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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Vibeke Arntzen
(chant)

-Eystein Garberg
(guitare)

-Bjørnar Selsbak
(guitare)

-Espen Warankov Godø
(claviers)

-Siv Lena Waterloo Laugtug
(violon)

-Espen Hammer
(basse)

-Alf Helge Lund
(batterie)

TRACKLIST

1)Det Var Irlands Kongi Bold
2)Ormin Lange
3)Skip Under Lide
4)I Trollehender
5)Hår Som Spunnid Guld
6)Slepp Meg
7)Skomegyvri
8)Olafs Belti
9)I Lytinne Två
10)Langt Nord I Trollbotten
11)Fagran Fljotan Folen
12)Kampen Mot Bergtrolli
13)Der E Ingin Dag'e

DISCOGRAPHIE


Lumsk - Åsmund Fregdegjævar
(2003) - doom metal folk - Label : Tabu Records



Les groupes pouvant être rangés dans la très étroite case du doom folklorique ne sont pas légion, et c'est donc avec une satisfaction exacerbée que les amateurs pourront accueillir ce concept-album, pièce maîtresse réalisée par les norvégiens de Lumsk. C'est d'ailleurs ce concept, basé sur l'histoire du fier guerrier (enfin… je crois) Åsmund Fregdegjævar et le chant en norvégien qui valu leur rattachement au viking metal, alors que musicalement parlant, ils n'ont qu'un rapport très ténu avec Einherjer, Broknagar ou Ensiferum. A ces composantes vient s'ajouter un aspect médiéval teinté de néo-classique qui viendra autant contribuer à la personnalité de certains morceaux que nuire à la crédibilité d'autres, sans pour autant mettre en danger l'excellente impression qui se dégage de l'opus dans son ensemble.

Åsmund Fregdegjævar débute de manière un peu mitigée voire décevante. L'inquiétant et martial morceau instrumental "Det Var Irlands Kongi Bold" réussit à nous immerger dans l'album et s'enchaîne parfaitement avec l'introduction à la fois sombre et épique de "Ormin Lange", appuyée par des samples de rafales de vent et de crissement de mâts, ainsi qu'un un cor annonçant le départ des drakkars. C'est ce moment plus qu'inopportun que choisissent les chœurs pour faire leur entrée, gâchant quelque peu l'ambiance, en total contrepoint avec le riff très pachydermique qui les précède. Mais c'est avec le troisième titre, "Skip Under Lide" qu'on commence à se demander si l'on n'a pas investi dans une mauvaise réplique de Haggard, avec une ambiance de chœur d'église franchement déplacé. Ce morceau tourne à la frustration totale quand le chant cristallin de Vibeke Arntzen nous prodigue une partie absolument enchanteresse : le risible va-t-il côtoyer le sublime sur toute la longueur de cet album?

Heureusement pour Lumsk, la réponse est définitivement «non». "I Trollehender" dévoile définitivement ce qui sera l'une des plus grandes forces de l'album: des thèmes folkloriques et mélancoliques rehaussés par cette voix magnifique, et surtout les sonorités très rafraîchissantes du norvégien chanté de manière mélodique. En de rares moments, cette composante sera desservie par des lignes de chant assez moyennes (comme sur "Skomegyvri"), mais dans l'ensemble, le sens de la mélodie et de la composition seront au rendez-vous. La preuve avec "Slepp Meg", titre-charnière qui enchaîne une ambiance à la fois reposante et mystique avec un final apocalyptique en descente chromatique digne d'un film d'horreur. La progression de ce morceau est absolument exemplaire, tous les éléments font leur entrée au bon moment et font la jonction entre deux thèmes qui semblent à première vue inconciliables.

Les violons d'habitude si entraînants chez les autres groupes de metal folklorique (comme par exemple Korpiklaani) ne distillent ici que noirceur et désespoir, souvent dissonants, même quand ils deviennent un peu plus dynamiques sur "I Lytinne Tva". Cette composition assez linéaire, sorte de complainte du viking, contraste assez fortement avec les morceaux plus alambiqués non seulement par son leitmotiv redondant, mais aussi par une incursion momentanée d'un chant proche d'un hurlement black metal très haut perché. L'exercice que Lumsk maîtrise néanmoins le mieux est celui de la mélodie folklorique balayée par une guitare au très gros grain et une section rythmique écrasante, ou entrant en fusion avec ces dernières ("Olafs Belti", l'instrumental "Langt Nord I Trollebotn"). L'album recèle néanmoins encore quelques bonnes surprises, comme l'incursion d'une orgue presque 70's sur "Fagran Fljotan Folen", un "Kampen Mot Bergetrolli" aux accents orientaux.


Les deux morceau les plus calmes (et les plus proches d'un esprit néoclassique / médiéval), "Har Som Spunnid Gull" et "Der E Ingi Dag`e", n'ont pas grand-chose de remarquable mis à part le chant une fois de plus époustouflant de Vibeke, mais cette seule composante réussit à leur donner une place au sein de cet album. On regrette un peu que l'opus ne se termine pas sur une note plus épique quoique vu la qualité de l'œuvre dans son ensemble, c'est faire un peu la fine bouche. Malgré toutes ses qualités indéniables, Lumsk reste quand même un groupe destiné à faire la joie des amateurs de curiosités, cependant il reste accessible à un public bien plus large, pour peu que celui-ci ne rechigne pas les albums sombres à savourer au coin du feu…


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