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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Frank Garcia
(chant)

-Vince Benaïm
(guitare)

-Frédéric Colombo
(claviers)
-Jonathan Dray
(basse)

-Nicolas Muller
(batterie)


TRACKLIST

1)So Cold
2)Now or Never
3)Burning Box Gala
4)Saturated Brain
5)Moonlight
6)Halleygretto
7)Mental Torments
8)Echoes of the Stars

DISCOGRAPHIE

Mental Torments (2005)
Anima (2007)

Spheric Universe Experience - Mental Torments
(2005) - metal prog - Label : Replica / NTS



En provenance de Nice, Spheric Universe Experience est un groupe de joyeux zozios qui aiment la musique compliquée. La pochette ne laisse guère de doute: c'est bien de metal progressif qu'il s'agit, avec ses déluges de notes, ses morceaux d'un quart d'heure et ses prouesses techniques. On va inévitablement parler de Dream Theater dans cette chronique, ça devient une habitude quand on s'intéresse au progressif, mais il serait dommage de réduire S.U.E. (comme ils s'appellent eux-mêmes) à un simple clone. Car nous avons assurément là un groupe qui possède une lisibilité internationale.

Mental Torments met au grand jour le talent de cinq musiciens doués et bourrés d'idées. Il n'y a pas de grande surprise, mais l'ensemble est suffisamment bien ficelé pour séduire les amateurs, avec des influences plus ou moins perceptibles (heavy, jazzy, latino même) qui surgissent souvent au moment opportun. Le premier titre "So Cold", bien qu'intéressant par ses mélodies vocales catchy, n'est pas vraiment représentatif du reste de l'album. Nous dirons que c'est celui qui se rapproche le plus de Dream Theater... Frank Garcia possède un timbre très intéressant, et est par ailleurs capable de moduler sa voix: la première moitié de l'album, disons, est chantée d'un ton doux et suave, qui rappelle James LaBrie, alors que l'on rentre dès le titre "Moonlight" dans une atmosphère plus agressive. Certes, tout n'est pas parfait: les harmonies vocales auraient gagné à être plus travaillées, comme sur "Now Or Never" par exemple. L'expérience fait parfois défaut. Notons aussi quelques passages heavy où sa prononciation reste perfectible. Néanmoins, la performance est remarquable, surtout lorsque l'on sait que le jeune Frank chante de manière totalement instinctive, sans avoir jamais pris de cours.

Ses comparses ne sont pas en reste. La complexité des morceaux demande un certain talent d'interprétation, qui est bel et bien présent. Le meilleur exemple en est le morceau-fleuve "Mental Torments", une vaste succession d'idées brillantes qui expérimente différents styles sans anicroche. Le bassiste Jonathan Dray et le guitariste Vince Benaïm devraient d'ailleurs être rapidement reconnus dans le circuit. Vu comme ça, ça a l'air facile. De temps en temps, un bon vieux riff heavy vient nous faire remuer la tête: "Saturated Brain" par exemple, avec également un rythme introductif qui fait penser à une nouvelle référence en matière de progressif crossover, à savoir les Norvégiens de Pagan's Mind. Mais malheureusement, on n'échappera pas chez S.U.E. -comme pour nombre de combos de prog- à quelques longueurs dans les parties instrumentales, qui font certainement sens au groupe, mais qui peuvent finir par lasser l'auditeur à la longue. En revanche, les instrumentaux que sont "Burning Box Gala" et "Halleygretto", respectivement "morceaux de bravoure" du batteur Nicolas "Ranko" Muller et du claviériste Frédéric Colombo, font mouche, par une créativité et une fraîcheur des plus louables. L'auditeur, qu'il ait été charmé, enthousiasmé - ou bien saoûlé, ça se peut... - par sept chansons loin de l'easy-listening, assiste, en guise de conclusion, à neuf minutes de mélancolie et de tendresse, avec la ballade "Echoes Of The Stars", un manifeste de la beauté vue par des prog'metalleux. C'est beau.


Pour un premier album, l'essai est donc concluant. De plus, la production ne dessert pas la musique, comme c'est trop souvent le cas pour des groupes français. Le mixage et le mastering sont l'oeuvre d'un expert, en la personne de Tommy Hansen, et peu de reproches y sont à formuler. On regrettera tout de même que les toms de Ranko aient un son aussi compact et sourd, qui gêne surtout dans les passages rapides. Mais c'est là pinailler. Spheric Universe Experience démarre avec Mental Torments sur les chapeaux de roue, et devrait sans tarder apporter un peu de crédibilité à la scène metal progressif française. Une belle surprise.


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