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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 17 novembre 2008
Sa note : 17/20

LINE UP

-Antony trapani
(chant)

-Mike Gilbert
(guitare)

-Murray Fitzpatrick
(basse)

-Troy Fullerton
(batterie)

TRACKLIST

1)Question
2)Inverted and Inserted
3)Rewards of Cruelty
4)Fuck the Humans
5)Hemorrhagic Gastroenteritis
6)Intervallo del Tradimento
7)Acts of Sedition
8)Fecalphiliac
9)Spoils of War
10)Deadspeak
11)Servile Insurrection

DISCOGRAPHIE


Severed Savior - Servile Insurection
(2008) - brutal death technique - Label : Innovative Candlelight Willowtip



Pas de doute, Severed Savior vient de Californie. Patrie du death brutal technique, cet état a déjà donné naissance à une tripotée de groupes passés à la postérité et, avec la Floride et New York, nous tenons là les trois utérus qui enfantèrent Cannibal Corpse, Deicide, Obituary, Mortician, Suffocation et bien d’autres. Et même si aujourd’hui, le renouveau vient du Nord (Dawn Of Demise, Spawn Of Possession…), les USA ne sont pas en reste pour continuer à produire du death haut de gamme, impitoyable et brutal. La preuve avec Severed Savior.

Deuxième album après Brutality Is The Law en 2003, qui fut diversement apprécié en France, Servile Insurection n’est rien moins qu’une sacrée baffe. Le style est concis, clair et affirmé : du brutal death technique, dans la ligne directe de Suffocation. Mais là où les dernières productions de Mullen & cie ne soulevaient pas un enthousiasme débordant, voici que Severed Savior remet les choses au point avec cet album, digne du mythique Pierced From Within – et ces mots sont soigneusement pesés. Un mot sur la production, avant de rentrer dans le vif du sujet : parfaite. Les guitares sont lourdes et puissantes mais très claires, la batterie compacte et dense, chaque coup de caisse claire résonnant tel un coup de fusil dans le silence, et surtout – surtout – la basse vrombit continuellement, tricotant des plans virtuoses et donnant à l’ensemble une puissance encore décuplée. Tout cela surmonté par le chant d’Antony Trapani, growl classique mais très efficace.

Bref, un arsenal de bataille tout à fait redoutable au service d’une musique qui ne l’est pas moins. Car la musique de Severed Savior est conçue pour faire mal. La technique est absolument bluffante : rythmes tordus, riffs imprévisibles et changements de tempo constants auxquels on ajoute une batterie qui ne reste pas plus de trois secondes sur le même pattern, voila en gros ce qui fait le sel de cet album. Là où Pierced From Within avait déjà mis la barre très haut, Servile Insurection n’a pas peur de venir chatouiller Suffocation sur leur terrain de prédilection. Virtuosité, donc, mais au service d’une grande et noble cause : l’efficacité. Ici, pas d’expérimentation, pas de dissonances et de parties de guitares bizarroïdes comme on le voit dans les approches tordues de Meshuggah ou The Dillinger Escape Plan. Pas d’hystérie débridée, juste une violence carrée, lourde et implacable.

Malgré tout, Severed Savior ne craint pas de s’ouvrir à des styles plus surprenants, comme la petite bulle de jazz à la fin de "Question", l’interlude à la guitare classique "Intervallo del Tradimento" ou les guitares acoustiques sur "Servile Insurection". Mais il ne s’agit ici que de très courts clins d’œil et certainement pas d’une tentative de marier les styles. Parfaitement intégrés dans le canevas du groupe, ils ne choquent ni ne déstabilisent une seule seconde les intégristes de la violence auditive. La thématique du groupe est facilement appréhendée à la lecture des titres : du death sombre, gore et qui éclabousse partout, emballé dans une irrévérence envers l’homme, la religion et sans doute une tripotée d’autre choses. L’album reste constant dans la qualité de bout en bout, même si certains titres sortent un peu du lot ("Question", "Fuck the Humans", "Acts of Sedition"…) avec des riffs à l’efficacité certaine.


Tout amateur de brutal death se doit de poser une oreille sur Servile Insurection. L’année 2008 est certes bien avancée, et elle est loin d’avoir été une mauvaise année dans le domaine du death, mais avec cet album, Severed Savior se classe directement dans le top 5 du genre. Concis, brutal et affuté, il plaira à tous ceux pour qui death metal rime avec puissance, technique et efficacité. On en redemande.


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