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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Mark Boals
(chant)

-Vitalij Kuprij
(claviers)

-Georges Bellas
(guitare)

-Philip Bynoe
(basse)

-Virgil Donati
(batterie)

TRACKLIST

1)Prelude for the Oracle
2)Circle of Time
3)Shadow in the Dark
4)Vengeance for Blood
5)Samurai
6)City of Dead
7)Dreams of Empire
8)The Oracle
9)Interlude
10)Land of Illusion
11)Take Me Home
12)Face the Fire

DISCOGRAPHIE


Ring Of Fire - The Oracle



Un petit rappel est de rigueur pour les cancres du fond qui n’ont rien suivi et qui vont poser la question dans dix secondes : Ring Of Fire fut le titre du premier album solo de Mark Boals, il devint par la suite le nom de son projet neo-classique qui compte à l’heure actuelle trois albums et un DVD live. Mark Boals donc, leader et chanteur de ce combo, officia par le passé aux côtés de Yngwie Malmsteen (période Trilogy, puis Alchemy) et de Ted Nugent. On retrouve un peu de tout ça dans l’opus qui nous intéresse aujourd’hui ce qui nous permet d’ores et déjà de cibler le public visé par The Oracle : les fans d’Yngwie Malmsteen bien sûr, mais aussi et plus généralement de hard rock virtuose mâtiné de neo-classique/shred. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : non pas d’un clone du Suédois bedonnant, mais d’une musique plus complexe où tous les musiciens ont leur mot à dire.

Les autres musiciens, parlons-en justement : ce sont eux la force de cet album qui sans cela serait à deux doigts de se révéler ennuyeux et pompeux. À la six cordes, le guitar-hero américain Georges Bellas au style fluide et virtuose, accompagné de son ami Vitalij Kuprij aux claviers (qu’il avait déjà secondé sur son second album solo Extreme Measures, prouvant par là que ce duo fonctionne). Le bassiste Philip Bynoe, musicien éclectique venant des milieux pop-jazz et ayant joué avec Steve Vai sur plusieurs albums, forme le duo rythmique avec Virgil Donati, batteur chez (entre autres) Planet X et avec Derek Sherinian. Nous avons donc ici affaire à un vrai All-Star-Band composé de talents venant d’horizons variés, qui dépasse le concept d’album solo de Mark Boals pour former le temps d’un album un combo au potentiel explosif.

Soyons clairs : cet album ne ramènera pas de nouveaux fans dans la sphère du metal neo-classique et ne convertira pas un allergique à Malmsteen à ses déboulées de gammes mineures. On n’a pas affaire ici à l’album le plus original de l’année, mais il reste bougrement efficace, et excellemment interprété par ses musiciens. Après une intro convenue à l’orgue où l’on reconnaît immédiatement la patte de Kuprij et son amour pour les harmonies baroques, les choses sérieuses commencent avec "Circle of Time" et son thème complètement barré. On comprend immédiatement que les musiciens sont là pour l’esbroufe et pour se faire plaisir mais qu'ils n’ont pas oublié les notions de mélodie et de musicalité, indispensables pour rester crédible. Les titres s’enchaînent, avec le japonisant "Samouraï", le très metal "City Of The Dead", la power ballad de rigueur "Take Me Home", les intermèdes shred de "Land Of Illusion" et l’explosif "Face The Wire".

Douze titres au total qui, s’ils ne présentent qu’une variété limitée, proposent un ensemble cohérent et inspiré. Force est de constater qu'ils sont complexes et audacieux, et dérogent le plus souvent à la règle du couplet-refrain-couplet-refrain en proposant des interludes, des variations de thèmes, et bien sur, les indispensables moments de bravoure assurés par Bellas et Kuprij, qui rivalisent d’audace dans des duels de soli suffisamment variés et mélodiques pour ne pas blaser l’auditeur. Quant au chant, c’est du Mark Boals sans réelle surprise, au timbre si particulier qui, en général, recueille l’approbation ou les moqueries de l’auditeur mais cadre ici parfaitement avec l’ambiance et l’ambition du projet.


The Oracle est donc un album frais, bien produit, clairement destiné à un certain public, mais qui se veut le plus accessible possible sans pour autant faire des concessions avec ce qui motive les musiciens qui le composent. Bref un album assez proche de devenir une référence du style. On verra par la suite, que le turn-over des musiciens autour de Mark Boals peut faire varier du tout au tout la qualité d’un album, faisant de Ring of Fire un projet plus convenu et plus lisse.


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