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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 09 novembre 2008
Sa note : 9/20

LINE UP

-Sasa Sarcevic
(chant)

-Nebojsa Sarcevic
(guitare)

-Nikola Rajevac
(guitare)

-Sasa Stefanovic
(basse)

-Damir Adzic
(batterie)

TRACKLIST

1)Doom of the Centuries
2)Where the Dreams No Longer Exist
3)Murder Begins
4)When the Sky Is Bleeding
5)Beast of Nihilism
6)Ime I Krv
7)Abysmal Ignorance
8)Sleepless Demise
9)Of Cadavers and Scum
10)Zavet

DISCOGRAPHIE


Amon Din - Where The Dream No Longer Exist
(2008) - death metal thrash metal - Label : Manitou



En 2007, les réalisateurs Sam Dunn et Scot McFadyen ont donné suite à leur premier documentaire, Metal : A Headbanger's Journey (Voyage au cœur de la Bête en français). Le sujet de Global Metal : la façon de vivre sa passion du metal dans des pays traditionnellement peu ouverts à ce genre de musique comme l'Indonésie, la Chine ou l'Inde. Sans aller chercher aussi loin, force est de constater que de plus en plus de groupes nous viennent dans des pays peu connus pour leur scène metal, comme la Serbie d'où est originaire Amon Din.

Formé en 1996, Amon Din a connu un début de carrière chaotique. Donnant dans un registre thrash / death quelque part entre Vader et Slayer, les Serbes ont multiplié les premières parties de prestige (Slayer, Napalm Death, Morbid Angel) sans avoir vraiment la chance de transformer l'essai en studio. Where The Dreams No Longer Exist n'est en effet que leur second album, après un Dinamoneyzed sorti en cassette en 1999 et qui n'a connu un pressage CD qu'en 2006. On touche pleinement du doigt les difficultés à exister lorsque l'on vient d'un pays pas franchement réputé pour sa scène metal, où seule une persévérance de tous les instants permet de survivre.

On voudrait bien encourager les Serbes, être indulgent avec un groupe venant de contrées « exotiques » et qui aurait bien besoin de soutien au vu de sa situation. Mais il faut se rendre à l'évidence : il n'y a vraiment pas de quoi s'enthousiasmer sur Where The Dreams No Longer Exist. Passe encore la production assez cheap, logique compte tenu du manque de moyens et qui au contraire apporte un cacher vintage pas désagréable. Mais tout le problème est résumé dans la bio qui accompagne l'album : «Amon Din n'essaye absolument pas de renouveler un genre qui n'en a pas besoin». Effectivement, mais par-dessus le marché, les compos d'Amon Din sont assez loin des standards en vigueur sur la scène death.

L'album démarre assez mollement : malgré une intro intéressante, le 1er titre "Doom of the Centuries" se perd dans une structure bancale, qui se termine si soudainement qu'on se demande s'il ne s'agit pas d'une erreur de pressage. On notera d'ailleurs qu'à chaque fois qu'Amon Din tente un passage « technique », cela se retourne contre lui : au mieux c'est à des années-lumière des groupes les plus renommés, au pire cela sonne complètement bancal comme sur "Ime I Krv". Dommage, car ce titre disposait d'une bonne matière première, entre son intro avec de magnifiques chœurs et un riff mid tempo soutenu à la double pédale pas spécialement inventif, mais redoutable d'efficacité. Seul "Sleepless Demise" parvient à enchaîner efficacement plusieurs plans.

Comme beaucoup de groupes volontaires mais sans génie, Amon Din ne s'en sort jamais mieux que lorsqu'il s'en tient aux fondamentaux du genre. Un riff supersonique, une batterie en mode Duracell, un bon vieux passage mid tempo taillé pour le headbanging, et le tour est joué. A l'écoute de Where The Dreams No Longer Exist, les rares titres qui ressortent sont ceux qui assument totalement leur côté death old school classique. Par exemple, "Where The Dreams No Longer Exist" avec son côté Slayer très prononcé sur le riff (qui rappelle vaguement "South of Heaven" en accéléré) et son solo, "Beast of Nihilism" (sans doute le meilleur riff de l'album) et "Abysmal Ignorance". Mais malheureusement, c'est à peu près tout, le reste se laissant écouter sans passion…


Bref, pas de quoi faire péter un feu d'artifice à l'écoute de Where The Dreams No Longer Exist. Amon Din se retrouve coincé entre des morceaux old school corrects mais qui sont loin d'être ce qui se fait mieux dans le genre, et quelques tentatives plus travaillées qui ne fonctionnent pas totalement. Les Serbes devront donc revoir leur copie s'ils veulent un jour pouvoir être salués pour leur talent et non pour leur nationalité peu commune pour un groupe de metal.


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