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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Rennie Resmini
(chant)

-Todd Forkin
(guitare)

-Harry Rosa
(batterie)

TRACKLIST

1)Wilding
2)Taming Leeches With Fire
3)Slither
4)Bitterfrost
5)Hushabye: Goodnight
6)Vespertiliann
7)Machine Rhythm Confessional
8)Silken Garotte/The Infinity Coil

DISCOGRAPHIE

Croatoan (2006)

Starkweather - Croatoan
(2006) - doom metal metalcore - Label : Candlelight



La scène doom continue mine de rien à faire son petit bonhomme de chemin, avançant à l’image de la musique pratiquée : en prenant son temps. Après les glaçants et regrettés Yob dont l’album The Unreal Never Lived constituait une parfaite bande-son pour suicide, Starkweather débarque en nous proposant un Croatoan qui se révèle au fil des écoutes diablement varié, et qui laisse présager du meilleur pour la suite.

La première écoute de cet album n’est en effet pas très heureuse : le chant à dominante black, les riffs lents et sales, la longueur des titres... On s’ennuie un peu et le tout ne semble aller nulle part. La production n’est d’ailleurs pas des plus accessibles et le côté bruitiste et dissonnant du tout achèvera sûrement de convaincre la plupart des gens qu’ils sont en train d’écouter une grosse bouse. Mais voilà, ce Croatoan est une masse de musique complexe et alambiquée qui ne saurait se laisser apprivoiser en peu de temps, et quelques écoutes suffisent pour réviser son jugement.

Le titre d’entrée pose quelques bases bienvenues : le batteur s’éclate littéralement malgré la lenteur des tempos, et réussit à remplir l’espace avec brio –mention spéciale aux rafales de double-pédale- et le son de basse est énorme. Les titres sont truffés de breaks et de changements, et le passage calme et acoustique de "Slither" en surpendra plus d’un, coincé qu’il est entre des martèlements de haine malsaine qui pourtant s’y enchaînent fort bien. Le chant réserve aussi son lot de surprises : purement black à premières vues il sait se faire doux et clair ou au contraire totalement glauque, évoquant tout à tour le heavy des seventies et le postcore.

La présence d’éléments postcore est d’ailleurs une originalité certaine de cet album : la dynamique déstructurée des titres comme le goût prononcé pour la dissonnance et les rythmiques tordues ne trompent pas. Les tempos lents rendent le tout plus proche des fondateurs tels Isis ou Cult Of Luna que de la nouvelle scène déjantée incarnée par Eden Maine et Johnny Truant, et les ambiances prennent le temps de se poser pour finalement exploser à la face de l’auditeur qui n’en attendait pas tant, car Starkweather sait accélérer subitement (et brièvement) le rythme pour nous cueillir au menton par surprise.


C’est donc un doom-thrash-core que Starkweather nous propose au final, et si la formule met du temps à révéler tous ses charmes elle est finalement assez solide. La quantité d’énergie négative dégagée par ce CD est imposante et s’inscrit tout à fait dans les principes dépressifs du doom... Mais la modernité et la variété du groupe donnent une dimension nouvelle au tout. Il est juste regrettable que les titres n’aient pas réellement d’identité propre : on finit par ne plus vraiment savoir où on en est dans cet amoncellement de riffs et de lente noirceur, et retenir une chanson en particulier relève de l’exploit. Si Starkweather arrive à recentrer son propos dans le futur, le résultat pourrait bien en surprendre plus d’un...


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