2735

CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Stéphane Buriez
(chant+guitare)

-Nicolas Leclercq
(guitare)

-François Jamin
(basse)

-Hervé Coquerel
(batterie)

TRACKLIST

1)Man's Own
2)Flesh
3)Frozen Tears
4)Taste Me
5)Into The Keep
6)Labyrinth
7)Vices
8)Worthy Of Angels
9)Pleasure Focus
10)Ecstatic Trance
11)I Against I
12)Carpe Diem

DISCOGRAPHIE


Loudblast - Fragments



Evoluer dans le thrash a toujours été un exercice délicat. Il y a les groupes qui décident de changer radicalement de style, tout en ralentissant les tempos. Dans ce cas, les fans peuvent totalement adhérer à cette démarche ou bien la rejeter en bloc (Metallica est le parfait exemple). Et il y a les groupes qui essayent de devenir plus mélodiques, sans pour autant changer de style. Et là, la réaction des fans est plus du style: «C'est bien, mais c'était mieux avant».

Loudblast fait parti de cette seconde catégorie. Sur Fragments, le death-metal des premiers albums a complètement disparu, laissant place à un style thrash/heavy plus mélodique, plus direct et plus accessible que sur Sublime Dementia, l'album précédent sorti 5 ans plus tôt et qui reste un petit bijou de death-metal technique et mélodique. Les puristes qui apprécient surtout Loudblast pour sa brutalité risquent d'être hyper déçus car Fragments est bien plus que cela. Il est à la fois très accessible et complexe, car les morceaux, en plus d'être mélodiques, bénéficient d'un effort de composition assez remarquable.

On reconnait toujours la griffe Loudblast avec le chant agressif de Stephane Buriez et les riffs toujours aussi fouillés aux sonorités Slayerienne. Si Slayer reste la principale influence, la musique de Loudblast est à mon avis beaucoup plus subtile et moins punk que celle de Slayer. L'album se divise en 2 parties avec des chansons traditionnelles d'une efficacité maximale, peu de solos et des riffs très agréables (on est loin du bourrinage habituel des groupes de thrash) et d'autres titres plus surprenants sur lesquels Loudblast gagne en émotion ce qu'il a perdu en brutalité. Des titres brutaux comme "Man's Own", "Flesh" et "Carpe Diem" impressionnent car en plus d'être des tueries, ils dégagent une ambiance peu commune pour ce style, loin du thrash "mitraillette" bien plat. "Pleasure Focus" et "Taste" détonnent sévère, et la démarche pourrait presque se rapprocher du néo-metal sur certains riffs (à savoir une efficacité et brutalité maximale, plus basée sur le rythme que sur le riff), enfin on en est pas encore à du Korn non plus (ça viendra plus tard avec Clearcut, le futur groupe de Stephane Buriex et du batteur Hervé Coquerel)

Les autres titres sont plus lents, plus heavy et assez originaux avec souvent des refrains bien speed et très accrocheurs pour relancer le rythme (pas besoin de choeurs ridicules pour faire un refrain accrocheur, nos amis les true-metalleux devraient en prendre de la graine !). C'est même un peu mou par moment, l'ami Buriez n'est pas très doué quand il utilise sa voix claire sur "Into the Keep", et il y a même une ballade, "Worthy of Angels", enfin une ballade loudblastienne ultra-heavy plutôt, très réussie, avec des riffs magnifiques mais un refrain un peu limite pour le chant. Enfin, un des meilleurs titres de l'album, "Ecstatic Trance", est une perle du heavy-metal tendance "érotique", avec des riffs tout bonnement hallucinants.


On peut dire que cette évolution, déjà entamée sur le mini album Cross the Threshold, est réussie mais non sans reproches car le metal de Loudblast a un peu perdu de sa consistance avec le ralentissement des tempos. Fragments reste un excellent album mais un peu en deçà de Sublime Dementia.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3