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CHRONIQUE PAR ...

18
[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12.5/20

LINE UP

Al Jourgensen
(chant+guitare+claviers)

+ divers

TRACKLIST

1)Fire Engine
2)Ten Millions Ways To Die
3)Caliente (Dark Entries)
4)Prune Tang
5)Dead End Streets
6)Pole Grinder
7)Jack In The Crack
8)Devil Cock
9)Viagra Culture
10)Revolting Cock Au lait

DISCOGRAPHIE


Revolting Cocks - Cocked And Loaded



Chouette, un disque crossover. Et un crossover monté à la sauce « super-groupe » en plus ! Pensez donc, animé par la tête pensante de Ministry et ses anciens potes Luc van Acker et Phildo Owen ; on a droit en plus ici à Jello Biafra des Dead Kennedys, Billy Gibbons des ZZ Top, Gibby Haynes des Butt Hole Surfers ou encore Stevie Banch de Spyder Baby. Comme d’habitude chez ce genre de formation, la théorie est excellente. Et comme d’habitude dans ce genre de formation, la pratique n’est pas au point… Il ne suffit pas d’avoir des idées, dans les super-groupes, faut également que le résultat soit aussi brillant que sur le papier.

Sacré mélange, sacré crossover. Reconnaissons au moins à ce disque une qualité de métissage. Métissage de l’industrial bien sur, mais aussi du heavy plus classique ("Dead End Streets"), de la new-wave metallisé ("Pole Grinder"), du thrash ("Prune Tang"). Si on reconnaît bien entendu la patte Ministry sur plusieurs titres, on ne peut s’empêcher également d’y déceler des fibres très Marilyn Manson, voire Megadeth. Ne cherchez pas trop dans l’indus, je vous rappelle que nous parlons d’indus-metal et que dans ce genre, à part les percussions et les effets sur les voix, le côté musique industrielle est somme toute assez vague (on est loin d’Einstürzende Neubauten).

Se permettant les guests les plus étranges, le morceau d’ouverture ("Fire Engine") a d’ailleurs été composé en premier lieu par Iggy Pop (aidé par Jourgensen), et n’était audible depuis lors que sur quelques bootlegs bien frappés de l’Iguane. A part ça, silence radio… Et bien voilà une opportunité de le ressortir! Et il faut avouer que la piste fonctionne bien, punchy et trash comme il se doit, les Stooges auraient apprécié. "Jack In The Crack" ou "Pole Grinder" par contre, sont nettement moins intéressantes… Pas mauvaises, mais plus mainstream, la création s’évanouit un tantinet chez nos metallos.

Un peu plus original, "Viagra Culture" est un morceau sympa, dénonçant la culture du profit et les vainqueurs du monde moderne en talk-over, le tout sans trop intellectualiser le discours (on est pas chez les pingouins, ici). Là où la claque vient sérieusement à manquer, c’est lors des covers. Pour cause d’essoufflement, les Cocks nous servent un "Caliente" qui est en fait une reprise du "Dark Entries" de Bauhaus, en nettement moins bien. Au moins, le groupe a choisi de ne pas plagier le morceau à la note près, et si le résultat n’était pas le dépoussiérage escompté, il a au moins le mérite d’avoir été un peu créatif.


Dans la même veine, le morceau de clôture reprend le fameux clap du "We Will Rock You", et là franchement ils auraient pu trouver autre chose, on peut difficilement faire plus convenu que ça. Des fautes de parcours donc, et toujours ce sentiment de frustration à l’idée qu’un super-groupe de cette trempe arrive à nous sortir un disque moyen, sans grand talent, sans grande inspiration. Un disque pas mauvais, qui s’écoute sans problème, mais qu’on oubliera tout aussi rapidement…


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