ou d'un doublage hyper intelligent d'un delay de guitare ("Should Know", énorme tube radio potentiel). En gros tout y est : variété, cohésion, sens de la composition... le seul écueil est en fait la gestion que Jay a de son chant si particulier. Car tout hyper maîtrisé et mélodieux qu'il soit, ce chant ne varie quasiment jamais... et c'est dommage car il finit par gonfler à force. Les quelques hurlements ("Should Know") confirment l'impression générale: s'ils avaient été plus présents, on tenait un truc massif. Dommage...


Silt n'est pas passé loin du carton plein avec ce premier album, et malgré la lassitude engendrée par l'absence de modulation du chant la qualité du tout est là et bien là. Avec ce premier album Silt s'inscrit instantanément dans la catégorie des formations à très fort potentiel, ce qui fait toujours très plaisir quand ça arrive. En espérant que tout ça cognera sévèrement en live !


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