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CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
Cette chronique a été mise en ligne le 14 novembre 2008
Sa note : 17/20

LINE UP

-Corey Glover
(chant)

-Vernon Reid
(guitare)

-Doug Wimbish
(basse)

-Will Calhoun
(batterie)

TRACKLIST

1)Type
2)Middle Man
3)Funny Vibe
4)Song Without Sin
5)Nova
6)Sacred Ground
7)Memories Can't Wait
8)Papa Was A Rolling Stone
9)Glamour Boys
10)Go Away
11)Either Way
12)Ignorance Is Bliss
13)Drum Solo
14)Flying
15)Love Rears Its Ugly Head
16)Cult of Personality
17)Crosstown Traffic (rappel)

DISCOGRAPHIE


Living Colour - New Morning - The Paris Concert
(2008) - fusion - Label : Inakustik



Ce fut sans crier gare que Living Colour s’était fendu de deux dates au New Morning en ce mois de juillet 2007. Promo archi-minimaliste, affiches réalisées avec un marqueur vert sur des feuilles de Paperboard… L’archétype du concert qui exige de faire jouer ses relations pour pouvoir un jour dire à ses petits-enfants « J’y étais ». Parce qu’il FALLAIT en être. Séance de rattrapage avec ce DVD, sobrement intitulé New Morning – The Paris Concert.

Le titre s’avère d’ailleurs partiellement véridique puisque lors de cette tournée 2007, Vernon Reid et ses collègues ont offert au public parisien non pas un, mais deux shows les 19 et 20 juillet. Le dvd semble d’ailleurs mélanger des images provenant de deux captations de ces soirées. Dommage d’ailleurs qu’elle fasse l’impasse sur l’arrivée de Will Calhoun sur scène. Ce dernier avait profité de la proximité de Barbès pour s’offrir un boubou jaune canari du plus bel effet. Même si au premier abord, ce vêtement ne semble pas être le plus approprié pour martyriser ses fûts. Quant à Glover, il a - lui - profité de la proximité de Barbès pour s’offrir de quoi ne plus être en mesure d’ouvrir une seule paupière tout au long des 107 minutes du ce set. D’où une regrettable absence de tout bonus sur ce DVD : la curiosité d’assister à la préchauffe du groupe doit valoir son pesant d’or...

Comme à l’accoutumée (du moins fréquemment jusqu’à la dernière et récente tournée), c’est "Type" qui ouvre le bal. Cela ne fleure pas l’extrême originalité, mais bon, la salle est loin d’être remplie, alors autant ne pas heurter les hardcore fans qui avaient fait le déplacement. Et qui auront la chance d’admirer leur tronche dans ce DVD live tant attendu. C’est pourquoi côté l’assistance, c’est du « Souriez, vous êtes filmés » pour la bonne cause. D’ailleurs le site offre un DVD gratuit à ceux et celles qui reconnaîtront dans le public l’auteur de ces lignes ainsi que l’indispensable Barbapopo et son sourire de circonstance.

La banane, en tout état de cause, c’est assez simple de l’avoir au regard de la bonne humeur communicative qui règne sur scène et transparaît sur sa copie numérique. Cette dernière filmée certes en Haute Définition mais avec des moyens limités rend hommage à l’effort dispensé côté éclairages mais aussi et surtout à la qualité sonore du lieu. Cela groove à tous les étages, cela joue technico-technique de tous les instruments. Mais personne, à commencer par Vernon Reid, ne tire la couverture à lui. Chaque membre de Living à droit à son quart d’heure de gloire, son moment solo… pour mieux permettre aux copains de rebondir afin de ne pas demeurer trop longtemps sur le bas côté. Wimbish s’offre un délire funk à la Whammy. Reid, un interlude Blues, puis électro via son portable Apple. Et pour l’excellent Calhoun, un bon voyage aux accents très Jazz puis Heavy. En somme, Living Colour, c’est l’art et la manière de composer LA setlist d’une réelle intelligence… à mille lieux d’un simple best of deluxe (d’autant que le label de Living sait en sortir régulièrement, des greatest hits).

Le groupe enchaîne très vite les premiers titres ("Type", "Middle Man" et "Funny Vibe"), tous parfaitement réarrangés. Le DVD fait l’impasse sur le speech sur l’Afrique qui n’avait de toute façon pas su trouver l’écho qu’il méritait et avait obligé le groupe à enchaîner illico sur le morceau suivant. Ce ne sera pas leur pourtant excellente relecture du "Back in Black" d’AC/DC, Reid s’y refusant à plusieurs reprises malgré l’insistance du premier rang, avec à sa tête un ancien skin reconverti… Wimbish, tout en slap assassin, entame alors les premières mesures d’une toute autre reprise, celle de "Papa Was a Rolling Stone", qui met tout le monde d’accord à commencer par l’ersatz de Pierpoljak suscité et surexcité. Ce dernier sera probablement plus qu’heureux de voir sa bobine gravée sur DVD pour l’éternité.

Comme tout le monde, autant être honnête, il attend fébrilement les gros hits du groupe, à savoir "Flying" (mention très bien et vive le sweeping, hein Vernon), le monstrueux "Love Rears Its Ugly Head", "Time's Up" et le final "Cult of Personality". Cela tombe plutôt bien : le groupe se décide à les interpréter avant de se retirer (provisoirement). Et ce pour mieux revenir avec une nouvelle reprise totalement délirante du "Crosstown Traffic" de Jimi Hendrix sur lequel Glover, Reid et Wimbish se partagent le chant, chacun y allant de son phrasé particulier. Une énorme beigne. Encore plus corsée que celle prise à chaque lecture du précédent DVD live sorti par le groupe, lors de leur passage au World Café Live de Philadelphie, en Décembre 2005.


C’est une certitude : Living est bel et bien la Favorite Colour du moment. Et pour encore bien longtemps. Leur récent passage dans cette même salle du New Morning peut en attester, même si les caméras étaient cette fois aux abonnées absentes. Mais mieux vaut éviter de faire la fine bouche : la cuvée parisienne 2007 de Living Colour vaut amplement le coup de sortir sa carte bleue, de s’installer sur son canapé et de prendre un pied pas possible via une image et un son impeccable. Un achat effectué par nombre de spectateurs au sortir du dernier passage dantesque du groupe à Paris, le 05 novembre,(live-report ici) puisque le stand merchandising proposait cette galette en avant-première.


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