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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Kl. K
(chant+programmation+batterie)

-Hth
(guitares+basse+samples)

TRACKLIST

1)The Violent Stink of Twitching Terror
2)Astral Descent
3)Climax
4)Phantom Reality
5)Vizualization
6)Whatever the Case May Be...
7)Disturbing Signal
8)Unio Mystica
9)His Mind Ravaged, His Memory Shattered

DISCOGRAPHIE


Spektr - Near Death Experience
(2006) - black metal barré - Label : Candlelight



Formé en 2000, Spektr est un projet solo qui prend son inspiration dans l’extrême et le bizarre. Selon le groupe lui-même, Spektr propose un voyage dans un champ apocalyptique avec des éléments issus de Bathory, Neurosis, Khold, Emperor, Swans et bien d’autres. Et en effet nous ne sommes pas loin de tout cela, après plusieurs écoutes du second album Near Death Experience.

Spektr est un peu un frère pour les Hexagonaux de Blut Aus Nord, compte tenu de leur approche sonore et musicale anti-conventionnelle. Spektr propose un savant mélange entre des bruitages saturés et un black métal très froid en mid-tempo ne laissant pas la place aux grandes mélodies sinon aux lacérations sonores presque insupportables par moments. Basé sur le concept que la musique doit être dérangeante et apocalyptique, Spektr joue avec les sons, les ambiances malsaines qui nous mettent devant nos peurs, et un black metal moitié crade moitié sophistiqué. De nombreux passages n’ont de raison que l’atmosphère dérangeante qu’ils apportent, utilisant parfois des samples, souvent une saturation ambiante et glauque impénétrable.

Il s’agit d’un voyage qui s’écoute d’une seule traite, puisque tout l’album se révèle en fait un patchwork (pas dans le mauvais sens du terme) d’idées crues, sans fondement apparent. Mais à cette caractéristique, il faut pouvoir s’accrocher, parce que le duo actuel ne laisse aucune pause et l’écoute prolongée s’avère difficile. A la fois parce que c’est mine de rien déprimant, dénué du sens commun de la ‘mélodie’, et aussi parce que le son est vraiment cru, saturé, intolérable par instants. Les guitares, comme celles de Gergovia, se perdent aux confins du saturé, tout comme le chant, n’intervenant qu’occasionnellement. La batterie a bien peu de force et de présence, et les bruitages sont ce qu’il y a de plus irritants. Mais alors pourquoi une telle note ? Parce que c’est fait pour, pardi ! Parce que tout doit être sale, rouillé, inquiétant, expressif, intolérant ! Parce que la ligne artistique de Spektr se place entre le musicalement acceptable et l’occultisme hypnotisant. Et vraiment, si les écoutes ne peuvent être journalières, il faut se rendre compte par soi-même de ce que dégage de malsain cet album.

Alors Near Death Experience n’est pas violent ? Non. En tout cas sur le plan strictement musical. Mais la violence réelle se dégage au travers des sonorités destructrices omniprésentes, des vocaux samplés flippants ("Vizualisation") et des bruitages qui stressent un max. Et pour pénétrer dans le délire ultra evil de Spektr, il faut regarder le très étrange clip ‘The Near Death Experience’ proposé avec l’album. Douze minutes d’images sales, vieilles, d’archives de guerre, de gros plans sur des silhouettes, le tout méchamment mixé avec les grésillements d’une télévision. Proche de la vidéo du film d’horreur « The Ring » tant sur l’ambiance que sur la technique utilisée, le résultat est convainquant et confère au clip un avant-gardisme certain.


Fans de l’obscure, de la froideur et de l’expérimentation musicale, bienvenue.


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