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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 23 novembre 2008
Sa note : 7/20

LINE UP

-Morgan
(chant)

-Chris Richardson
(guitare)

-Dorian Rainwater
(guitare)

-James Delgado
(basse)

-Brian Fajardo
(batterie)

TRACKLIST

1)Divide and Conquer
2)Retaliate
3)Bullet Proof Vultures
4)Christian Pipebomb
5)Consumption Is Intoxication
6)Cleptocracy
7)Test Tube Nation
8)Product of Misinformation
9)Dog Tagged
10)Evidence of Injustice
11)99 Percent Turnover
12)The Lies
13)A Mockery of Guidance
14)Downfall
15)False Flag Attack
16)Red State Redneck
17)Spartacus
18)Terminal Nation

DISCOGRAPHIE

Cleptocracy (2008)

Kill The Client - Cleptocracy
(2008) - grindcore - Label : Candlelight Willowtip



Quand on est fan de death lourd, puissant et/ou technique, devoir se farcir un album de grind/punk comme celui de Kill The Client, c’est comme si quelqu’un débarquait dans une boutique de bijoux de luxe et demandait à la personne en charge des estimations combien vaudrait ce mouchoir-ci, oui oui, celui-là même que le SDF du coin a utilisé depuis 3 semaines pour recueillir en son sein ses innombrables crachats et autres glaires. Pas la peine de se forcer pour imaginer la mine pincée et contrite de l’employé. Eh bien aujourd’hui, j’ai tout à fait la même.

Cleptocracy est le second album de ce charmant groupe venant des États-Unis. Parions que le premier est du même acabit, c'est-à-dire violent, court et explosif. Parce qu’en tout cas, Cleptocracy reprend toutes les caractéristiques du grind. Vous prenez un batteur qui ne semble disposer que d’une grosse caisse, d’une caisse claire et d’une ou deux crash/charley (ne cherchez pas trace de toms sur cet album), vous ajoutez des guitares aiguës et saturées à mort et vous y ajoutez un chanteur qui hurle à s’en faire exploser les intestins – chanteur lui aussi saturé, bien sûr. Vous mixez le tout dans une production sale, bordélique et chaotique où, dès que la batterie fait un blast ou un break sur la caisse claire – et TOUS les breaks de cet album ne se font QUE avec la caisse claire – on ne perçoit la guitare que sous la forme d’un bourdonnement confus, et vous obtenez Cleptocracy.

En fait, vous obtenez 90% des albums de grind, mais le débat n’est pas là. Tout cela fait que Kill The Client propose un album dérangeant, inécoutable et fatigant – et parions que c’était leur but. Chaque chanson propose deux voire trois riffs, des paroles totalement inaudibles (mais si ce critère devait jouer sur la note dans le métal, la moyenne sur notre site avoisinerait les 2,5/20) et des structures aussi simplistes que le niveau intellectuel du cousin Fred-qui-a-un-petit-retard-mais-oh-vous-savez-il-est-très-eveillé-pour-ses-quatorze-ans. Dans ce marasme sonore, on retiendra "Downfall" qui ralentit le tempo, propose un riff sympa et s’affranchit de chant. En fait, ce titre est tout à fait death metal. Hum. De même, "Consumption Is Intoxication" propose un riff plus accrocheur car un poil moins survolté.

Pour le reste, c’est un peu du copier-coller. Nommer chaque titre dans un blind-test « spécial Kill The Client » relève de la gageure tant ils sont interchangeables. L’hystérie domine. Le tempo ne baisse que rarement, le chanteur fait les mêmes borborygmes sur les dix-huit morceaux de l’album, qui oscillent entre cinquante secondes et une minute trente. Aucun doute, ce Cleptocracy ne s’adresse qu’à ceux qui ont l’ouverture d’esprit faite pour apprécier le grind en général. Le côté punk transpire ici, et pas seulement avec la production sale, mais aussi – et surtout – avec le côté insolent, rebelle et insultant de la musique de Kill The Client. Tout cela sent la bière, l’urine et le brûlé. Willowtip continue donc de ne produire que des groupes extrêmes, à majorité death/grindcore.


Vous l’avez compris, cette chronique était à la base biaisée par le fait que son auteur ne partage que très peu d’affinités avec le grind. Reconnaissons que cette musique a tout pour rebuter le badaud qui passerait là par hasard, fût-il nourri régulièrement avec du brutal death. Faute d’éléments de comparaison, difficile de dire si Cleptocracy est un bon ou un mauvais album de grind. Mais parions qu’il plaira à l’amateur du genre qui d’évidence saura à l’avance très bien à quoi s’attendre. Les autres, passez votre tour.


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