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CHRONIQUE PAR ...

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Bigduff
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Corey Glover
(chant)

-Vernon Reid
(guitare+samples)

-Doug Wimbish
(basse)

-Will Calhoun
(batterie+claviers)

TRACKLIST

1)Song Without Sin
2)A ? Of When
3)Operation Mind Control
4)Flying
5)In Your Name
6)Back in Black
7)Nightmare City
8)Lost Halo
9)Holy Roller
10)Great Expectations
11)Choices Mash Up / Happy Shopper
12)Pocket Of Tears
13)Sacred Ground
14)Tomorrow Never Knows
15)Nova

DISCOGRAPHIE


Living Colour - Collideoscope
(2003) - fusion - Label : Sanctuary Records



Un après-midi dans la semaine, Furet du Nord, Lille… Lord se pavane avec sa nouvelle acquisition… Moi j’ai rien et je perds la face… Je dois trouver absolument quelque chose à acheter, si possible un truc inconnu, pour sortir la tête haute du magasin. Je rôde, je fouine et soudain miracle, coincé entre deux galettes de black m’apparaît ce Living Color - Collideoscope et sa grosse fleur rouge. Je le choppe d’un air assuré et après une rapide inspection de la pochette, je constate que le groupe est formé de quatre noirs américains…Aussitôt dans ma tête surgit l’image suivante (comme à tout bon bassiste) - groupe formé de quatre blacks = groove groove GROOVE !!! - et par extension - Infectious Grooves ??? – C’est donc plein d’espoir et l’honneur sauf que je file m’en assurer dans ma tanière.

Mais tout cela n’était que l’illusion d’un fan nostalgique, nourri dès son plus jeune âge au slap atomique et aux compos déjantées du side-project de Muir et Trujillo… En effet, c’est à un pilier de la fusion américaine que j’ai affaire, et à un album très touchant, témoignage de quatre musiciens ébranlés par la tragédie du 11 septembre. Comment interpréter autrement le cynisme de "Flying" et de ses textes («I jumped out the window to get to the parking lot, I’m writing this little song on my way down (…), Fate has given me wings, such a terrible funny thing») sur fond de basse syncopée ? On pense immédiatement à la vidéo amateur si tragiquement célèbre. Et quand au terme du morceau les dernières notes de guitare s’échappent, comme perdues, on discerne le bruit d’un réacteur, progressivement…Respect.

Mais bon, il ne s’agit pas de tomber non plus dans la névrose. Les p’tits gars sont en colère mais nous livrent une musique sans cesse changeante, tantôt tendue, tantôt groovy, n’hésitant pas à aborder les rivages du reggae ("Nightmare City") et de l’electro ("In Your Name")… Et c’est un effort appréciable, car on devine derrière le souci de ne pas enfiler les parties de gros son et de créer des ambiances alternées, à grands renforts de samples, de claviers, de beats et autres lignes de basse funk. Reste qu’à la base, sur la majorité des morceaux, c’est quand même à de la fusion bien brute qu’on a droit : guitare grasse, lourde suivie de près par une basse ronflante et omniprésente.

Il en résulte des morceaux légers comme des parpaings en granit, par dessus lesquels flotte la voix du chanteur, à mille pieds au-dessus. On aime ou on aime pas, mais franchement son timbre aigu, s’il est adapté aux passages les plus planants, tranche trop nettement avec le socle guitare/basse des passages musclés, ce qui gêne assez vite. Accordons lui au moins la qualité d’avoir un chant très personnel, exploité au mieux sur la trouvaille de l’album : la cover de "Back In Black" d’AC/DC… Assurément réussie, elle lui est très fidèle, un peu trop peut être, la différence reposant surtout sur le chant, qui parodie à merveille celui de Brian Johnson (le bougre monte plus facilement dans les aigus) et qui lui donne une pêche énorme. Le solo a été aussi pas mal retapé pour être un peu plus shred. Une bonne reprise donc, qui fait immédiatement remuer la tête, preuve de son adaptation réussie.

Et c’est là qu’on se rend compte que finalement, les morceaux efficaces et mémorisables d’entrée ne sont pas si nombreux. Les qualités mélodiques de l’ensemble ne sont pas à mettre en cause, mais Collideoscope est un album de fusion dans les règles, et donc difficile à appréhender. Il n’y a pas de fil rouge en quelque sorte, pas de cohérence, comme sur les cinq ou six dernières plages, où les morceaux peuvent s’avérer sympathiques individuellement, mais chiants écoutés successivement. Ce petit quelque chose, ce manque d’inspiration qui pourrait faire la différence entre un titre accrocheur et un titre sans plus en froisseront plus d’un. Mais rien d’insurmontable non plus, car cette galette a d’autres qualités qui valent qu’on pose l’oreille dessus. Le groove omniprésent, les parties de guitare oscillant entre grosse satu, wha-wha et arpèges torturées, ainsi que la richesse de certaines compositions et la cover d’AC/DC en font un produit sympathique, original dans sa démarche.




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